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Coronavirus: toutes les infos du 25 mars 2020

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Genève: 50 personnes aux soins intensifs

L’épidémie de Covid-19 continue d’exercer une forte pression sur les services de santé genevois. Mercredi, 50 personnes contaminées se trouvaient aux soins intensifs, 9 de plus que la veille. Le bilan des morts s’élève désormais à 15, contre 12 mardi. Mercredi, 190 patients atteints du Covid-19 se trouvaient hospitalisés. Ils étaient 176 mardi, selon les chiffres figurant sur le site de l’Etat de Genève. En revanche, le nombre de nouveaux cas confirmés n’a progressé que de six unités mercredi. Un gros ralentissement qui doit cependant être interprété avec prudence.

« On a fait moins de tests pour l’instant », a expliqué Laurent Paoliello, porte-parole du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé. Ce qui est inquiétant, c’est la progression des hospitalisations et surtout des personnes en soins intensifs, a-t-il ajouté.

Genève autorise les chantiers sous condition

A Genève, les chantiers pourront rouvrir ou se poursuivre sur demande. Parallèlement, les évacuations forcées de locataires et de sous-locataires sont suspendues, à la demande de l’ASLOCA Genève. La mesure touchant les locataires, entrée en vigueur mercredi jusqu’à fin mai, pourra être prolongée en fonction de l’évolution de la crise du Covid-19, a annoncé mercredi le gouvernement, à l’issue de sa séance ordinaire. Et de préciser que la police n’est plus mise à disposition pour assurer cette tâche. L’ASLOCA souhaite aussi que le canton mette en place un soutien financier pour éviter que des locataires mis en demeure voient leurs baux résiliés.

Après avoir décidé la fermeture des chantiers, le canton s’est adapté à l’ordonnance ad hoc du Conseil fédéral. Le Conseil d’Etat indique mercredi qu’il est possible de demander l’ouverture ou la poursuite d’un chantier à condition de prouver qu’il respecte les prescriptions sanitaires émises par le Secrétariat d’Etat à l’économie, en particulier en matière d’hygiène et de distances sociales. Les entreprises doivent s’annoncer au service de l’inspection de la construction et des chantiers, qui vérifiera sur place le respect des règles. Des mesures et des sanctions pénales pourront être prononcées. L’Etat annonce des contrôles réguliers et stricts. A noter que les services de dépannages d’urgence, de piquet pour la sécurité des personnes et des biens ainsi que certains travaux paysagers ne sont pas soumis à l’obligation d’annonce. Pour sa part, l’Etat, dans un souci de prévention sanitaire, ne va pas demander la réouverture des chantiers dont il est maître d’ouvrage.

La Ville de Genève ferme les places de jeux pour enfants

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

La Ville de Genève prend de nouvelles mesures face à l’épidémie due au coronavirus. Les places de jeux pour enfants sont fermées. Et les commerçants qui utilisent le domaine public sont exonérés du paiement d’une taxe ou d’un loyer pendant la durée de la crise sanitaire. Les installations de fitness en plein air tout comme les places de jeux pour enfants dans les parcs et préaux des écoles sont fermées, a indiqué mercredi le Conseil administratif de la Ville de Genève, au lendemain de sa séance. L’exécutif a aussi décidé de fermer les toilettes publiques.

En outre, les manifestations annulées en raison des mesures de lutte contre la pandémie n’auront pas à payer l’émolument administratif ni les taxes liés à l’utilisation du domaine public. Il en va de même pour les cafés et restaurants qui ont une terrasse sur l’espace public. La Ville renonce aussi à encaisser les loyers des pavillons et des édicules. Ces mesures sont valables pendant la crise sanitaire. La première ville du canton a aussi décidé de soutenir les marchands en ne leur facturant pas la location de l’emplacement pendant cette période ainsi que durant les trois mois qui suivront la date de reprise des marchés. Durant la crise sanitaire, les taxes des empiétements liés aux chantiers et aux fouilles ne sont pas non plus facturées.

Exportations de matériel médical soumises à autorisation

Les exportations de matériel médical de protection seront soumises à autorisation. Le Conseil fédéral a pris mercredi cette mesure pour éviter une pénurie en pleine crise sanitaire du Covid-19. Les nouvelles règles valent dès jeudi. Au vu de la propagation rapide du SARS-CoV-2, la Suisse fait face à une augmentation drastique de ses besoins en masques, gants, lunettes et blouses. Ce matériel est indispensable pour protéger le personnel médical, justifie le gouvernement. L’exportation de ce matériel de protection est donc soumise à autorisation. Cette mesure concorde avec une décision similaire prise par l’Union européenne. Elle sera levée dès que la situation se sera améliorée.

Les exportations à destination de la zone UE/AELE restent toutefois possibles sans autorisation. Car ces pays sont aussi concernés par la pénurie de matériel médical et les réseaux de distribution sont fortement intégrés en Europe. Mais cette exception vaut pour autant que ces États n’introduisent pas un tel régime d’autorisation pour leurs exportations à destination de la Suisse. Le Secrétariat d’Etat à l’économie est au courant que certaines livraisons de matériel de protection contre le coronavirus à destination de la Suisse sont bloquées en France et Allemagne. Et ce malgré l’instruction donnée par l’UE de ne plus soumettre ces exportations dans les pays de l’AELE à une autorisation spéciale. Le SECO est en contact avec les entreprises et pays concernés.

Nouvelles mesures pour les chômeurs et les salariés

(KEYSTONE/Peter Klaunzer)

Le Conseil fédéral étoffe son paquet de mesures en faveur des chômeurs et des salariés pour limiter les effets de la crise du coronavirus. Les procédures seront simplifiées. Il en coûtera 600 millions de francs de plus chaque mois à l’assurance-chômage. Les nouvelles mesures concernent l’obligation de communiquer les postes vacants, l’assurance-chômage, l’indemnité en cas de réduction de l’horaire de travail et la prévoyance professionnelle, a indiqué mercredi le Conseil fédéral. Elles permettront aux personnes ayant déposé une demande d’indemnités d’avoir moins de bureaucratie à effectuer et aux organes d’exécution de traiter les demandes plus rapidement. Pour recruter plus facilement des travailleurs dans les domaines de la santé, de l’agriculture ou de la logistique, l’obligation de communiquer les postes vacants est supprimée.

Les chômeurs ne devront plus produire la preuve de leurs recherches d’emploi tant que l’ordonnance sur le Covid-19 sera en vigueur. Ils remettront ces preuves au plus tard un mois après l’expiration de l’ordonnance. Pour éviter les arrivées en fin de droits, tous les ayants droit bénéficient au maximum de 120 indemnités journalières supplémentaires. Le délai-cadre d’indemnisation est prolongé de deux ans, pour autant que l’indemnisation complète ne soit pas possible dans ce temps. Le délai de préavis pour requérir l’indemnité en cas de réduction de l’horaire de travail est supprimé. La durée durant laquelle une réduction de l’horaire de travail peut être autorisée passe de trois à six mois. Le Conseil fédéral veut réduire le nombre de demandes et accélérer la procédure d’autorisation.

Les employeurs ou les personnes occupant une telle position et qui recourent au chômage partiel recevront le montant de 3320 francs pour un emploi à plein temps. Cette somme forfaitaire ne sera pas réduite. Les employeurs pourront utiliser, pour le paiement des cotisations LPP de leurs salariés, les réserves de cotisations qu’ils ont constituées. Cette mesure doit les aider à surmonter des manques de liquidités sans léser les salariés. L’employeur continuera de prélever normalement la part de cotisations des employés sur leur salaire et l’institution de prévoyance créditera en faveur de ces derniers l’ensemble des cotisations.

Près de 10’000 cas de Covid-19 en Suisse

Le nombre de personnes contaminées par le coronavirus en Suisse s’élève à 9765. Selon le ministre de la santé Alain Berset, le pays s’approche du sommet de la courbe, mais il faut maintenir la discipline. Le respect des consignes est décisif pour la lutte contre la maladie. Il faut respecter les distances sociales et les consignes d’hygiène, rester le plus possible à la maison, a précisé le conseiller fédéral à la presse. Les entreprises qui ne peuvent pas respecter les consignes doivent fermer. La vie est passablement ralentie, mais elle continue. La solidarité est visible dans tout le pays et il y a des signes d’espoir. Les systèmes sanitaires sont bien organisés et la collaboration fonctionne, s’est félicité le conseiller fédéral. La Suisse est l’un des pays qui teste le plus le Covid-19 au monde. Il y aura bientôt 10’000 tests par million d’habitants, a précisé M.Berset.

La Suisse étend les restrictions d’entrée à tous les Etats Schengen

Les restrictions d’entrée en Suisse sont étendues à tous les Etats Schengen. Le Conseil fédéral a pris cette décision pour lutter contre la propagation du coronavirus. La semaine dernière, Berne avait déjà restreint l’entrée en Suisse par voie terrestre ou aérienne depuis l’Italie, la France, l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne et tous les Etats non-membres de l’espace Schengen. Depuis mercredi, ce durcissement s’applique également aux vols en provenance de tous les autres Etats Schengen, sauf le Liechtenstein. L’Union européenne a été informée. Tous les vols en provenance de l’étranger sont désormais soumis aux mêmes contrôles. Les ressortissants suisses et liechtensteinois, les titulaires d’un titre de séjour en Suisse, les personnes qui doivent venir en Suisse pour des motifs professionnels et les personnes en situation de nécessité absolue pourront entrer sur le territoire helvétique. Le trafic de transit et le trafic de marchandises restent autorisés.

L’accord sur la libre circulation des personnes autorise les Etats associés à restreindre la libre circulation pour des raisons d’ordre public, de sécurité publique et de santé publique. Cette extension des restrictions d’entrée est conforme au principe d’égalité de traitement et à l’ordonnance COVID-19, précise le gouvernement. La Suisse a aussi déjà décidé de cesser de délivrer des visas Schengen jusqu’au 15 juin 2020. Elle suit ainsi la pratique des autres Etats Schengen. Les visas nationaux ne seront plus octroyés qu’à titre exceptionnel.

Les entreprises peuvent solliciter des crédits dès demain

Les entreprises pourront solliciter les crédits cautionnés par la Confédération dès jeudi. Le Conseil fédéral a adopté mercredi l’ordonnance visant à aider les PME en matière de liquidités. Un montant de 20 milliards de francs d’aide est prévu pour le programme gouvernemental. Les entreprises concernées pourront solliciter auprès de leur banque des crédits de transition à hauteur de 10% maximum de leur chiffre d’affaires annuel, jusqu’à un montant maximum de 20 millions de francs. Pour ce faire, elles devront répondre à certains critères minimaux, et déclarer notamment qu’elles subissent de substantielles pertes de chiffre d’affaires en raison de la pandémie de coronavirus.

Les crédits seront versés rapidement et de manière non bureaucratique jusqu’à un montant de 500’000 francs. Ils seront garantis à 100% par la Confédération et leur taux d’intérêt sera nul. La demande de crédit sera disponible sur le site web covid19.easygov.swiss dès jeudi. Les crédits de transition dont le montant dépasse 500’000 francs seront garantis à 85% par la Confédération. La banque créancière participera au crédit à raison de 15%. Étant donné que ces crédits pourront atteindre 20 millions par entreprise, ils exigeront un examen plus approfondi de la part des banques. Le taux d’intérêt de ces crédits s’élève actuellement à 0,5% sur les prêts garantis par la Confédération. Les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 500 millions de francs ne bénéficieront pas de ce programme.

Comme de nombreuses PME ne disposent que d’un compte auprès de PostFinance, le Conseil fédéral permettra également à PostFinance d’accorder à ses entreprises clientes, de manière non bureaucratique, des crédits d’un montant maximum de 500’000 francs. Il ne s’agit pas d’une suppression de l’interdiction d’octroi de crédits à laquelle est soumise PostFinance, mais d’une mesure temporaire prise dans le cadre de ce programme.

Swisscom va détecter les attroupements via les mobiles

(KEYSTONE/Gaetan Bally)

Sur une demande de la Confédération, Swisscom va détecter les attroupements via les téléphones mobiles. L’opérateur communiquera aux autorités fédérales lorsque 20 téléphones mobiles se trouvent dans un espace de 100 mètres sur 100. En raison de la pandémie, les rassemblements de plus de cinq personnes dans l’espace public sont interdits depuis samedi dernier. Ces données ne seront pas communiquées en direct à l’Office fédéral de la santé publique, mais dans un délai de 24 heures, a indiqué Christian Neuhaus à Keystone-ATS, revenant sur une information publiée sur le site du journal Le Temps mercredi.

39 millions de francs par jour perdus par les centres commerciaux

Les 191 centres commerciaux suisses voient leurs revenus dégringoler en raison des restaurants et magasins fermés. Ils perdent actuellement 39 millions de francs par jour à cause des restrictions de déplacements et d’activités liées au coronavirus. C’est l’estimation faite par le cabinet de conseil Stoffel, qui publie le Swiss Council Marktreport 2020. L’impact varie toutefois selon la combinaison de produits et de secteurs. Il est également difficile de prévoir l’évolution du chiffre d’affaires annuel. Alors que le commerce en ligne explose, la question est de savoir si à la fin de la crise, les consommateurs poursuivront ces achats sur internet ou retourneront vers le commerce stationnaire.

La Suisse rapatrie les Helvètes bloqués à cause du Covid-19

Deux avions ramenant en Suisse des touristes helvétiques bloqués à l’étranger en raison de la crise provoquée par le nouveau coronavirus ont atterri mardi à Zurich. Les vols provenaient du Costa Rica et du Maroc. 151 personnes ont été rapatriées de San José, a indiqué le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Un deuxième avion affrété par le DFAE s’est posé en soirée à l’aéroport zurichois en provenance de Casablanca avec à son bord environ 130 ressortissants helvétiques. Tous devront tous se soumettre à une quarantaine de dix jours. Un vol de retour en provenance de Bogota, en Colombie, est prévu mercredi et un autre jeudi matin en provenance de Lima, au Pérou. Le DFAE prévoit de rapatrier au total 750 personnes d’ici à jeudi.

Pendant les semaines à venir, la Confédération helvétique planifie plusieurs dizaines de vols à destination notamment de l’Amérique latine, de l’Asie et de l’Afrique. Jeudi, l’un est prévu pour Dakar, au Sénégal, samedi un autre pour Santiago du Chili. Le DFAE dévoilera les destinations exactes une fois que les détails seront réglés avec les compagnies aériennes et que les missions suisses sur place auront été informées. Les vols sont préfinancés par la Confédération, mais les passagers doivent participer aux coûts. Il est encore trop tôt pour chiffrer le coût de l’opération.

Le nombre de passagers à bord de chaque vol est très variable. Le DFAE travaille avec d’autres pays, afin de coordonner les retours et exploiter des synergies. Certains vols sont organisés par Berne, d’autres en partenariat avec d’autres capitales. Des milliers de Suisses se trouvent actuellement à l’étranger. Quelque 17’000 personnes se sont enregistrées sur l’application Travel Admin.

Un confinement complet coûterait près de 29 milliards par mois

Un confinement complet de la population en Suisse, comme cela est notamment le cas en Italie, aurait de lourdes conséquences économiques, a averti mercredi le groupe de réflexion Avenir Suisse. Ce dernier a estimé le coût d’une telle mesure à près de 29 milliards de francs par mois. Sur une année, ces coûts représentent plus de la moitié de la valeur des produits et services vendus en Suisse, a précisé le groupe de réflexion dans une analyse.

Avenir Suisse appelle ainsi les sociétés à une plus grande flexibilité en matière de travail, notamment pour mobiliser rapidement une main-d’oeuvre supplémentaire en cas de besoin. Un assouplissement des règles en matière de temps de repos ou de travail de nuit permettrait ainsi de remplir les étals des magasins tout en évitant aux employés un trop grand contact avec les clients. Autoriser l’ouverture des magasins sept jours sur sept permettrait également d’éviter les pics d’affluence, ont ajouté les experts du laboratoire d’idées.

Neuchâtel: dispositif de soutien pour les personnes âgées

La Ville de Neuchâtel a mis en place un dispositif de soutien pour les personnes âgées de plus de 65 ans ou vulnérables en raison de maladies préexistantes, d’une situation de handicap ou de leur contexte social. Une ligne téléphonique (032 717 56 73) est à leur disposition. Les personnes seront informées sur les possibilités de se faire livrer des denrées de base ou cuisinées à domicile, ou de se faire amener chez son médecin par exemple. Ce contact aura aussi pour vertu de garder un lien avec cette partie de la population confinée.

La Ville a précisé qu’elle « prend bien soin de ne mettre ce public en lien qu’avec des réseaux de solidarité qui respectent scrupuleusement les consignes de distance sociale. Aussi, si des bénévoles devaient livrer des courses, elles les déposeraient sur le palier en évitant tout contact physique. La solidarité de proximité est aussi vivement encouragée ». Au niveau cantonal, une plate-forme a aussi été ouverte pour mettre en relation bénévoles et personnes ayant besoin d’aide, via le site www.benevolat-ne.ch.

Un deuxième ministre argovien sur cinq infecté au coronavirus

Deux des cinq membres du gouvernement argovien sont désormais atteints du coronavirus. Après le ministre de l’intérieur Urs Hoffmann (PS), le président de l’exécutif et grand argentier Markus Dieth (PDC) a lui aussi été testé positif. Placés tous deux en isolement à domicile, ils se portent bien, compte tenu des circonstances. Le porte-parole du Conseil d’Etat Peter Buri a lui également été testé positif. Le bon fonctionnement de l’exécutif cantonal est toutefois garanti de manière numérique, indique la Chancellerie d’Etat argovienne. Le gouvernement in corpore a ainsi tenu sa séance mercredi matin en audioconférence sous la présidence de Markus Dieth. Par ailleurs, les trois ministres non porteurs du virus travaillent en partie à domicile.

Migros s’associe à Pro Senectute pour des livraisons gratuites

Migros et l’organisation de défense des aînés Pro Senectute unissent leurs forces pour approvisionner en biens de première nécessité les personnes appelées à ne pas sortir de chez elle en raison de leur vulnérabilité face à l’épidémie de coronavirus. Conçu sur le modèle du bénévolat entre voisins, l’opération pourra également compter sur des collaborateurs du géant orange, momentanément privés de travail en raison de la situation exceptionnelle que traverse le pays, précise un communiqué diffusé mercredi. L’offre de livraison gratuite à domicile sera dans un premier temps lancé dans la région de Migros Aare, pour être par la suite étendue à l’ensemble du pays. Commandes et annonces de disponibilités passent par l’application Amigos.

Tessin: 60 personnes ont perdu la vie en raison du Covid-19

En 24 heures au Tessin, 143 personnes ont encore été infectées par le coronavirus. Dans le même laps de temps, sept personnes sont décédées des suites de maladies pulmonaires, liées au Covid-19. Au total, 1354 personnes au Tessin étaient infectées par le coronavirus mercredi matin, ont annoncé les autorités cantonales. Dans ce canton, 60 personnes sont décédées en lien avec l’épidémie.

Lausanne renforce la surveillance des espaces publics

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

La Municipalité de Lausanne a décidé de déployer des employés de la Ville en appui de la police municipale pour assurer des missions de prévention auprès de la population. Ils circuleront dans l’espace public afin de sensibiliser les gens aux règles à respecter. Depuis quelques jours, et suite aux recommandations de la Confédération, la population lausannoise applique dans sa grande majorité les recommandations de l’OFSP. Les rassemblements de plus de cinq personnes ne sont pratiquement pas constatés dans la Ville et la distance de deux mètres est le plus souvent respectée.

La Municipalité rappelle ces directives et l’importance de les respecter dans la durée. Des employés de la Ville vont être progressivement mobilisés pour sensibiliser le public en complément de la police municipale qui assure un rôle préventif et sanctionne par des amendes d’ordre les contrevenants. Il s’agit de collaborateurs assermentés du Groupe propreté espace public et du Service des parcs et domaines. Ils fonctionneront en binôme avec un assistant de sécurité publique ou un policier, qui seuls peuvent délivrer des amendes, a expliqué Pierre-Antoine Hildbrand, municipal lausannois en charge de la sécurité.

Lucerne: un hôpital de secours Covid-19 au centre pour paraplégiques

Un mini-hôpital va être installé au Centre suisse des paraplégiques (CSP), à Nottwil (LU), en cas de surcharge hospitalière liée au coronavirus. Il comptera au moins 200 lits. Le CSP met en plus à disposition jusqu’à 100 lits supplémentaires dont des stations de soins intensifs. Un centre médical géré par l’armée et la protection civile sera installé dans la salle de gymnastique, dans l’aula, voire dans d’autres secteurs du CSP. Il sera géré par l’armée et la protection civile, indique mercredi le département de la santé du canton de Lucerne. Pour les cas graves, l’institution met en outre à disposition une centaine de lits dans sa nouvelle aile flambant neuve. Celle-ci compte un service de soins intensifs et 30 places de respiration artificielle. Le traitement des patients paraplégiques se poursuivra sans restriction dans d’autres parties du bâtiment,

La clinique de rééducation Sonnmatt, à Lucerne, mettra également à disposition 80 lits pour compléter le dispositif destiné aux patients atteints de Covid-19. Avec le CSP de Nottwil, elle contribuera à décharger, en cas de besoin, l’Hôpital cantonal de Lucerne et la clinique Hirslanden St. Anna, elle aussi située dans le chef-lieu cantonal. Pour faire face à l’augmentation des cas d’hospitalisation liés à Covid-19, l’hôpital cantonal et la clinique Hirslanden St. Anna ont augmenté leur capacité. Le centre hospitalier n’effectue plus que des interventions chirurgicales d’urgence ou indispensables. Certains soins sont déplacés dans des établissements secondaires ou partenaires.

La Ville de Fribourg désactive les boutons-poussoirs aux carrefours

La Ville de Fribourg veut limiter le risque de propagation de la pandémie de Covid-19. Elle va faire passer la majorité de ses carrefours et passages pour piétons en feux clignotants pour éviter à ceux-ci de devoir toucher les boutons-poussoirs. Le Conseil communal a décidé de modifier la régulation lumineuse du trafic routier à compter de ce mercredi en fin de journée, a indiqué mercredi la Ville de Fribourg. Outre les feux clignotants, les carrefours et les passages piétons pourront aussi fonctionner avec des temps de traversée figés. La mesure est temporaire, précise l’exécutif du chef-lieu cantonal. Elle est rendue possible par la réduction du trafic faisant suite aux directives sanitaires en lien avec la lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19, directives qui ont réduit drastiquement les mouvements dans l’espace public.

Le quotidien fribourgeois La Liberté passe de quatre à deux cahiers

(KEYSTONE/Gaetan Bally)

La Liberté passe de quatre à deux cahiers à compter de ce mercredi. Le quotidien fribourgeois mentionne, d’une part, la baisse de l’actualité sportive 
et culturelle et, d’autre part, la chute de la pagination publicitaire pour motiver sa décision. Les quatre cahiers du journal constituent l’une de ses marques de fabrique. Ceux-ci avaient déjà vu leur nombre de pages se réduire depuis l’éclatement de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. Sports et magazine, qui faisaient tous deux l’objet d’un cahier spécifique, sont intégrés respectivement au 1er cahier et au 2e cahier.

Faire attention avec ses poubelles

Le recyclage du PET fonctionne actuellement sans restrictions et les sacs de PET continuent d’être ramassés. Mais épidémie oblige, les Helvètes sont appelés à suivre quelques mesures supplémentaires par sécurité. Le coronavirus peut rester actif sur des matériaux à surfaces lisses dans des conditions idéales, selon les connaissances actuelles. L’Office fédéral de l’environnement et PET Recycling Suisse égrène quelques recommandations pour exclure tout risque d’infection.

Dans les ménages où vivent des personnes malades ou en quarantaine, la séparation des déchets ne sert à rien: ceux-ci peuvent donc être jetés dans les mêmes poubelles. Pour éviter tout rassemblement, les déchets ne devraient être amenés aux points de collecte qu’en cas d’absolue nécessité. Les contenants qui ne recèlent aucun résidu de nourriture ou de boisson périssable devraient être gardés temporairement à la maison, si possible. Pour l’heure, les usines de recyclage du PET continuent de fonctionner.

Maison pour femmes battues en quarantaine: un cas de Covid-19

La Maison pour femmes battues Violetta de Zurich doit fermer ses portes durant deux semaines, suite à un cas de coronavirus. L’institution est placée en quarantaine. Aucune nouvelle arrivée ne sera possible durant cette période. La pensionnaire infectée doit rester dans sa chambre durant la période de quarantaine, indique mercredi Susan A. Peter, directrice de l’établissement Violetta. Cette dernière confirme l’information révélée par CH Media. Collaboratrices, pensionnaires et enfants séjournant sur place doivent porter un masque de protection et suivre rigoureusement d’autres mesures de protection. La Maison pour femmes battues compte 24 places.

Durant la période de quarantaine, les nouveaux cas de violence domestique seront traités par téléphone. Les cas nécessitant une place seront délégués à d’autres institutions. La fermeture de la Maison pour femmes battues Violetta intervient au pire moment: les autorités s’attendent à une augmentation des cas de violence domestique en raison du confinement partiel de la population en raison du coronavirus. Le canton va ouvrir de nouveaux lieux de refuge pour des victimes, a-t-il annoncé en début de semaine.

En Europe:

Espagne: le bilan dépasse celui de la Chine avec 3434 morts

EPA/BRAIS LORENZO

Le nombre de morts en Espagne dus à la pandémie de Covid-19 dépasse désormais celui de la Chine continentale. Il s’établit à 3434 morts, selon les chiffres publiés par les autorités. En une journée, 738 personnes ont perdu la vie en Espagne. Cela constitue une très forte accélération par rapport aux 514 morts recensés entre lundi et mardi. Seule l’Italie compte désormais plus de décès dus au coronavirus dans le monde. La Chine, où est apparu le virus, a dénombré jusqu’ici 3281 morts.

L’Espagne, où le nombre de cas confirmés a encore progressé d’environ 20% à 47’610, est soumise depuis le 14 mars à un confinement général qui doit être prolongé jusqu’au 11 avril. Le gouvernement, qui a averti le pays que cette semaine serait « difficile » et espère atteindre bientôt le pic de l’épidémie, s’est refusé jusqu’ici à prendre des mesures plus drastiques comme un arrêt de toute activité économique non essentielle comme l’a fait l’Italie. Face à la saturation des hôpitaux, les autorités de Madrid ont monté à la hâte un hôpital de campagne dans les grands halls de la foire commerciale qui pourra compter à terme 5500 lits. Elles ont aussi installé une morgue dans la patinoire d’un centre commercial de la ville.

Allemagne: le parlement allemand adopte un plan de 1100 milliards d’euros

Les députés allemands ont voté mercredi des mesures globales d’un montant proche de 1100 milliards d’euros destinées à permettre à l’Allemagne, la première économie européenne, de faire face aux conséquences de la pandémie causée par le nouveau coronavirus. Les membres du Bundestag, la chambre basse du parlement, dispersés dans l’hémicycle, ont notamment approuvé de nouveaux emprunts à hauteur de 156 milliards d’euros pour soutenir entreprises, salariés et système de santé, ainsi que des centaines de milliards de garanties pour les prêts bancaires aux entreprises. Cet ensemble de mesures sans précédent va désormais être soumis à la chambre haute, le Bundesrat, qui représente les Länder, les Etats régionaux. Son vote ne fait guère de doute, les dirigeants des Länder ayant tous exprimé leur soutien au plan du gouvernement de la chancelière Angela Merkel.

Parmi ces dispositifs, qui font sauter les limitations constitutionnelles à tout déficit budgétaire, figurent un « fonds de stabilisation économique » offrant 400 milliards d’euros de garanties pour les dettes des entreprises, 100 milliards pour les prêts ou les prises de participation dans les entreprises et 100 milliards pour soutenir la banque d’investissement publique KfW. Grâce à sa puissance de feu de 357 milliards d’euros, la KfW pourra à l’avenir garantir quelque 822 milliards d’euros de prêts. Le gouvernement fédéral offrira aux petites entreprises jusqu’à 50 milliards d’euros de subventions. L’enveloppe de mercredi comprend également 3,5 milliards d’euros de soutien immédiat au système de santé, ainsi que 55 milliards qui peuvent être librement utilisés en fonction des besoins pour lutter contre la pandémie.

L’Allemagne a annoncé l’interdiction d’entrée sur son territoire des travailleurs saisonniers étrangers. Berlin veut ainsi tenter de contrer la pandémie de nouveau coronavirus, malgré l’opposition d’un monde agricole en manque de main d’oeuvre avant d’importantes récoltes. « Les travailleurs saisonniers ne seront plus autorisés à entrer en Allemagne, dans le cadre de nos contrôles aux frontières », a indiqué un porte-parole du ministère de l’Intérieur. Il a ajouté que cette règle serait applicable à partir de 17h00 (heure locale) mercredi.

Cette interdiction s’applique même aux ressortissants des Etats membres de l’Union européenne, qui fournit le plus gros contingent de travailleurs saisonniers dans les exploitations agricoles allemandes. L’Allemagne accueille chaque année près de 300’000 travailleurs saisonniers étrangers pour son agriculture, en majorité venus de Roumanie et de Pologne, selon les chiffres du principal syndicat agricole du pays, le DBV. Ces travailleurs sont essentiels pour le secteur au début du printemps. De nombreuses récoltes de cultures maraîchères et fruitières ont en effet lieu entre les mois d’avril et de juin, notamment les fraises et les asperges.

Plus de 1000 morts en France

EPA/Julien de Rosa

La circulation du coronavirus s’accélère en France, avec plus de 1000 morts depuis le début de l’épidémie. Le personnel soignant est plus que jamais sous tension. Le directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris Martin Hirsch a lancé un appel à la réquisition de personnels soignants et à une « reconnaissance », peut-être sous forme de primes, pour l’effort « surhumain » du personnel de la santé. Ces propos arrivent quelques heures avant une visite d’Emmanuel Macron prévue dans un hôpital de campagne à Mulhouse. La situation est également critique en Ile-de-France, a souligné Martin Hirsch sur franceinfo, alors que les hôpitaux de l’AP-HP ont dépassé le seuil de 1600 malades hospitalisés. C’est un moment « charnière », celui où toutes les actions « comptent pour ne pas se casser la gueule », estime le patron du plus grand groupe hospitalier français.

Alors que le président a placé les médecins et chercheurs en première ligne de la « guerre » contre l’épidémie, le comité scientifique préconise désormais la prolongation du confinement sur une durée totale de six semaines, soit jusqu’au 28 avril. Il ne s’agit encore que d’une « estimation parmi d’autres », a commenté le ministre de la Santé, Olivier Véran, même si le gouvernement se rallie généralement aux préconisations du comité. « Quand la circulation du virus sera contrôlée, alors la levée du confinement pourra être abordée. S’il est possible de le lever plus tôt, nous le ferons évidemment », a-t-il ajouté.

Angleterre: le prince Charles testé positif au nouveau coronavirus

(AP Photo/Kirsty Wigglesworth, File)

Le prince Charles, héritier de la couronne britannique, a été testé positif au nouveau coronavirus. Il présente de légers symptômes, ont annoncé ses services. Agé de 71 ans, le fils d’Elizabeth II « reste en bonne santé » à l’exception de ces symptômes, a assuré Clarence House dans un communiqué. La reine, qui a 93 ans, a pour sa part récemment quitté Buckingham Palace pour aller séjourner à Windsor.

la justice britannique refuse de libérer Assange

La justice britannique a refusé mercredi de libérer sous contrôle judiciaire le fondateur de Wikileaks Julian Assange, qui craint de contracter le nouveau coronavirus dans la prison où il est détenu près de Londres. En dépit des problèmes de santé de Julian Assange, qui incluraient notamment dans le passé des problèmes pulmonaires selon sa défense, la juge a refusé de l’assigner à résidence sous bracelet électronique. Elle a estimé qu’il y avait « des motifs sérieux de penser » qu’il pourrait ne pas se présenter à de futures convocations. Elle a souligné qu’il n’était pas le seul prisonnier fragile à la prison de haute sécurité de Belmarsh.

Son comité de soutien affirme que cent personnes parmi les personnels de la prison de Belmarsch, où est détenu Assange, sont malades avec des symptômes de Covid-19. Washington demande l’extradition de l’Australien de 48 ans, poursuivi par la justice américaine pour espionnage après la publication à partir de 2010 d’une masse de documents confidentiels sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan. Après quatre jours d’audience il y a un mois, la justice britannique doit poursuivre à partir du 18 mai l’examen de la demande d’extradition d’Assange, qui risque jusqu’à 175 ans de prison aux Etats-Unis.

Le Parlement britannique mis en pause pour un mois

EPA/WILL OLIVER

Le Parlement britannique fermera ses portes mercredi soir pour près d’un mois. Les députés sont renvoyés chez eux une semaine plus tôt que prévu pour la pause de Pâques, en raison de la pandémie de nouveau coronavirus. Le gouvernement, qui dispose d’une large majorité, a déposé une motion à la chambre basse du Parlement, proposant de fermer l’institution jusqu’au 21 avril. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a décrété lundi un confinement de la population du Royaume-Uni pour au moins trois semaines, ordonnant aussi la fermeture de tous les magasins et services non essentiels. « Le Parlement doit évidemment donner l’exemple », a jugé M. Jenrick, ajoutant qu’il était aussi important de protéger le personnel.

Le ministre s’est en revanche déclaré « certain que le Parlement reprendra ses sessions après les vacances de Pâques », soulignant qu’il était important que les députés jouent leur rôle. Une législation d’urgence donnant au gouvernement le pouvoir de forcer les citoyens à se confiner a été examinée au Parlement cette semaine et doit être adoptée définitivement dans la journée de mercredi. Cette dernière session donnera donc plus tôt que prévu une dernière chance au chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn pour débattre avec Boris Johnson lors de la séance hebdomadaire de questions au Premier ministre. Le nouveau dirigeant du Labour, qui a subi une défaite historique aux législatives de décembre, sera annoncé le 4 avril.

Nouveau blocage de matériel de protection depuis l’UE

De nouvelles livraisons de matériel de protection contre le coronavirus à destination de la Suisse sont bloquées en France et Allemagne. Et ce malgré l’instruction donnée par l’UE de ne plus soumettre ces exportations dans les pays de l’Association européenne de libre-échange (AELE) à une autorisation spéciale. Depuis le début de la crise du coronavirus, plusieurs incidents de ce genre se sont produits en Europe.

Le Secrétariat d’Etat à l’économie est au courant de ces difficultés, a-t-il indiqué mercredi à l’agence Keystone-ATS. Il a précisé être en contact avec les entreprises et pays concernés. L’administration se dit fermement décidée à résoudre ces problèmes. La Suisse est tributaire des importations depuis ces deux pays. Pour l’économie, il est de la plus haute importance que le commerce continue à fonctionner, a souligné le SECO. Ce dernier ajoute néanmoins que de manière générale, la compréhension entre la Suisse et l’UE reste bonne, malgré la situation difficile.

Dans le reste du monde:

Fin des restrictions dans le berceau chinois du Covid-19

La Chine a levé mercredi les restrictions drastiques imposées depuis plusieurs mois dans la province du Hubei, épicentre de la pandémie de coronavirus. La ville de Wuhan reste cependant confinée. Aucun cas de contamination locale n’a été détecté en 24 heures en Chine, mais 47 cas « importés » de l’étranger ont été identifiés sur cette période, ont indiqué les autorités sanitaires nationales. Au total, 474 cas « importés » ont été détectés. Il s’agit pour la plupart de Chinois rentrant chez eux, d’après le ministère des Affaires étrangères. Quatre décès supplémentaires ont été signalés en 24 heures, dont trois dans le Hubei, province du centre de la Chine où se trouve la ville de Wuhan qui a été la première affectée par le nouveau coronavirus.

Pékin avait fait savoir mardi que le bouclage de plus de 50 millions de personnes du Hubei en vigueur depuis janvier serait supprimé, leur donnant la possibilité de se déplacer si elles sont en bonne santé. Certains aéroports et gares ont rouvert. Mais les écoles restent encore fermées à ce stade. En revanche, il faudra aux habitants de Wuhan attendre jusqu’au 8 avril pour pouvoir quitter leur ville. Il y a eu plus de 81’200 cas de Covid-19 en Chine et 3281 personnes y ont succombé. Le nombre de nouveaux cas a considérablement diminué au cours du mois écoulé. La situation contraste avec le reste du monde où le coronavirus est en pleine expansion, contraignant de plus en plus de pays à prendre des mesures de confinement.

« l’humanité entière » menacée, l’ONU lance un plan

EPA/JUSTIN LANE

La pandémie due au Covid-19 « menace l’humanité entière », a affirmé mercredi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Il a lancé un « Plan de réponse humanitaire mondial » jusqu’à décembre, assorti d’un appel à des dons à hauteur de 2 milliards de dollars. L’objectif du plan « vise à nous permettre de combattre le virus dans les pays les plus pauvres au monde et répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants, les personnes âgées, les handicapés et les malades chroniques », a précisé le chef de l’ONU. La pandémie a fait au moins 19’246 morts dans le monde depuis son apparition en décembre, selon un bilan établi par l’AFP avec plus de 427’000 cas positifs recensés. Elle touche désormais des pays en crise humanitaire à cause de guerres, de catastrophes naturelles ou du changement climatique.

L’appel aux fonds lancé mercredi par l’ONU, est destiné à couvrir la période entre avril et décembre 2020, laissant présager une crise majeure qui s’installe dans la durée. Le montant total recherché est de 2,012 milliards de dollars, intégrant les appels aux dons déjà lancés par différentes agences de l’ONU (Organisation mondiale de la santé, Programme alimentaire mondial, Commissariat aux réfugiés, agence pour l’enfance Unicef…). L’OMS devrait bénéficier de 450 millions de dollars, l’Unicef de 405 millions et le Pam de 350 millions. Antonio Guterres a aussi réclamé que l’argent fourni par les 193 membres de l’ONU pour l’aide humanitaire déjà dispensée, qui bénéficie chaque année à 100 millions de personnes dans le monde, se poursuive. A défaut de quoi, la pandémie pourrait entraîner d’autres épidémies (choléra, rougeole…), met en garde l’Organisation.

Covid-19: la Californie sonne l’alarme après le décès d’un jeune

Les autorités californiennes ont exhorté mardi les jeunes à respecter les consignes de sécurité contre le nouveau coronavirus après la mort d’un adolescent près de Los Angeles. Il était âgé de moins de 18 ans. Les autorités sanitaires ont toutefois souligné que les causes du décès devaient encore être validées par des experts fédéraux. Il s’agirait du premier cas connu de décès dû à la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) touchant un jeune sur le sol américain. Aucune précision n’a été donnée sur l’âge exact ou le sexe de la jeune victime, le maire ayant simplement parlé d’un « adolescent en bonne santé ».

Pour le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, ce décès doit être une prise de conscience et inciter tout le monde à respecter les règles de « distanciation sociale » qu’il a ordonnées dans tout l’Etat. La moitié des cas recensés en Californie sont âgés de 18 à 49 ans, a insisté M. Newsom. D’après les experts, le Covid-19 prend rarement des formes sévères chez les enfants et très peu de cas mortels ont été rapportés dans le monde depuis le début de la pandémie. Les autorités californiennes ont placé Los Angeles et l’ensemble de l’Etat en confinement, avec ordre de cesser toutes les activités « non essentielles » et d’éviter autant que possible tout déplacement. Au cours des 48 dernières heures, il y a eu 256 nouveaux cas de coronavirus. Cela porte à 662 le nombre de cas confirmés en laboratoire dans la région. Au total, les Etats-Unis comptaient mardi soir 780 morts et plus de 54’000 cas officiellement déclarés de Covid-19, selon l’université Johns Hopkins, qui fait référence.

Bolsonaro rejette le confinement qui menace de « ruiner » le Brésil

EPA/Joedson Alves

Le président du Brésil, Jair Bolsonaro, a dénoncé mardi les mesures de confinement ordonnées face au coronavirus par différents Etats et municipalités de son pays. Selon lui, elles vont ruiner l’économie brésilienne, la première d’Amérique du Sud. M. Bolsonaro a minimisé les risques liés à la pandémie de la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), qui a déjà tué plus de 18’000 personnes dans le monde et forcé un tiers de l’humanité à respecter de strictes mesures de confinement. « Le groupe à risques, c’est celui des personnes de plus de 60 ans. Alors pourquoi fermer les écoles? » s’est interrogé M. Bolsonaro.

Le président d’extrême droite a accusé les médias de répandre « l’hystérie » face à la pandémie et a affirmé que le Brésil était à l’abri, grâce selon lui à son climat chaud et à sa population majoritairement jeune. Face à la pandémie, plusieurs Etats et villes du Brésil ont adopté des mesures de fermeture des entreprises et des services publics et de confinement de la population, notamment l’Etat de São Paulo, le plus riche du Brésil. Mardi, le Brésil recensait 2201 cas de Covid-19 et 46 décès.

Le Panama se met en quarantaine pour lutter contre le Covid-19

Le Panama entre « en quarantaine totale et obligatoire » mercredi matin, afin de freiner la propagation de l’épidémie de coronavirus, a annoncé le président Laurentino Cortizo. Des exceptions ont été prévues. Parmi elles, le chef de l’Etat a cité la chaîne de production alimentaire, le personnel de santé, les forces de l’ordre, les banques et les supermarchés. Les gens ne pourront se déplacer que deux heures par jour pour acheter de la nourriture et des médicaments, a-t-il précisé. Le Panama est le pays d’Amérique centrale qui compte officiellement le plus de cas de maladie Covid-19, avec un total de 443 infections, soit 98 de plus que lundi, selon les derniers chiffres annoncé mardi par la ministre de la santé, Rosario Turner. Huit personnes ont succombé au virus.

Plus de 2,6 milliards de personnes sont désormais appelées par leurs autorités à rester confinées chez elles, selon un comptage réalisé à partir d’une base de données de l’AFP et arrêté à mardi 19h30 (heure suisse). Cela représente plus d’un tiers de la population mondiale, évaluée par l’ONU à 7,8 milliards de personnes en 2020.

L’Uruguay ferme ses frontières aux étrangers à cause du Covid-19

L’Uruguay a fermé mardi ses frontières aux étrangers, hormis certaines exceptions, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus et en a interdit les sorties pour faire du tourisme. Quelque 189 cas confirmés de Covid-19 ont été recensés dans le pays. Les étrangers résidant dans le pays, ainsi que les citoyens de l’Argentine, du Brésil ou du Paraguay – les membres du Mercosur – « qui sont en transit à l’aéroport pour se rendre dans leurs pays d’origine sont exemptés de la mesure », a précisé le président Ernesto Talvi.

Il est par ailleurs interdit de quitter le pays à des fins touristiques jusqu’au 13 avril, a annoncé lors d’une autre conférence le secrétaire à la présidence. L’Uruguay avait déjà décrété le 16 mars une fermeture totale de sa frontière avec l’Argentine, et a bloqué dimanche les liaisons terrestres avec le Brésil. Il a également suspendu les vols en provenance d’Europe.

L’Arabie saoudite place en quarantaine Ryad, Médine et La Mecque

L’Arabie saoudite a annoncé mercredi la mise en quarantaine de Ryad ainsi que des deux villes saintes du pays, Médine et La Mecque, et allongé le couvre-feu déjà en vigueur pour lutter contre le nouveau coronavirus. Ces nouvelles mesures interviennent alors que l’Arabie saoudite a annoncé un deuxième décès lié à la pandémie due au Covid-19. Le ministère saoudien de la Santé a dit avoir enregistré au total 900 personnes contaminées par la maladie. Le pays compte le plus de cas parmi ses voisins du Golfe. Le royaume a interdit à partir de jeudi toute entrée et sortie des villes de Ryad, Médine et La Mecque, ainsi que tout déplacement entre les provinces du pays, selon l’agence de presse officielle SPA, citant des mesures décrétées par le roi Salmane. Alors qu’un couvre-feu est en place depuis lundi de 19h00 à 06h00 locales (17h00 à 04h00 heure suisse), celui-ci commence désormais à 15h00 à Ryad, Médine et La Mecque. Les deux villes saintes étaient déjà interdites aux étrangers pour limiter la propagation du nouveau coronavirus. Le pays, plus riche économie du monde arabe, a aussi fermé cinémas, centres commerciaux et restaurants, et suspendu tous les vols ainsi que le petit pèlerinage de la Omra, qui attire chaque année des millions de musulmans venus du monde entier.

Ryad a annoncé des mesures économiques d’un montant de 120 milliards de riyals (29,6 milliards d’euros) pour soutenir les entreprises, et a dit prévoir d’emprunter jusqu’à 50% de son PIB. Premier exportateur de pétrole brut au monde, le pays pâtit fortement du plongeon des cours de l’or noir lié notamment au ralentissement économique provoqué par la pandémie de Covid-19.

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Prêtre soupçonné d’abus sexuel arrêté au Tessin

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L'évêque a précisé avoir eu personnellement connaissance de ce possible cas d'abus le 11 mars. Il en a immédiatement informé la commission d'experts compétente au diocèse. (©KEYSTONE/TI-PRESS/Davide Agosta)

Un prêtre du diocèse de Lugano soupçonné d’abus sexuel a été arrêté samedi soir, a indiqué l’évêque de Lugano Valerio Lazzeri lors d’une conférence de presse dimanche à Lugano. Le religieux a été immédiatement délié de ses obligations au sein du diocèse.

L’évêque a précisé avoir eu personnellement connaissance de ce possible cas d’abus le 11 mars. Il en a immédiatement informé la commission d’experts compétente du diocèse.

Après de premières clarifications, cette dernière a transmis l’affaire au ministère public tessinois, qui a manifestement requis l’arrestation du suspect samedi soir.

Aucun détail n’a été donné sur le prêtre concerné et sa paroisse. Le cas d’abus présumé serait survenu il y a cinq ou six ans, a ajouté Valerio Lazzeri. Ce dernier ainsi que le diocèse attendent maintenant les résultats de l’enquête pénale pour décider de la suite à donner à cette affaire.

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L’ONU critique le projet de loi suisse antiterroriste

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Le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme critique le projet de loi du Conseil fédéral contre le terrorisme. Photo: salle du Conseil des droits de l'homme à Genève (archives). (©KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI)

Le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme critique le projet de loi du Conseil fédéral contre le terrorisme. Dans une lettre adressée au Conseil fédéral, il met en garde contre ce texte, qui ouvrirait la porte à une privation arbitraire de liberté.

Le Département fédéral de justice et police (DFJP) a confirmé dimanche avoir reçu une lettre du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a-t-il fait savoir à Keystone-ATS revenant sur une information publiée dans le « SonntagsBlick ». Celle-ci évoque la loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme, dont le projet de loi est actuellement en discussion au Parlement.

Selon la porte-parole du DFJP, le Conseil fédéral n’a pas proposé l’un des points controversés, l’instauration d’un placement sécurisé pour les terroristes potentiels (GUG). Une telle mesure, introduite par le parlement, ne pourrait pas être mise en œuvre.

Il ressort en effet d’une expertise commandée par les cantons que, contrairement à l’assignation à une propriété, le placement sécurisé ne serait pas conforme à la Convention européenne des droits de l’homme.

Selon le SonntagsBlick », le rapporteur spécial de l’ONU craint que « l’application de cette loi ne conduise à des violations importantes des droits humains et des droits fondamentaux ». Dans leur forme actuelle, les mesures antiterroristes envisagées ne sont ni compatibles avec la Convention européenne des droits de l’homme ni avec la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.

Critiques du Conseil de l’Europe

À la mi-mai, la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe avait déjà critiqué le projet de loi dans une lettre adressée à la commission parlementaire de la politique de sécurité du Conseil national. Dunja Mijatovic estime que plusieurs dispositions sont problématiques au regard des droits humains.

Pour elle, les mesures administratives prévues en dehors de la procédure pénale à l’encontre d’un « terroriste potentiel » n’offrent pas assez de garanties juridiques. L’assignation d’une personne à un périmètre déterminé revient à une privation de liberté au sens de la convention européenne des droits de l’homme, rappelle-t-elle.

Elle s’inquiète en outre de la notion vague de « terroriste potentiel » qui « risque de stigmatiser une personne alors même qu’elle pourrait n’avoir jamais été soupçonnée d’avoir enfreint la loi, ni avoir été reconnue coupable d’infraction ». L’application de ces mesures de police à des enfants âgés d’au moins 12 ans la préoccupe tout particulièrement.

Le Conseil des États a déjà adopté le projet de loi. Il a défendu des mesures de lutte contre le terrorisme plus sévères que celles proposées par le Conseil fédéral, même s’il a suivi le gouvernement dans les grandes lignes. Le Conseil national se prononcera sur ce projet de loi lors de la session d’été, le 17 juin selon le programme actuel.

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La consommation d’alcool s’est effondrée durant le confinement

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Le secteur de la boisson n'est pas épargné par la crise du coronavirus. (©KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER)

La consommation d’alcool s’est effondrée durant le confinement. Selon l’Association suisse du commerce des vins, revenant sur une information publiée dans la NZZ am Sonntag, les ventes de vins ont chuté de 35%.

L’association des producteurs de spiritueux a pour sa part constaté une baisse de 25%. Pour ce qui est de la bière, les ventes enregistraient à fin avril une baisse de 5,9% par rapport à la même période l’an passé. L’été risque également d’être difficile, car les événements qui génèrent de gros chiffres d’affaires, tels que les festivals, ont été annulés.

Été difficile

Selon une enquête menée du 8 au 22 mai, 65% des entreprises interrogées se plaignent d’une dégradation de leur situation économique. Les pertes de revenus varient fortement entre les entreprises interrogées et varient de quelques pour cent à plus de 90%. La raison en est avant tout la répartition différente de la part des ventes dans la restauration et la vente au détail.

Pour expliquer cette dégradation, « la lente ouverture des restaurants et l’interdiction des grands événements » est montrée du doigt. Les entreprises interrogées tablent donc sur une baisse moyenne des ventes de 35% au cours des deux prochains mois.

Ainsi 80% des détaillants de boissons et 60% des producteurs de boissons ont répondu que leur situation économique s’était détériorée depuis la dernière enquête à la mi-mars. Seulement 8% des entreprises interrogées ont constaté une amélioration.

Les entreprises s’attendent à de fortes difficultés de vente au cours des deux prochains mois. Près de 35% craignent des problèmes de liquidités. Un quart des répondants s’attendent à des licenciements en raison de la pandémie de Covid-19 tandis qu’environ la moitié d’entre eux ont recours au chômage partiel.

Livraison à domicile: effet positif

Un peu plus de 40% des personnes interrogées observent toutefois des effets positifs de la crise. L’augmentation des ventes via les livraisons à domicile ou la hausse des ventes au détail ont été mentionnées, comme l’écrit l’ASG.

Près de 60% des entreprises interrogées considèrent que les mesures du Conseil fédéral sont suffisantes. En ce qui concerne la réduction des loyers commerciaux, l’industrie demande qu’une solution soit trouvée pour lever l’incertitude actuelle.

Toutes les associations de l’industrie ASG et les membres de Swissdrink ont été sollicités pour répondre à l’enquête menée dans toute la Suisse. Quatre-vingt-cinq réponses ont été reçues

ASG est l’organisation faîtière de l’industrie suisse des boissons. Elle représente environ 30’000 entreprises, pour un chiffre d’affaires total d’environ 14 milliards de francs. Les secteurs de la bière, du vin, de l’eau minérale, des boissons gazeuses, des spiritueux et de jus de fruits sont représentés dans l’ASG.

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Covid-19: Les mesures prises en Suisse ont réduit les cas

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La campagne d’information de l’OFSP lancée le 28 février insistant sur les règles d'hygiène de base a provoqué une prise de conscience et une application volontaire des mesures d’hygiène et de distanciation qui a permis une baisse du taux de reproduc (©KEYSTONE/LAURENT GILLIERON)

Les mesures prises en Suisse ont permis de réduire fortement le nombre de cas de Covid-19. Selon les cantons, le taux de transmission a chuté de 53 à 92%, parallèlement à une baisse de mobilité de 30 à 80%. C’est ce qui ressort d’une étude menée par l’EPFL.

« Les estimations de l’impact des mesures sur la transmission du SARS-CoV-2 sont essentielles pour la prise de décision, que ce soit dans la suite de cette épidémie ou dans les suivantes », souligne Jacques Fellay, médecin-chercheur à la Faculté des Sciences de la Vie de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

Ce dernier est co-auteur de l’étude dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue Swiss Medical Weekly et membre du comité scientifique Covid-19 mis en place par le Conseil fédéral.

Depuis le 28 février

Les chercheurs de l’EPFL ont analysé les mesures prises depuis le 28 février, date de l’interdiction des rassemblements de plus de 1000 personnes. Cette première disposition a été suivie par toute une série de mesures avec pour point culminant l’interdiction des rassemblements de plus de 5 personnes annoncée le 20 mars.

La méthode utilisée consiste à déterminer l’évolution du taux de reproduction (donné par la valeur R0) au cours de l’épidémie à l’échelle nationale et cantonale, à l’aide d’un modèle épidémiologique. Celui-ci prend en compte des données détaillées de plus de 1000 patients hospitalisés dans le canton de Vaud, ainsi que les rapports publics sur les hospitalisations et les décès en Suisse.

Au niveau suisse, les chercheurs ont observé que la valeur R0, soit le taux de reproduction, est passée de 2,8 au commencement de la pandémie à 0,4 au début avril, soit une réduction de 86%. Calculée pour chaque canton séparément, cette réduction varie entre 53% pour le Jura et 92% pour Bâle-Ville.

Données des téléphones portables

La baisse de transmission a été comparée aux changements de mobilité obtenus avec les données des téléphones portables. Ainsi, les déplacements liés au travail, au commerce de détail et aux loisirs ont diminué entre 50 et 75% au niveau suisse et entre 30 et 80% au niveau cantonal.

Une corrélation très nette est observée entre la réduction du taux de reproduction et la baisse de mobilité, mais la diminution du R0 commence quelques jours avant les premiers changements de mobilité.

Effet prépondérant des règles d’hygiène

Les chercheurs ont constaté que la baisse du taux de reproduction a commencé autour du 6 mars, donc au moins une semaine avant que la fermeture des écoles ne soit officiellement mise en place. La campagne d’information de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) lancée le 28 février et adaptée le 2 mars insistait sur les règles d’hygiène de base.

Elle a provoqué une prise de conscience et une application volontaire des mesures d’hygiène et de distanciation sociale qui a permis une baisse du taux de reproduction avant même que les mesures de distanciation ne soient mises en place.

« Nous avons observé que le taux de transmission était déjà autour de 1 lorsque le gouvernement fédéral a interdit les rassemblements de plus de 5 personnes et a recommandé l’isolement volontaire à domicile pour l’ensemble de la population », note Joseph Lemaitre, doctorant au Laboratoire d’écohydrologie (ECHO) de l’EPFL et premier auteur de la publication.

« Ce résultat doit toutefois être replacé dans son contexte puisque l’annonce a pu être anticipée, comme on l’observe en analysant les recherches sur internet. Ce qui a probablement eu un impact sur le comportement de distanciation sociale. »

Taux d’infection moyen de 3,9%

À l’aide de ce modèle, les chercheurs ont également calculé que 3,9% de la population suisse avait probablement été infectée par le virus – valeur au 24 avril. Au niveau cantonal, ce taux s’étend de 1,9% pour Berne à 16% au Tessin.

Avec la levée progressive des restrictions, les chercheurs ont la volonté de publier une mise à jour quotidienne du taux de reproduction. Selon eux, il est essentiel de suivre de près son évolution, la capacité de transmission du virus dépendant essentiellement des comportements, et non d’une hypothétique immunité collective encore très loin d’être atteinte.

Suivi attentif nécessaire

Les questions de savoir si l’ouverture des restaurants et magasins entraînera une hausse des transmissions, si celle-ci pourrait être compensée par une stratégie de dépistage et de traçage des contacts plus agressive n’ont pas encore de réponse, pas plus que l’impact du port du masque.

« Un suivi attentif des paramètres épidémiologiques est donc crucial », insiste Jacques Fellay. Les modèles élaborés par les chercheurs devront aussi être affinés en utilisant de nouvelles données, par exemple les résultats des études sérologiques en cours.

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Nuit de colère aux États-Unis, malgré l’inculpation d’un policier

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Pour faire face à la gravité de la situation, des renforts militaires vont être portés à 1700 à Minneapolis et dans la ville voisine de Saint-Paul, d'ici à samedi soir. (©KEYSTONE/EPA/CRAIG LASSIG)

La colère suscitée par la mort d’un homme noir aux mains de la police de Minneapolis a alimenté de nouvelles émeutes dans la nuit de vendredi à samedi et gagné d’autres villes des Etats-Unis. Cela malgré l’arrestation d’un des agents impliqués dans le drame.

Le déploiement de 500 soldats de la Garde nationale et l’imposition d’un couvre-feu n’ont pas empêché la grande ville du Minnesota de s’embraser pour la quatrième nuit consécutive.

Des milliers de manifestants ont d’abord défilé pacifiquement en mémoire de George Floyd, un Afro-américain de 46 ans, mort lundi juste après son arrestation. Mais dans la nuit, la situation a dégénéré auprès d’un commissariat du sud de la ville, avec plusieurs commerces incendiés, de nouveaux pillages et de nombreuses dégradations.

Les soldats et policiers anti-émeutes ont tiré des gaz lacrymogènes et des fumigènes pour éviter que ce commissariat ne subisse le même sort qu’un autre, incendié la veille au soir.

Situation très dangereuse

« La situation est extrêmement dangereuse », a lancé le gouverneur de l’Etat Tim Walz lors d’une conférence de presse au milieu de la nuit pour appeler au calme. « Il n’y a rien d’honorable à brûler votre ville », a renchéri, à ses côtés, le maire Jacob Frey.

La tension est également montée dans le reste du pays. Des centaines de personnes se sont rassemblées devant la Maison Blanche à Washington, mais aussi à New York, Dallas, Houston, ville d’origine de la victime, ou encore Las Vegas, Des Moines, Memphis et Portland. A Atlanta, des véhicules de patrouille de la police ont été brûlés.

Justice exigée

Partout, les manifestants ont dénoncé les bavures policières et les disparités raciales. Surtout, ils ont exigé justice pour George Floyd qui, selon une vidéo devenue virale, semble avoir été asphyxié par la police.

Le policier blanc Derek Chauvin qui, sur ce film, maintient son genou pendant de longues minutes sur le cou du quadragénaire, a été arrêté vendredi et inculpé pour « homicide involontaire » et « acte cruel et dangereux ayant causé la mort ».

La famille de la victime a salué ce développement comme un premier pas sur « la voie de la justice », mais l’a jugée « tardif » et insuffisant. « Nous voulons une inculpation pour homicide volontaire avec préméditation. Et nous voulons voir arrêter les trois autres agents impliqués dans le drame », a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Ces derniers ont immédiatement été licenciés, comme Derek Chauvin, mais ne font encore l’objet d’aucune poursuite.

Armée en alerte

Pour faire face à la gravité de la situation, des renforts militaires vont être portés à 1700 à Minneapolis et dans la ville voisine de Saint-Paul, d’ici à samedi soir, a annoncé dans la nuit le major-général Jon A Jensen, qui dirige la Garde nationale du Minnesota.

Le président « a demandé au Pentagone de placer des unités de l’armée en alerte pour qu’elles puissent éventuellement intervenir à Minneapolis », a-t-il ajouté en estimant « prudent d’étendre les options disponibles » pour sécuriser la ville.

Tirs à balles réelles

Donald Trump, qui a dénoncé à plusieurs reprises un crime « tragique », s’en est pris jeudi aux « casseurs ». « Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles », a-t-il ajouté dans un tweet, que le réseau social a décidé de signaler comme une « apologie de la violence ».

Sur un ton diamétralement opposé, son prédécesseur démocrate Barack Obama a dit partager « la détresse » des millions d’Américains noirs, pour lesquels « être traités différemment sur la base de la race est tragiquement, douloureusement et de façon rageante ‘normal' ».

L’émotion a dépassé les frontières américaines, et des appels à rendre justice à George Floyd se multipliaient sur les réseaux sociaux dans plusieurs pays.

Précédent

L’affaire rappelle la mort d’Eric Garner, un homme noir décédé en 2014 à New York après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs. Lui aussi avait dit « Je ne peux pas respirer », une phrase devenue un cri de ralliement du mouvement Black Lives Matter (« La vie des Noirs compte »).

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