Le groupe d’assurance Vaudoise à Lausanne vient de communiquer sur ses bonnes performances en tant qu’employeur. Avec un prix spécial pour les avantages sociaux accordés au personnel.
Oui, il s’agit du classement annuel des meilleurs employeurs par le magazine Bilan. Et Vaudoise Assurances est un habitué des premières places. Selon des critères comme les niveaux de rémunération, l’aménagement du temps de travail ou l’égalité sarariale.
Ce genre de classement se pratique beaucoup dans le monde. Mais c’est parfois controversé, non ?
Oui, parce que ça n’inclut pas d’enquête de satisfaction auprès du personnel. Alors ça peut faire mauvais genre quand les employés s’étonnent publiquement de trouver leur entreprise parmi les meilleurs employeurs. A ma connaissance, ce n’est jamais arrivé avec les classements de Bilan. Et Vaudoise n’a vraiment pas le profil de l’employeur faussement modèle.
Surtout qu’il s’agit d’une entreprise qui a gardé un fort caractère mutualiste.
Oui, et ce classement est l’occasion de dire quelques mots sur l’étonnant succès de cette compagnie régionale plus que centenaire. Comme il en a existé d’autres jusque dans les années 90. Genevoise Assurances par exemple, reprise à l’époque par la multinationale Zurich. Alors Vaudoise n’est plus formellement une coopérative. Mais elle est en fait contrôlée à plus de 90% par la holding Mutuelle Vaudoise. Qui elle est une coopérative.
C’est ce qui lui a permis de rester indépendante ?
Probablement. Et même de se développer à l’échelle suisse. C’est en fait la seule compagnie d’assurance encore basée en Suisse romande. On ne parle pas bien sûr des assurances maladies ou des fondations de prévoyance. Vaudoise, c’est un généraliste, très profilé par exemple dans les assurances de l’automobile. Et un tiers des primes encaissées viennent aujourd’hui de Suisse alémanique.
Ah bon ? Et comment fait-on pour s’imposer en Suisse alémanique quand on s’appelle Vaudoise ? Dans les assurances en plus ?
Eh bien il faut croire que le service est plutôt bon. Et puis il y a cette dimension coopérative encore une fois. Une partie du public est de plus en plus sensible à cela. Plutôt que des dividendes à des actionnaires extérieurs, la compagnie reverse chaque année une partie de ses bénéfices à ses assurés. Sous forme de déductions de primes. L’an dernier, Vaudoise a ainsi ristourné 38 millions de francs. Pour 127 millions de marge nette. Ce n’est pas rien.
Et que fait-elle du reste ? Des bénéfices accumulés d’année en année ?
Elle constitue d’importantes réserves, de différentes manières. Ce qui est aussi assez rassurant pour une compagnie d’assurance. Et puis Vaudoise investit. Le président de la direction va se retirer l’an prochain pour raison d’âge. Il a donné il y a quelques mois une grande interview sur l’avenir de l’activité d’assurance dans la révolution numérique. Sa lucidité et sa connaissance du dossier ont impressionné. Vaudoise suit tout ce qui se fait et tout ce qui se dit dans le monde à ce sujet. Elle participe aussi à des développements du côté des start-up.