Genève va devoir construire plus de logements en coopérative. L'initiative du Groupement des coopératives d'habitation genevoises (GCHG), qui demande un socle de 10%, est acceptée dimanche en votation par 60,42% des voix.
"Ce résultat est inespéré, c'est une victoire de la coopération sur la spéculation", s'est réjoui Christophe Brunet, vice-président du GCHG. Christophe Aumeunier, secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière, n'est pas surpris, au vu de la pénurie de logements à Genève, la pire de Suisse: "Tout le monde veut plus de logements, quel que soit le type." Le taux de participation s'est élevé à 41,82%.
Soutenu par le gouvernement, le texte "Pour + de logements en coopérative" oblige maintenant le canton à ce que 10% du parc de logements soit détenu par des coopératives d'habitation d'ici à 2030, soit le double du taux actuel. "Un objectif raisonnable, étant donné que Zurich a déjà atteint les 20%", a affirmé le conseiller d'Etat Antonio Hodgers dimanche après-midi devant les médias.
Selon le chef du Département du territoire, l'argument principal qui a convaincu est le prix des logements que fournissent les coopératives, en les retirant du marché spéculatif. Les loyers y sont fixés pour couvrir seulement les coûts réels, sans enrichir de propriétaire. A Genève, ils sont environ 40% moins chers que sur le marché libre.
"Délai irréaliste"
Christophe Aumeunier prédit en revanche que l'initiative ne va rien donner: "Elle vise une catégorie de personnes qui est incapable d'acheter des parts sociales." Pour lui, la problématique du manque de logements se situe dans le défaut de planification du canton en matière de constructions: "Dans trois ou quatre ans, il n'y aura plus de terrains."
Opposée à l'initiative, la droite avait qualifié ses moyens et objectifs d'arbitraire et d'irréalistes. Antonio Hodgers a admis qu'un bémol restait à ce texte: "Le délai parait complètement irréaliste". Si les 10% ne sont pas atteints d'ici 2030, le canton devra proposer un nouveau plan de développement.
Pour parvenir au socle de 10%, l'Etat pourra utiliser les droits de préemption et d'expropriation, ce que la droite critiquait pendant la campagne. Ces bases légales existent déjà, mais seront élargies pour être utilisées dans ce contexte. Selon Hodgers, la ligne du Conseil d'Etat reste la même: cette disposition existe, mais est et sera utilisée à "l'ultima ratio", en dernier recours.
Avec Keystone-ATS