Ringier présente un bénéfice opérationnel stable pour 2025, le deuxième meilleur en dix ans. La rentabilité du groupe de presse a même atteint un record absolu, malgré une baisse du chiffre d'affaires de 4,7%. L'essentiel de ses revenus provient des annonces en ligne.
L'an dernier, 83% du résultat opérationnel (EBITDA) de Ringier ont été générés par les activités numériques, marchés en ligne (emplois logements, tickets, voitures et objets d'occasion notamment) en tête. Les médias du groupe, dont font partie Blick ou L'Illustré, ne pèsent plus que 20 à 25% de ce résultat, a évalué son directeur général Marc Walder aux médias réunis mardi à Zurich.
Au final, l'EBITDA de l'entreprise du groupe de presse Ringier a légèrement augmenté de 1,3% par rapport à 2024, à 120,3 millions de francs. "Nous sommes satisfaits, ce résultat confirme que nous sommes sur la bonne voie face aux bouleversements sur le marché des médias", a souligné Marc Walder.
Le Blick romand poursuit sa progression
Le chiffre d'affaires a, certes, fléchi à 762,4 millions, mais la marge d'EBITDA, soit le ratio mesurant la rentabilité opérationnelle en pourcentage du chiffre d'affaires, a atteint un niveau record de 15,8%, contre 14,8% l'année précédente. La baisse du chiffre d'affaires résulte principalement de la fermeture de l'imprimerie Swissprinters, fin 2024 à Zofingue (AG), sur le site d'origine de Ringier. La vente des titres hongrois du groupe l'explique aussi.
En Suisse romande, la version francophone du Blick va fêter prochainement ses cinq ans d'existence. Le nombre de ses lecteurs en ligne atteint actuellement près de 110'000 personnes par jour, soit 20'000 de plus qu'il y a un an, précise Ringier à Keystone-ATS. Marc Walder se dit satisfait de l'évolution du Blick romand, même s'il reste financé exclusivement par la publicité, en l'absence d'abonnements.
A l'étranger, le groupe gère des médias et des activités commerciales en Europe de l'est principalement, mais aussi en Afrique. Environ 43% de son chiffre d'affaires est réalisé hors des frontières suisses. L'entreprise compte 5500 collaborateurs au total.
Entrée en bourse fructueuse de SMG
Par ailleurs, elle se félicite de l'entrée en bourse réussie de Swiss Marketplace Group (SMG) Holding, en septembre dernier. Avec capitalisation de 4,5 milliards de francs, il s'agit d'une des plus grandes introductions boursières en Europe l'année dernière. Ringier y a cédé une part de 10% dans SMG et en garde encore 20%.
Les effets de ce lancement ne sont pas inclus dans l'EBITDA de 2025. "Si on les avait inclus, il s'agirait d'une année record absolue pour nous", souligne Marc Walder. Principalement détenue par TX Group, Ringier, la Mobilière et General Atlantic, SMG regroupe une vingtaine de sites de vente ou d'annonces en ligne dont Homegate, Ricardo ou Autoscout24.
L'IA: incontournable et "voleuse"
L'an dernier, Ringier a aussi mis en oeuvre le passage de l'exploration de l'intelligence artificielle (IA) à son intégration quotidienne au sein de l'entreprise. "Celles et ceux qui utilisent l'IA dans leur travail feront partie des gagnants, les autres ne pourront s'en prendre qu'à eux-mêmes, a commenté Marc Walder.
Dans les médias, l'intelligence artificielle représente un bouleversement fondamental, comparable à celui de la révolution numérique, estime le directeur général du groupe. Elle constitue aussi un défi en matière de droits d'auteur dans le journalisme.
Les recherches effectuées avec l'IA sur des sujets d'actualité ne mentionnent qu'une source journalistique sur 7000 alors que 70% des contenus en ligne sont journalistiques, déplore Marc Walder: "C'est le plus grand vol sur Internet de tous les temps." Le directeur général de Ringier soutient la motion de la sénatrice Petra Gössi (PLR/SZ) qui exige l'achat de licences permettant d'utiliser des contenus journalistiques en tant que droits d'auteur.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats