A Genève, près de deux adultes sur trois possèdent une nationalité étrangère, selon l’Office fédéral de la statistique. Cette proportion inclut les personnes de nationalité étrangère uniquement, mais aussi les nombreux binationaux, de plus en plus présents, surtout parmi les jeunes.
La population adulte du canton de Genève se distingue par une diversité nationale marquée: deux tiers des résidents âgés de 15 ans ou plus possèdent une nationalité étrangère, selon les dernières données agrégées de l’Office fédéral de la statistique (OFS), couvrant la période 2019 à 2023. Ce constat confirme la singularité genevoise dans le paysage suisse.
D’après le relevé structurel de l’OFS, qui exclut les diplomates et fonctionnaires internationaux, la répartition des nationalités chez les résidents adultes genevois se décline ainsi:
33 % possèdent uniquement la nationalité suisse;
30 % sont binationaux, c’est-à-dire suisses et détenteurs d’au moins une autre nationalité;
37 % sont exclusivement de nationalité étrangère.
Autrement dit, 67 % de la population adulte à Genève est concernée par une appartenance étrangère, un chiffre exceptionnel à l’échelle nationale.
Les jeunes Genevois de plus en plus binationaux
Le phénomène de la double nationalité touche particulièrement les jeunes générations. Parmi les Suisses de 15 à 24 ans, plus de la moitié (56 %) sont binationaux, contre seulement 32 % chez les 65 ans et plus. Cette évolution s’explique notamment par une plus grande fréquence des couples mixtes ainsi que des naturalisations facilitées pour les enfants d’étrangers nés ou élevés en Suisse.
La double nationalité est autorisée sans restriction depuis 1992. Les personnes naturalisées n’ont donc plus l’obligation de renoncer à leur nationalité d’origine.
Un lien fort avec les pays voisins
Les combinaisons de nationalités les plus fréquentes à Genève reflètent les vagues migratoires anciennes et les proximités géographiques. Les binationaux suisses et français sont les plus nombreux (26 % des binationaux), devant les personnes uniquement françaises (17 %). Ce schéma se répète pour les binationaux suisses et italiens (17 % contre 10 % pour les seuls Italiens) et suisses et espagnols (9 % contre 8 %).
À l’inverse, certaines communautés présentent une proportion moindre de binationaux, en raison d’une immigration plus récente. C’est le cas des Portugais (9 % de binationaux contre 15 % de Portugais uniquement) et des Kosovars (2 % contre 3 %).
Avec IA