La petite commune de Fleurance se prépare à rendre hommage dimanche, lors d'une marche blanche, à Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte, sur fond de polémique concernant le traitement judiciaire des plaintes pour viols sur mineurs visant le principal suspect.
Les parents ont annoncé leur présence à cette marche, qui commencera à 15h00, et "remercient le maire de Fleurance de son initiative", par l'intermédiaire d'un communiqué de leur avocat, François Roujou de Boubée.
Ils prient "les maires présents à leurs côtés depuis le début des recherches de bien vouloir les accompagner".
La mairie attend 5000 personnes dans ses rues.
Dans ce bourg du Gers de 6000 habitants, à 80 km de Toulouse, l'ambiance était encore lourde samedi, deux jours après la découverte du corps de Lyhanna dans le silo d'un site agricole désaffecté.
A la sortie du marché, qui se tient dans une halle à l'architecture typique de la région, Florence Arnaud a invité "des amis" à se rendre à la marche avec elle, raconte-t-elle à l'AFP.
"C'est important d'être là, pour être avec ces personnes (...), c'est rassurant, pour comprendre que ça peut tous nous toucher", ajoute-t-elle très émue, sacs de courses à la main.
Comme de très nombreux habitants, elle est en colère contre le traitement des plaintes pour viols sur mineurs visant le principal suspect, mis en examen et incarcéré lundi pour enlèvement et séquestration.
"Reconnaître qu'il y a de grosses fautes, c'est le minimum", souligne-t-elle, évoquant les excuses présentées à la famille par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin.
"Il faudrait des actes", tance Marilou Dedes, croisée alors qu'elle se rend au marché. Elle ne pense pas aller à la marche blanche, "je ne peux pas, je suis trop remontée", glisse-t-elle, la voix brisée par les larmes.
"Dysfonctionnement inacceptable"
Quatre plaintes pour viols sur mineurs et deux signalements, dont un pour "comportement inapproprié" envers une lycéenne, visent le principal suspect, Jérôme B., 41 ans. Malgré des soupçons de pédocriminalité, il n'a jamais été entendu par les enquêteurs.
Selon la procureure de la République d'Auch, il avait fait l'objet de plaintes pour viol sur mineur en 2022 et 2025. La première a été classée sans suite. Une enquête est en cours pour la seconde.
Cette seconde plainte suscite la colère dans le Gers et au-delà: déposée en août 2025, le parquet de Toulouse l'a ensuite transmise au parquet d'Auch, les faits s'étant produits à Montestruc-sur-Gers, où habitait Jérôme B.
Selon la procureure d'Auch, elle n'a été reçue qu'en décembre 2025, puis transmise à la gendarmerie en janvier 2026. Jérôme B. n'a jamais été entendu dans cette affaire, un ratage suscitant l'ire des habitants de Fleurance.
Ces dysfonctionnements ont été pointés du doigt jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, qui accable l'institution judiciaire.
Gérald Darmanin, "furieux" du traitement du suspect par la justice, a présenté vendredi ses "excuses au nom de la Justice" à la famille de Lyhanna.
"Il est clair qu'il y a un dysfonctionnement (...) et c'est inacceptable", a déclaré depuis le Monténégro le président Emmanuel Macron, qui ne veut "entendre aucun argument de moyens dans cette affaire".
Mais pour l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), demeure "l'impression qu'il faut des boucs émissaires et vite. Il y a peut-être eu des dysfonctionnements, mais il n'y a que les rapports d'inspection qui peuvent dire ça", a indiqué son secrétaire général adjoint, Aurélien Martini.
Il pointe, auprès de l'AFP, la multiplication des circulaires "sans se poser la question de savoir si les services ont la capacité de les intégrer".
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp