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A Genève, le procès en appel d’un activiste du climat

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Photo KEYSTONE/Valentin Flauraud

Genève, le procès en appel de l’activiste du collectif Breakfree Suisse, condamné pour dommages à la propriété sur un bâtiment de Credit Suisse (CS) en 2018, a eu lieu lundi.

Le tribunal a accepté d’entendre une spécialiste de l’environnement.

« J’ai signé des appels à la désobéissance civile non violente. C’est notre rôle d’agir en accord avec nos constatations scientifiques », a déclaré Julia Steinberger à la Chambre pénale d’appel et de révision. La professeure ordinaire sur les enjeux sociétaux liés à l’impact des changements climatiques à l’Université de Lausanne est co-auteure du prochain rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

La spécialiste a expliqué que de nombreux pays signataires de l’Accord de Paris ne mettent pas en oeuvre leurs engagements. « Si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au niveau actuel, nous atteindrons trois degrés de plus ce siècle. A eux seuls, les investissements de la place financière suisse soutiennent un réchauffement de quatre à six degrés », a-t-elle indiqué.

Investissements dénoncés

Canicules, dangers naturels, disparition de la biodiversité ou encore perturbation du cycle hydraulique: les conséquences d’une hausse des températures touchent déjà la population suisse, a expliqué Mme Steinberger, citant un rapport de la Confédération. « Non seulement les climatologues ne sont pas écoutés, mais ils font l’objet d’attaques des industries fossiles », a-t-elle relevé.

C’est justement pour dénoncer les investissements dans les énergies fossiles qu’une quinzaine de manifestants, lors de la première grande Marche pour le climat le 13 octobre 2018, ont apposé leurs mains couvertes de peinture rouge sur des pages du rapport du GIEC et sur le siège genevois de CS. Le collectif Breakfree Suisse cherche, de manière graduelle, à faire réagir la banque depuis 2016.

Interpellé à la fin de l’action, le prévenu, aujourd’hui âgé de 23 ans, a recouru contre sa condamnation par ordonnance pénale puis à sa condamnation à 10 jours-amendes à 30 francs avec sursis par le Tribunal de police en février. Son procès en appel intervient à la veille de celui des douze militants acquittés du chef de violation de domicile pour avoir mimé une partie de tennis dans les locaux de CS à Lausanne.

Lacunes du droit

Une nouvelle fois, son avocate Laïla Batou a plaidé l’acquittement au bénéfice de l’état de nécessité et invité le tribunal à innover face à l’inaction des pouvoirs publics: « Dans cette situation inédite, le droit doit suivre l’état de la planète. Il n’y a pas, actuellement, de voie judiciaire permettant à des individus d’agir contre CS ou la Suisse pour se défendre. »

Satisfaits du jugement de première instance, le Ministère public et l’avocate de CS ont ramené le débat sur la question du dommage à la propriété. Pour la procureure, le tribunal n’a pas à se prononcer sur la politique climatique. Surtout, d’autres moyens licites permettent d’alerter l’opinion publique. De son côté, CS maintient être sensible à la cause climatique. Le verdict sera rendu plus tard.

« Je ne suis pas fier de cette action de désobéissance civile. Mais tout ce qui a été fait dans le cadre du droit n’a pas donné de résultats », a déclaré en substance le prévenu au terme de l’audience. Selon lui, « nos civilisations doivent prendre un tournant drastique. »

Nouvelles amendes

Avant l’audience, une trentaine de militants pro-climat ont manifesté leur soutien au prévenu devant le Palais de justice. Les activistes ont dénoncé la politique d’investissement dans les énergies fossiles de CS: la banque joue un rôle majeur dans l’exploitation du pétrole en Amazonie et participe à un projet de sécurisation d’un gigantesque gisement de gaz au Mozambique.

L’organisatrice de l’action recevra une contravention, a indiqué le porte-parole de la police genevoise. Seules cinq personnes avaient été autorisées à se rendre au pied des marches du Palais de justice. Les conditions posées par la police n’ayant pas été respectées, une sanction suivra.

Avec ATS Keystone.

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Le Covid-19 a eu raison des Automnales

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(KEYSTONE/Yannick Bailly)

Il n’y aura pas de grande foire, cette année, à Palexpo. Les Automnales sont annulées. La faute à la situation sanitaire qui s’est rapidement dégradée, cette semaine, et les mesures prises ensuite par les autorités pour limiter la propagation du virus, indiquent les organisateurs dans un communiqué diffusé ce mercredi. Ils précisent que la santé des visiteurs restent la priorité absolue. Les Automnales devaient normalement se tenir du 13 au 22 novembre. 410 exposants étaient attendus. L’année passée, la manifestation avait attiré plus de 162’000 visiteurs en dix jours.

 

 

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Un comité genevois se mobilise contre le commerce de guerre

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KEYSTONE/Ennio Leanza

Le comité unitaire genevois « Oui à l’initiative contre le commerce de guerre » a lancé ce matin sa campagne. En votation le 29 novembre, l’initiative contre le commerce de guerre vise à interdire à la BNS et aux caisses de pension de financer des entreprises productrices de matériel de guerre. Co-lancée par le GSsA et les Jeunes Verts cette initiative bénéficie du soutien de plus de 40 organisations.

L’argent suisse ne doit pas être investi dans les armes et les guerres. Sous le slogan « L’argent suisse tue ! »,  le comité unitaire genevois en faveur de l’initiative contre le commerce de guerre a lancé ce matin sa campagne. En votation le 29 novembre, l’initiative vise à interdire à la BNS et aux caisses de pension de financer des entreprises productrices de matériel de guerre. Concrètement, le comité souhaite leur interdire de financer les entreprises réalisant plus de 5% de leur chiffre d’affaires annuel avec ce matériel. Les précisions de Delphine Klopfenstein Broggini, conseillère nationale et présidente des Verts Genève.

Delphine Klopfenstein Broggini Conseillère nationale et présidente des Verts Genève

La place financière suisse est l’une des plus influentes au monde, environ 25% de la fortune mondiale y est gérée.

Cadre légal insuffisant

Selon le comité unitaire, le cadre légal actuel sur la question n’est pas satisfaisant.la loi fédérale interdit le financement direct et indirect de matériel de guerre prohibé tel que les armes atomiques, chimiques et biologiques ainsi que les armes à sous-munitions et les mines antipersonnel. Sauf que selon les initiants cette disposition n’a en réalité aucune portée directe. Car il faut prouver que les financements indirects ont été réalisés afin de contourner un financement direct et une telle intention est pratiquement impossible à prouver. Les précisions de Delphine Klopfenstein Broggini.



Delphine Klopfenstein Broggini Conseillère nationale et présidente des Verts Genève

 

Redorer l’image de la Suisse

Selon les initiants la position actuelle de la Suisse nuit à l’image de la Confédération. Ils estiment que de tels financements sont contraires à la neutralité que promeut la Confédération à l’international. Les détails de Delphine Klopfenstein Broggini.

Delphine Klopfenstein Broggini Conseillère nationale et présidente des Verts Genève

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Le port du masque est étendu au niveau fédéral à l’intérieur et à l’extérieur

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KEYSTONE/Martial Trezzini

Le port du masque sera imposé à l’extérieur, dans les endroits à forte fréquentation comme les terrasses de restaurants, les abords de magasins ou les marchés de Noël. Autre mesures: discothèques et boîtes de nuit closes, tables de quatre dans les restaurants et les bars, manifestations de plus de 50 personnes interdites. Le Conseil fédéral a également changé ses critères dans son classement des pays à risques. Les mesures entrent en vigueur jeudi pour une durée indéterminée.

Depuis le 19 octobre, le port du masque est obligatoire dans tous les espaces publics clos, quais de gares, arrêts de bus et aéroports inclus. Désormais, il faudra s’équiper partout où la distance de précaution ne peut pas être tenue, à l’intérieur comme à l’extérieur. Cela concerne les zones piétonnes très fréquentées, les espaces extérieurs d’installations et d’établissements de type magasins, théâtres, cinémas, salles de concert, restaurants, bars ainsi que sur les marchés et les marchés de Noël.

Le masque sera aussi obligatoire dans les écoles du niveau secondaire II, soit le niveau qui succède à l’école obligatoire. Il sera aussi de mise partout au travail, sauf là où les distances peuvent être respectées ou dans les bureaux individuels. Le télétravail doit être privilégié par les employeurs. La protection des collaborateurs doit être assurée. Les enfants de moins de 12 ans sont exemptés. Tout comme les personnes qui peuvent invoquer des raisons médicales. Les clients de restaurants et de bars peuvent l’enlever une fois assis. Plusieurs cantons avaient déjà pris les devants la semaine passée.

Discos fermées et restrictions pour les restaurants dès jeudi

Les tenanciers de discothèques, boîtes de nuit et autres lieux de danse de toute la Suisse devront fermer les portes de leurs établissements. Le risque élevé de propagation du virus est particulièrement élevé dans ces endroits, estime mercredi le gouvernement. Les restaurants et les bars devront arrêter leur service de 23h00 à 6h00. Seules quatre personnes pourront se regrouper par table, mais une exception sera faite aux familles avec enfants.

Les réunions de famille ou entre amis dans le cercle privé seront limitées à dix personnes, en raison du nombre élevé de contaminations dans ce cadre. Les manifestations de plus de 50 personnes ne sont plus autorisées qu’il s’agisse d’activités sportives, culturelles, religieuses ou autre. En revanche, les assemblées parlementaires et communales pourront avoir lieu. Les manifestations politiques et les récoltes de signatures pour des référendums ou des initiatives sont possibles, selon les mesures de protection déjà en vigueur.

Exceptions pour les professionnels

Les activités sportives et culturelles non professionnelles ayant lieu à l’intérieur sont limitées à quinze personnes. Les distances et le port du masque devront être respectés. Dans les grandes halles, le masque n’est pas obligatoire si la distance est garantie. Les sports de contact sont interdits. Ces règles prévalent à partir de 16 ans.

Chez les professionnels, les sportifs pourront continuer leurs entraînements et leurs compétitions, les artistes professionnels leurs répétitions et leurs représentations. Les chorales d’amateurs ne pourront plus répéter, contrairement aux professionnels. L’enseignement dans les universités et autres hautes écoles se fera à distance dès le 2 novembre. Les leçons dans les écoles obligatoires et le secondaire II (gymnases et écoles professionnelles) pourront se donner en présentiel.

Avec d’autres critères, seuls quatre pays sont considérés à risques

La Belgique, la République tchèque, Andorre et l’Arménie: le Conseil fédéral ne classe plus que ces quatre pays ainsi que trois zones en France comme régions à risques en lien avec le coronavirus. Le gouvernement a changé ses critères. La nouvelle ordonnance entrera en vigueur jeudi. Seules les personnes entrant en Suisse en provenance de ces quatre pays devront effectuer une quarantaine de dix jours. En France sont concernés les régions des Hauts-de-France et de l’ÎIe de France ainsi que le territoire d’outre-mer de la Polynésie française. Mercredi matin, 12’099 personnes se trouvaient en quarantaine après être arrivées en Suisse. Toujours mercredi, la liste des zones à risques comprend plus de soixante pays et de nombreuses régions dans les pays voisins.

Nouvelle règle

Au vu de l’explosion des cas en Suisse, le Conseil fédéral a décidé de changer ses critères. Auparavant, la règle était qu’un pays avec plus de 60 nouvelles infections pour 100’000 habitants au cours des 14 derniers jours se trouvait sur la liste, avec des exceptions pour les zones frontalières. Selon la nouvelle ordonnance figurent sur la liste seulement les pays ou les régions dont l’indice sur 14 jours pour 100’000 habitants est supérieur de plus de 60 à celle de la Suisse. D’après l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), la valeur actuelle de près de 763 cas par 100’000 habitants en Suisse est largement supérieure à celle d’autres pays. Le ministre de la santé Alain Berset avait déclaré la semaine dernière qu’il n’était pas logique de mettre sur la liste des pays et des régions qui comptent en comparaison moins d’infections que la Suisse.

ATS avec MH

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Pierre Maudet perd provisoirement son département au Conseil d’Etat genevois

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Pierre Maudet perd son département, soumis à un audit

Le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet perd provisoirement son Département du développement économique. En cause: un rapport intermédiaire le mettant en cause dans des problèmes organisationnels, managériaux et relationnels.

« Cette mesure d’urgence a été prise au vu de la gravité des faits constatés par l’experte externe. L’exécutif, qui est l’employeur, a le devoir de protéger la santé de tous les collaborateurs », a déclaré mercredi devant les médias la présidente du Conseil d’Etat Anne Emery-Torracinta.

L’expertise a été lancée en raison de la hausse constante et significative du taux d’absence au sein de la direction générale du développement économique, de la recherche et de l’innovation, comme l’a révélé mercredi la RTS. Ce taux a augmenté de 13% entre mai 2019 et avril 2020, déclenchant la mise en œuvre du processus d’expertise par l’Office du personnel de l’Etat.

Seul Pierre Maudet s’est opposé à cette décision. « Cette décision me semble injustifiée et prématurée. Elle peut apparaître comme une cabale », a fait savoir Pierre Maudet, qui déplore le fait de ne pas avoir été entendu par l’experte. Il entend attendre jeudi pour communiquer davantage sur cette situation.

La responsabilité du Département du développement économique a été transférée de Pierre Maudet à Nathalie Fontanet, conseillère d’État responsable des Finances.
Avec ATS Keystone.

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Didier Pittet: “Je lance un appel pour une Europe de la santé!”

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Faut-il une Europe de la Santé? Oui, selon Didier Pittet.
Le Professeur, chef du Service de prévention et contrôle de l’infection aux Hôpitaux universitaires de Genève, vient de publier “Vaincre les épidémies” avec Thierry Crouzet. Un journal de bord qui retrace les six premiers mois de l’année vécus par l’épidémiologiste. Selon lui, cette pandémie doit pousser les autorités mais aussi les patients à s’interroger sur le monde d’après. C’est l’une des réflexions dont il a fait part à Benjamin Smadja et Laurie Selli dans un long entretien.

 

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