Courir 100 kilomètres pour donner de la visibilité à des crises humanitaires telles que le Soudan ou le Congo ou encore parcourir sept jours dans le bassin amazonien pour soutenir le travail humanitaire dans les zones de conflits. Tant de défis sportifs réalisés par des Genevois en ce début d'année au profit de l'humanitaire. Si tout à chacun peut se lancer dans une collecte de fonds participative, comment éviter les abus et se protéger en tant qu'association humanitaire ? La réponse avec l'exemple de Médecins sans Frontières Suisse.
Phénomène en hausse
De quatre défis émergents sur les réseaux sociaux destinés à collecter des fonds pour Médecins Sans Frontières Suisse à Genève en 2025, l’association en recense déjà cinq depuis le début du mois d’avril. "Chez MSF Suisse à Genève, nous le voyons comme une opportunité importante, que ce soit en termes de sensibilisation pour un nouveau public plus digital, plus jeune," , décrit Noah Schoepf, conseiller en philanthropie pour MSF Suisse à Genève.
"Une opportunité pour mobiliser ces audiences là, et créer un côté viral positif qui nous apporte de la visibilité d'une part mais aussi à augmenter des dons en très peu de temps", bien que ces dons représentent une part marginale des fonds globaux collectés relativise Noah Schoepf.
"Nous le voyons comme une opportunité importante en termes de sensibilisation pour un nouveau public plus digital, plus jeune,"
Un phénomène en hausse, l'association étant donc de plus en plus sollicitée. En s'éloignant du bout du lac, on l'illustre aussi par des défis tels que Stream For Humanity, où des personnalités du Web relèvent des défis en direct sur Twitch depuis deux ans, mobilisant des millions d’abonnés pour soutenir la lutte contre la faim en France et dans plusieurs pays d’Afrique et du Proche-Orient avec des profits à destination de MSF.
Analyse réputationnelle
Opportunité positive et importante, ces défis impliquent toutefois certaines précautions. Il s’agit notamment de s’assurer de leur crédibilité, de leur faisabilité et de leur honnêteté. Raison pour laquelle une analyse des risques est menée en amont par l’association, afin de vérifier que les valeurs portées correspondent à celles de MSF, d’éviter toute simplification des discours, mais aussi d’évaluer les potentielles dérives et l’impact réel du défi.
Analyse effectuée, la plateforme Act for MSF permet à tout à chacun de remplir un formulaire pour lancer son projet et sa cagnotte, directement hébergée par MSF.
Une démarche qui s’apparente à un don. Cette démarche permet d'être transparent sur la destination directe des fonds collectés selon Noah Schoepf, mais aussi de "récolter de l’argent sans engager la marque et l’identité de MSF, afin de garantir la sécurité de notre staff sur le terrain."
Le cadre légal se définit également par l’utilisation du logo : celui d’Act for MSF est utilisé pour des défis à l'échelle locale, tels que celles du genevois Lyan Kaweh, qui a parcouru 100 kilomètres autour du stade de Versoix pour récolter des fonds pour l'Iran, le Soudan et le Congo, tandis que celui de MSF reste réservé à des initiatives plus engagées.