Le procès d'un homme accusé d'avoir assassiné sa compagne s'est ouvert lundi matin devant le Tribunal criminel de Genève. Le prévenu est poursuivi pour l'avoir sodomisée violemment, avec son poing ou un objet, entraînant une hémorragie mortelle.
L'affaire se passe sur fond de disputes virulentes, de jalousie, de différents financiers et de consommation d'alcool. Après des heures passées à boire ce 24 mars 2023, la victime, âgée de 41 ans, va faire une sieste. Selon l'accusation, son compagnon lui inflige alors une pénétration anale avec son poing ou une bouteille sur lesquels des traces de matières fécales ont été retrouvées.
Plusieurs lésions internes profondes causent une hémorragie immédiate et massive. Devant le tribunal, le prévenu a déclaré avoir pensé que sa compagne avait ses règles, souvent abondantes. Il a nettoyé le sang et tardé à appeler les secours. La victime est morte après cinq à quinze minutes d'agonie. "Je ne sais pas ce qui s'est passé, encore aujourd'hui", a affirmé le quadragénaire.
"Un accident"
"Avez-vous une attirance sexuelle pour la sodomie?" a demandé la présidente du tribunal. "Pas vraiment", a répondu l'accusé. Or, des recherches ont été faites dans ce sens sur un smartphone qu'il utilisait, tout comme sa compagne, selon lui. Comme il se "débrouille" en lecture et écriture, il fait des recherches avec la fonction vocale. "Je n'écris pas", a-t-il précisé.
Interrogé par la présidente, le prévenu a affirmé n'avoir rien mis dans l'anus de la victime et que celle-ci ne s'est pas débattue. Un voisin a pourtant entendu des cris et "tu dois écarter les jambes, sinon je te frappe!" Egalement poursuivi pour contrainte sexuelle sur une autre femme pour un acte de sodomie, l'homme parle d'un "accident". "On a continué à se voir", a-t-il indiqué à la Cour.
"Tendance au mensonge"
Cette tendance à minimiser les faits agace visiblement la présidente qui a relevé, en début d'audience, son lourd passé pénal: plus de 20 condamnations en Suisse et en France, y compris lorsqu'il était mineur et notamment pour viol. Selon lui, "cela ne s'est pas vraiment passé comme cela, mais j'ai accepté les condamnations." "C'est sa parole contre la mienne, alors elle a raison", dira-t-il aussi.
L'expertise psychiatrique a conclu à un trouble de la personnalité, à un trouble du développement intellectuel et à une dépendance à l'alcool. Alors que la défense a relevé que le prévenu a eu beaucoup de problèmes à comprendre les questions lors de la procédure, l'avocat de la famille a insisté sur sa "tendance au mensonge" qui figure aussi dans l'expertise.
Le procès se poursuit jusqu'à mardi. Le verdict est attendu vendredi.