L'assemblée générale de l'ONU a voté vendredi le renouvellement pour quatre ans du mandat de Volker Türk en tant que haut-commissaire aux droits de l'homme. Elle a balayé les menaces des Etats-Unis et l'opposition de la Russie et d'Israël.
Par 144 voix pour contre 10 et 13 abstentions, l'assemblée a approuvé ce renouvellement pour quatre ans à partir du 12 octobre 2026, acceptant la proposition du secrétaire général de l'ONU António Guterres.
"Au cours de son premier mandat marqué par la brutalisation du monde, par la multiplication des attaques contre le multilatéralisme et par la remise en cause de l'universalité des droits de l'homme, M. Türk a su, par sa rigueur et son impartialité, démontrer qu'il avait toutes les qualités pour exercer cette fonction", a salué l'ambassadeur français Jérôme Bonnafont, décrivant le haut-commissaire comme "une voix de conscience".
Des éloges que sont loin de partager certains Etats membres, comme les Etats-Unis, dont la demande de reporter le vote a échoué.
"Ne vous y trompez pas. Si cette assemblée tolère les abus de procédure, les accords en coulisses et le détournement de postes au sein de l'ONU, il y aura des conséquences. Les Etats-Unis réévalueront immédiatement leur engagement, leur participation et leur financement", a mis en garde juste avant le vote le représentant américain Jeff Bartos.
Proposition russe rejetée
Il a accusé d'une part M. Guterres d'avoir précipité le calendrier pour offrir "à son ami de longue date quatre ans de salaires". Il a d'autre part accusé Volker Türk d'avoir transformé le haut-commissariat en "mégaphone politique".
"Il passe son temps à faire la leçon à des démocraties libres et souveraines comme les Etats-Unis qui appliquent les lois et sécurisent leurs frontières, tout en faisant preuve de mansuétude envers les pires oppresseurs de la planète", notamment Cuba, a dénoncé l'ambassadeur américain.
La Russie avait de son côté proposé un texte alternatif, rejeté, prolongeant de seulement quelques mois le mandat, jusqu'au 31 décembre 2026, mettant en avant le changement de chef de l'ONU au 1er janvier prochain. Quatre ans supplémentaires priveraient "le futur secrétaire général de la chance de mettre en oeuvre sa propre vision" et de former sa propre équipe, a déclaré l'ambassadeur russe adjoint Dmitry Chumakov.
Le ministère israélien des affaires étrangères avait également dénoncé sur le réseau social X "la nouvelle faute morale" d'António Guterres, l'accusant une fois encore d'avoir des "préjugés contre Israël".
Règles respectées
Le porte-parole du secrétaire générale de l'ONU, Stéphane Dujarric, qui a salué le vote de l'assemblée, avait auparavant assuré que toutes les règles avaient été respectées "de façon irréprochable".
Depuis qu'il a succédé à Michelle Bachelet en octobre 2022, Volker Türk s'est exprimé sur la plupart des grands dossiers internationaux: invasion russe de l'Ukraine, guerre à Gaza, Afghanistan, Soudan, Bangladesh, Birmanie ou encore Nicaragua. Le juriste autrichien insiste régulièrement sur l'universalité des droits fondamentaux et sur la nécessité d'appliquer le droit international de manière égale à tous les Etats, quelles que soient les considérations géopolitiques.
Ses prises de position lui valent toutefois de vives critiques de plusieurs gouvernements, notamment la Russie et Israël, souvent visés par ses discours.
D'autres le critiquent aussi pour ne pas avoir pris de positions plus tranchées, notamment sur le régime cubain, la situation des Ouïghours du Xinjiang en Chine ou sur le fait qu'il n'a pas directement employé le mot de "génocide" au sujet de Gaza, contrairement à plusieurs experts et rapporteurs.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp