La fonction de municipal ne fait pas rêver les Vaudoises et les Vaudois dans plusieurs petites communes. Pour les élections du 8 mars, 39 communes sur 290, soit environ une sur sept, affichent moins de candidats que de fauteuils à remplir.
Les communes de Syens, proche de Moudon, et de Villars-Epeney, non loin d'Yverdon, sont emblématiques du problème. Aucun de leurs habitants ne s'est porté candidat, alors que leur Municipalité compte cinq sièges, constate-t-on dans un tableau répertoriant ces données, fourni par le canton à Keystone-ATS.
Au total, 60 candidatures font défaut: il manque un candidat dans 27 communes, deux dans 7 communes, trois dans trois communes et cinq à Syens et Villars-Epeney. Il s'agit surtout de villages de petite taille, à l'image de Burtigny sur la Côte, de Corbeyrier dans le Chablais ou encore de Vucherens dans la Broye-Vully.
"Cela ne nous surprend pas vraiment. Le renouvellement du personnel politique peut constituer un problème dans les très petites communes", observe Jean-Luc Schwaar, directeur général des affaires institutionnelles et des communes à l'Etat de Vaud. "Plus une commune est grande, plus l'élection sera politisée et plus il y aura de facilité à trouver les candidats, car ce sont les partis qui s'en chargent", ajoute-t-il.
Différence d'échelle
A l'exception des municipaux lausannois et peut-être de certains syndics d'autres villes, ces postes ne constituent qu'une activité à temps partiel, qu'il s'agit de caser à côté de l'activité professionnelle. "C'est un sacerdoce, une vocation qui demande beaucoup de travail et de temps", salue Jean-Luc Schwaar.
Il faut voir aussi qu'une ville de 150'000 habitants, comme Lausanne, doit trouver sept conseillers municipaux. A l'autre bout du spectre, Syens et Villars-Epeney, qui comptent respectivement 160 et 110 habitants, doivent chacune en trouver cinq, soit seulement deux de moins que le chef-lieu vaudois.
"Ce n'est toutefois pas qu'une question de nombre d'habitants, mais aussi une question de rôle", nuance Jean-Luc Schwaar. "A Lausanne, les conseillers municipaux disposent de toute une administration sur laquelle s'appuyer et jouent un rôle politique important. Dans les petites communes, les municipaux sont avant tout des gestionnaires et doivent presque tout faire eux-mêmes", poursuit-il.
Tous candidats
Le 8 mars prochain, dans les communes où le nombre de candidats est inférieur au nombre de sièges à l'exécutif, la population pourra voter pour n'importe quelle personne éligible. "A l'issue du second tour, chaque commune aura ainsi sa municipalité «au complet», avec des personnes potentiellement élues avec 5 ou 6 voix", pointe Jean-Luc Schwaar. Celles-ci peuvent toutefois refuser leur élection ou démissionner peu après leur entrée en fonction.
Pour atteindre le quorum, une Municipalité doit compter au minimum la moitié de ses membres plus un, soit trois, si elle est composée de cinq membres. Si tel n'est pas le cas après l'élection générale, une élection complémentaire doit être organisée. Et si, malgré tout, le quorum n'est pas atteint au moment du début de la législature, le Conseil d'Etat peut soit nommer des municipaux ad hoc qui fonctionneront jusqu'à la prochaine élection complémentaire, soit mettre la commune sous régie, précise encore Jean-Luc Schwaar.
En augmentation depuis 2021
Le canton de Vaud ne dispose pas de statistiques permettant de comparer la situation de 2026 avec les précédentes élections communales. Le quotidien 24 heures, qui avait compilé les données lors des élections de 2021, avait établi qu'il manquait un total de 42 candidats dans 24 villages. Six d'entre eux se trouvent à nouveau dans cette situation aujourd'hui. Il s'agit de Bournens, Démoret, Fey, Hermenches, Lovatens et Valeyres-sous-Ursins.
A noter encore que 93 communes, soit un tiers du total, affichent le même nombre de candidats à la Municipalité que de sièges à remplir. L'élection semble donc jouée d'avance. "Nous n'y voyons rien de problématique car il y a de toute manière un scrutin. Les citoyens peuvent voter pour qui ils veulent et dire leur éventuelle désapprobation de certains candidats. C'est la démocratie", commente Jean-Luc Schwaar.
Le plus de convoitises à Lausanne
Enfin, un peu plus de la moitié des communes (158) dispose d'un nombre de candidats supérieur au nombre de sièges à l'exécutif. Parmi elles, 27 comptent deux fois plus de candidats que de fauteuils à pourvoir. Il s'agit notamment de villes comme Yverdon, Montreux ou Vevey, ainsi que de communes d'une certaine envergure, comme Orbe, Epalinges ou Bourg-en-Lavaux.
Une seule commune compte trois fois plus de candidats que de sièges: celle de Lausanne, où 22 candidats convoitent les 7 fauteuils de la Municipalité.
Prises dans leur globalité, les communes vaudoises présentent 1907 candidats pour 1511 fauteuils dans des exécutifs communaux. Au final il y aura donc plus de candidats recalés, que de candidats manquants.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats