Septante-deux ans plus tard, la Suisse retrouve les quarts de finale du Mondial! Elle a éliminé la Colombie aux tirs au but au terme d'un match irrespirable (0-0, 4-3 tab), mardi à Vancouver.
En marquant le penalty décisif, Ruben Vargas a propulsé la troupe de Murat Yakin en quart de finale du Mondial pour la première fois depuis 1954. Elle y affrontera l'Argentine de Lionel Messi samedi à Kansas City (dimanche à 3h00 en Suisse). Gregor Kobel a été l'autre héros de la séance de tirs au but en détournant l'essai de Cucho Fernandez. Et contrairement à l'Euro 2021 (contre l'Espagne) et l'Euro 2024 (contre l'Angleterre), le raté de Manuel Akanji a été cette fois sans conséquence.
Tout comme la blessure de Johan Manzambi, touché au genou lundi à l'entraînement, et qui a été aperçu à son arrivée au stade avec une réplique en briques du trophée de la Coupe du monde. Le Genevois a vraiment manqué à ses coéquipiers, tendus comme rarement mais tellement solides (quel match de Nico Elvedi) et un brin chanceux face à des Colombiens parfois maladroits.
Jashari remplacé à la mi-temps
L'absence de Manzambi s'est fait ressentir dès le coup d'envoi à Vancouver. Sans son détonateur, la Suisse a eu beaucoup de peine à amener le danger dans la surface colombienne. Il n'est pas interdit de penser que le match aurait épousé un tout autre scénario si le phénomène genevois ne s'était pas blessé à J-1.
Ardon Jashari, choisi par Murat Yakin pour le remplacer, n'a pas trouvé sa place dans le onze, perdu entre la paire Xhaka-Freuler et l'attaque helvétique. Il a logiquement cédé sa place à Djibril Sow à la mi-temps après avoir pratiquement raté tout ce qu'il a entrepris dans les 45 premières minutes.
Même si elle n'a pas été mise grandement en danger - hormis une frappe de Gustavo Puerta bien détournée par Gregor Kobel (21e) -, la Suisse a semblé déréglée. Au point d'en être agacée, comme Granit Xhaka qui a passé sa frustration sur une bouteille lors de la première pause fraîcheur. Le capitaine, mis sous pression par les milieux colombiens, n'avait pas son influence habituelle.
Cela a eu le mérite de produire une étincelle offensive. Profitant d'un contre favorable, Fabian Rieder (aligné à place de Ruben Vargas) s'est retrouvé en position idéale mais sa tentative a été détournée par Camilo Vargas (30e). Deux minutes plus tard, c'est Dan Ndoye qui forçait le portier colombien à se coucher sur une frappe du pied gauche.
Tension à son comble
Le changement Sow pour Jashari à la mi-temps a rapidement fait son effet et l'entrant s'est procuré une belle occasion après un bon travail de Ndoye sur la gauche. Légèrement en retard, il a toutefois envoyé sa reprise loin du cadre (47e). Puis ce fut à Rieder de faire trembler le filet extérieur sur un coup-franc frappé directement (53e).
La tension est inévitablement allée crescendo dans un stade très largement acquis à la cause colombienne et les Suisses ont semblé plus fébriles, à l'image de cette perte de balle de Xhaka qui a failli profiter à Luis Suarez à la 63e.
A l'approche des prolongations, la rencontre s'est cadenassée alors que les deux nations cherchaient à retrouver les quarts de finale pour la première fois depuis 2014 (Colombie) et 1954 (Suisse). Les Helvètes se sont juste procuré une dernière occasion avant la fin du temps réglementaire par Ndoye, avant que le Vaudois ne cède sa place à Ruben Vargas (90e+1).
Kobel sauvé par sa barre
Avec un onze à moitié remanié (Itten a remplacé Embolo, Muheim et Widmer sont entrés pour Rodriguez et Zakaria), la Suisse s'est fait une immense frayeur à la 99e lorsque Jhon Lucumi a trouvé la barre transversale sur un corner. Puis Kobel a dû s'employer pour détourner une frappe lointaine mais cadrée de Jaminton Campaz (101e).
Acculée, la troupe de Yakin a malgré tout réagi et le héros a bien failli être Zeki Amdouni, dernier entrant côté suisse. Le Genevois s'est offert une énorme occasion au point de penalty mais le gardien colombien a été à son tour décisif (104e).
Comme en 2006 face à l'Ukraine, il a donc fallu passer par les tirs au but, mais ceux-ci ont cette fois souri à l'équipe de Suisse: Xhaka, Amdouni, Itten et Vargas n'ont pas failli. Après cinq éliminations en 8es dans la plus grande des compétitions (1994, 2006, 2014, 2018, 2022), elle s'apprête à regoûter enfin aux joies du top 8.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats