Discipline ultra dense, le slalom va clore le chapitre olympique alpin masculin lundi à Bormio. Loïc Meillard et Tanguy Nef ont leur chance, mais la concurrence est très relevée.
Un simple coup d'oeil au classement de la discipline rappelle combien le slalom est devenu une discipline où au moins vingt athlètes peuvent prétendre monter sur le podium. Et dans le camp suisse, il y aura quatre spécialistes qui viseront une médaille: Loïc Meillard, Tanguy Nef, Daniel Yule et Matthias Iten. Le quatuor a déjà eu la chance de pouvoir tester la piste lors de la manche du combiné par équipe brillamment enlevée par Tanguy Nef.
Auréolé de son titre de champion olympique avec Franjo von Allmen, le Genevois se présente au départ sans la moindre pression négative. Ses Jeux sont déjà pleinement réussis. Sur son nuage, celui qui n'est jamais monté sur un podium en Coupe du monde a eu besoin de retrouver du calme, comme il l'expliquait jeudi: "On est de retour à Bormio après avoir fait deux jours un peu plus tranquilles, un peu loin de cet esprit olympique et de toute cette émulation de performances, on est allé se reposer. Maintenant je suis prêt à attaquer la deuxième partie des JO."
La médaille? Un petit avantage
Après sa manche de rêve lors du slalom du combiné, Tanguy Nef a acquis un autre statut avant le slalom olympique. Les autres équipes ont dû disséquer sa manche pour voir où aller chercher les centièmes sur cette piste notée 3/10 par les spécialistes du virage court.
"De toute façon, ça sera une autre course, tempère Nef. Que ce soit par rapport à la météo ou au tracé, tout sera différent. Donc il va falloir être prêt. Et je suis convaincu qu'on est tous capables de faire quelque chose de très bien. J'avoue que le fait d'avoir une médaille me confère un petit avantage en plus, comme d'avoir déjà pu vraiment performer sur cette piste. Je dirais que les clés, elles sont là, mais il ne faut pas se reposer sur ses acquis."
Lundi dernier, Tanguy Nef a exécuté son plan à la perfection. Poussé par l'idée de ne pas décevoir Franjo von Allmen, ainsi que ses compatriotes Marco Odermatt et Loïc Meillard, le slalomeur originaire de Veyrier a mis son syndrome de l'imposteur de côté, se rappelant que cette saison il est entré six fois dans le top 10.
"Je me suis senti très bien. C'est vrai que quand il a fallu prendre de la vitesse et la garder sur le plat, tout s'est bien passé, a-t-il confié. J'ai senti que j'en avais pris énormément et qu'il fallait simplement continuer comme ça et l'amener jusqu'à l'arrivée. C'était un sentiment très spécial et qui était assez nouveau."
Meillard en confiance, Yule moins
Dans le camp suisse, Tanguy Nef n'est pas le seul atout pour une médaille. Grâce à l'argent décroché dans le combiné par équipe et au bronze en géant, Loïc Meillard affiche lui aussi une certaine décontraction avant cette dernière épreuve. Lors de la manche de slalom lundi dernier, le Valaisan aux origines neuchâteloises a mis un peu trop de pression dans ses prises de carres comme le disait l'entraîneur Thierry Meynet après la course. Mais le champion du monde de la spécialité sait skier en douceur.
Ce devrait être l'une des clefs sur un parcours peu pentu où la moindre perte de vitesse risque d'être rédhibitoire. 11e à Gurgl et 12e à Kitzbühel, Daniel Yule n'affiche pas la même confiance que ses deux coéquipiers. Le skieur du Val Ferret, qui participe à ses quatrièmes JO, aime généralement les pistes verglacées avec de la déclivité. Il sait qu'il n'aura pas cela à Bormio.
"Ce n'est pas la piste qui me fait le plus rêver, c'est sûr, avoue-t-il. Après je pense que si l'on veut espérer être le meilleur du monde, champion du monde ou champion olympique, on doit être capable de skier partout et dans toutes les conditions. Le plus méritant gagnera. Dans ma carrière, je n'ai jamais participé à une course où ce n'est pas le meilleur qui a gagné."
Parmi les favoris, on peut notamment citer les Norvégiens Kristoffersen, McGrath et Haugan, de même que Lucas Pinheiro Braathen après son titre en géant, sans oublier les Français Noël, détenteur du titre, et Rassat. Mais d'autres athlètes auront leur chance. Même le quatrième Suisse au départ, Matthias Iten avec sa 6e place à Wengen et sa 10e à Val d'Isère.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats