Le canton de Genève doit-il craindre la fuite de ses PME vers le canton de Vaud à cause de la baisse d’impôts planifiée au 1er janvier 2019 avec l’entrée en vigueur de la RIE 3 vaudoise ? A l'instar de la société qui gère notamment Corsica Ferries et qui s'est déplacée de Cologny à Tannay pour des raisons de visibilité fiscale. C’est en tout cas ce qu’affirme le candidat de Genève En Marche au Conseil d’Etat, Ronald Zacharias.
Contact a été pris auprès d’une dizaine de communes, sur la Côte, de Mies jusqu’à Rolle. D’une manière générale, il semblerait que les entreprises genevoises ne se bousculent pas au portillon et l’affirmation lancée par "Genève En Marche" ne serait finalement qu’un épouvantail destiné à faire peur.
Nos investigations débutent à Nyon, qui par la voix de son syndic Daniel Rosselat, donne tout de suite le ton : sa ville ne dispose plus d’aucun terrain pour accueillir de nouvelles sociétés. Quant à Georges Rochat à Eysins, il n’a pas constaté d’attrait supplémentaire pour son Business park. A Mies, le tissu économique est modeste, la commune ne compte que très peu de personnes morales et il n’y a pas un afflux de personnes physiques non plus, selon Serge Schmidt.
Côté Communy, Odile Decré relève que les PME présentes sur son territoire, sont des micro-entreprises qui ne dégagent pas de bénéfices et ne sont donc pas imposables. De plus, sa Municipalité n’aurait pas de parcelles appropriées pour des entreprises actives dans l’industrie ou l’artisanat.
Pas davantage d’invasion de sociétés genevoises à Rolle, selon le syndic Denis Jaquet. Pour en avoir le cœur net, nous avons finalement appelé le service de la promotion économique et du commerce du Canton de Vaud. On écoute son chef de service par interim, Raphaël Conz.
Raphaël Conz assure que Vaud ne fait aucune promotion économique sous l’angle de la fiscalité et qu’aucune préparation spécifique en vue de l'échéance du 1er janvier. Il rappelle l’existence de l’accord de non distorsion de concurrence entre les cantons.