Près des trois-quarts des citoyens ont voté dimanche l’inscription du vélo dans la Constitution.
Il me fait penser à l’adoption, il y a un peu plus de cinq ans, de la nouvelle Loi fédérale sur l’aménagement du territoire. Mettre fin au mitage du territoire, c’est en gros la décision qu’avait prise alors le peuple. Aujourd’hui, la mise en application de cette loi, pilotée par les technocrates de Berne, fait grincer des dents, y compris dans le camp de ceux qui l’ont soutenue. Qui aujourd’hui oserait s’opposer au développement de la bicyclette, dont on connaît les bienfaits pour celui qui la pratique, mais aussi pour l’environnement. Mais l’expérience démontre que le diable se cache dans les détails. En l’occurrence, dans les lois et règlements à venir.
Ce que je crains, ce sont les excès en tous genre. Qu’on conçoive une nouvelle infrastructure en tenant compte des besoins des cyclistes, et de la mobilité douce au sens large, ne me pose pas de problème. Je suis d’une génération dont la bicyclette était le seul moyen de déplacement, parfois pour de longues distances. Mais l’expérience démontre qu’une fois le doigt dans l’engrenage légal, les ayatollahs de la petite reine ne tentent de l’imposer à toutes les sauces, et à n’importe quel prix.
Une piste cyclable coûte pourtant moins cher qu’une route, je n’en doute pas un instant. Mais l’expérience démontre qu’un vote aussi massif sera utilisé pour obtenir plus, sans pour autant résoudre le problème de la coexistence entre les différents moyens de transport. Parlez-en aux conducteurs de bus et de trams des grandes villes. Et puis une piste cyclable ne convient pas à tous les cyclistes. Les sportifs préfèrent évoluer sur la route plutôt que sur une voie séparée, trop étroite pour leurs ambitions de rouleurs et parsemée de sympathiques rouleurs du dimanche constituant autant obstacles.
Et pourtant, pour les courtes distances et en fin de la chaîne des transports, le vélo s’impose comme le moyen de déplacement le plus efficace.
Mais là encore, il s’agit de le développer avec discernement. Souvent présentés comme la panacée, les vélos en libre service coûtent cher. Anne Hidalgo, maire de Paris, ne sait plus comment se débarrasser de cette casserole. Plus près de nous, certaines communes vaudoises ont déboursé des fortunes pour Vélopass –plus de 6000 francs le vélo avec l’installation de parcage à Yverdon-les-Bains, la capitale suisse du vélo. Cette société a finalement était reprise par Publibike. Car Postal a englouti plusieurs millions de francs dans cette opération, elle aussi passée à la loupe par les enquêteurs. Alors le vélo oui, avec un consentement éclairé et en mode pédale douce.