Invitée d'honneur à Palexpo du 18 au 22 mars prochain, Laure Adler dispose d'une carte blanche pour cette édition 2026. La journaliste et écrivaine se confie sur son parcours de lectrice tardive, sa ferveur pour la transmission et l'importance vitale du texte dans un monde tourmenté. Entretien a écouter en version longue.
Parmi les figures marquantes cette année au Salon du livre de Genève Laure Adler s'impose comme une passeuse de culture. Invitée à réagir au qualificatif d'intellectuelle, elle répond avec un grand naturel.
«Je ne pense pas que je sois vraiment une intellectuelle, mais je suis quelqu’un qui aime apprendre et aime transmettre ce qu’elle apprend. Intellectuelle, c’est quelque chose vers quoi j’aspire toujours et encore»
Une carte blanche tournée vers l'avenir
Pour sa carte blanche genevoise, Laure Adler a choisi de mettre en lumière des femmes dont l'œuvre la nourrit, mêlant plumes confirmées et talents émergents. Parmi elles, Julie Brafman (Prix Albert Londres 2025) pour parler des femmes d’exception. Pour Laure Adler, le dernier ouvrage de l'autrice sur le partenaire de Marguerite Duras dépasse le simple récit: «Le livre de Julie Brafman a pour moi cette portée philosophique qu'elle réussit à faire l'enquête sur Yann Andréa, mais elle réussit à faire l'enquête sur quelqu'un qui ne veut être personne. Et ça, c'est magnifique».
La philosophe Claire Marin, dont elle admire la «profondeur des aperçus philosophiques» et la capacité à dénouer des problèmes intimes, sera également de la partie, tout comme la poétesse Laura Vazquez. La clôture de cette programmation sera assurée par la comédienne Clara Pacchini, qui déclamera des textes de Duras en slam. Un choix qui souligne la vitalité de la poésie actuelle pour Laure Adler.
«Ce sont des éveilleurs de conscience, c'est des gens qui comprennent tout avant tout le monde, les poètes»
Du choc de Boris Vian à la passion des bibliothèques
Le rapport de Laure Adler aux livres n'a pourtant pas toujours été une évidence. Elle se définit elle-même comme une «lectrice tardive». Ayant grandi en Afrique dans un milieu où les livres étaient rares, ce n'est qu'à l'âge de 17 ans, lors d'un séjour en Angleterre, qu'elle rencontre la littérature par l'intermédiaire d'un amoureux. Ce dernier lui offre L’Écume des jours de Boris Vian.
Ce fut une révélation totale: «Est-ce que c'était parce que c'était mon amoureux, je le pense. Est-ce que c'était parce que le livre était extraordinaire, je le pense. Est-ce que c'était parce que les deux allaient ensemble et ont été finalement une sorte de révélation de l'amour tout court et de l'amour de la lecture qui pour moi d'ailleurs maintenant se confondent? Parce que l'amour de la lecture est pour moi aujourd'hui une forme d'amour».
Aujourd'hui, elle cultive cet amour dans les lieux de savoir, citant volontiers son attachement aux bibliothèques.
«Je suis une grande amoureuse des bibliothèques [...] ce sont des lieux extraordinaires et qui font vivre les livres et tout le reste».
La lecture comme acte de résistance
Dans un contexte international marqué par le désordre et le «bruit de la guerre», Laure Adler plaide pour la nécessité de la figure de l'artiste et de l'intellectuel. Face aux discours simplistes et autoritaires, elle voit dans la littérature un signal de secours: «Les écrivains, les philosophes, les poètes [...] ils peuvent nous adresser des signaux, un peu comme les cosmonautes dans l'univers, des signaux qui clignotent en nous disant: "attention, nous on est toujours là, on a besoin de vous, la communauté des hommes existe encore"».
«La vieillesse aussi est une autorisation à lire pour soi-même, pour agrandir sa vision du monde [...] la gratuité de la lecture est un cadeau apporté à ma vieillesse»
Pour elle, le livre reste le meilleur «doudou» pour appréhender le monde, quelque soit son âge, c'est d'ailleurs le premier cadeau qu'elle a offert à sa petite fille, comme une note d'espoir sur la place de la lecture pour les années à venir.
Entretien réalisé par Benjamin Smadja / Adaptation web avec IA
Jacques
1 septembre 2020 à 0 h 17 min
L’auto-proclamé « anthropologue de la santé » (il n’a aucune formation ni certification justifiant ce titre) est surtout le spécialiste des faits déformés (biaised facts) et de la réthorique pour amener ses interlocuteurs à rejoindre son point de vue.
Je vous renvoie à l’article de Heidinews sur le personnage et ses méthodes.
https://www.heidi.news/sante/que-penser-des-interventions-de-jean-dominique-michel-sur-l-epidemie
Bar
3 septembre 2020 à 10 h 27 min
Ah ces médias ! L’art de dénigrer...
Ce ne sont pas les « anti-masques ». Mais les pro-liberté.
Bredillet
12 septembre 2020 à 16 h 08 min
La mauvaise foi,c’est pathétique...à quel endroit c’est marqué anti-masque ? Bande de fourbe à 2.- sans aucune subtilité. C’est une manif pour La Liberté du port du masque .