A Genève, l'UDC lance une nouvelle initiative constitutionnelle pour un tunnel routier sous la rade reliant les routes de Malagnou et des Nations, dix ans après l'échec dans les urnes de son initiative sur le même sujet. Objectifs: séparer les flux et désengorger le centre-ville.
"Nous voulons diminuer le trafic sur le pont du Mont-Blanc pour le pacifier et y faire passer un jour le tram. La mobilité est dangereuse pour les piétons et les cyclistes et inefficace pour les voitures", a expliqué mercredi devant les médias Lionel Dugerdil, président de l'UDC-Genève. Selon lui, la vitesse des transports publics, souvent coincés dans les bouchons, "est nulle".
L'initiative "Pour une traversée de la rade" vise à compléter l'article constitutionnel sur les infrastructures qui comprend déjà le principe d'une grande traversée du lac, accepté par le souverain en 2016 suite à une initiative du PLR. Elle demande que "le canton réalise une traversée sous lacustre permettant de relier les deux rives de la rade entre route des Nations et route de Malagnou."
Pourquoi revenir avec une nouvelle initiative après l’échec dans les urnes de son texte sur le même sujet il y a dix ans?
"Un mirage"
"La traversée du lac est un mirage", a souligné le député Yves Nidegger, insistant sur le fait que les conditions fixées pour un financement de la Confédération ne sont pas remplies. Quant à la loi pour une mobilité cohérente et équilibrée (LMCE), "elle déplaît à tout le monde, car elle paralyse le trafic", a poursuivi l'ex-conseiller national.
D'autres éléments ont décidé l'UDC à relancer une initiative. Une partie des automobilistes provenant de la nouvelle route des Nations ne veut pas traverser le centre-ville, et le projet de passerelle piétonne, qui devait permettre de libérer de la place pour les cyclistes sur le pont du Mont-Blanc, vient d'être refusé. L'UDC pense aussi que les CFF pourraient être intéressés par une ligne ferroviaire sous-lacustre.
"Si cette initiative constitutionnelle est un succès, nous reviendrons avec une initiative législative reprenant notre projet de loi visant à introduire le principe de séparation des flux dans la LMCE", a promis M. Nidegger. Ce projet a reçu un accueil froid en commission des transports du Grand Conseil et sera vraisemblablement refusé en plénière. Dans l'immédiat, l'UDC a jusqu'au mois de juillet pour récolter 5619 signatures valables.
Avec ATS Keystone