Le géant espagnol des télécommunications Telefónica, engagé dans un important virage stratégique, a annoncé mardi avoir subi une perte nette sèche de 4,32 milliards d'euros (3,95 milliards de francs) en 2025.
Cela, en raison principalement du coût d'un plan social et de la vente de filiales en Amérique latine, d'où le groupe cherche à se désengager.
"Le groupe a enregistré un résultat net négatif de 4,32 milliards d'euros en 2025, provenant de facteurs non récurrents dans les activités, tels que les coûts de restructuration ou la dépréciation de certains actifs, ainsi que de l'impact des cessions en Amérique latine", a expliqué Telefónica dans un communiqué.
Dans le détail, ces "facteurs non récurrents", en premier lieu l'important plan social validé fin décembre avec les syndicats prévoyant environ 5000 suppressions de postes, ont pesé pour 2,05 milliards d'euros de perte l'an passé, a précisé Telefónica.
A l'annonce de cette "restructuration", le gouvernement central de gauche à Madrid s'était dit "en profond désaccord" avec une décision jugée "inadmissible".
La cession de ses filiales en Argentine, au Pérou, en Uruguay et en Équateur, a, elle, entraîné des pertes de l'ordre de 2,27 milliards d'euros, a affirmé mardi Telefónica.
"Nous avons pris des décisions difficiles mais nécessaires pour être plus forts et croître plus rapidement", a assuré son président Marc Murtra, cité dans le communiqué.
Le géant des télécommunications s'est par ailleurs félicité de "la dynamique" observée au quatrième trimestre 2025, ayant permis de voir son chiffre d'affaires sur l'ensemble de l'année augmenter de 1,5% par rapport à 2024, à 35,12 milliards d'euros.
L'opérateur espagnol, qui ambitionne de devenir un acteur majeur de la tech européenne dans les prochaines années, avait annoncé en novembre prévoir des économies totales pouvant atteindre 2,8 milliards d'euros en 2028 et 3 milliards en 2030, sous la houlette de Marc Murtra, devenu son président en janvier 2025, après avoir été patron du groupe de défense Indra.
Dans ce contexte difficile, Telefónica, privatisée en 1997 mais encore détenue à 10% par l'Etat espagnol, est engagé dans un important virage stratégique visant à se recentrer sur ses quatre principaux marchés (Espagne, Allemagne, Royaume-Uni et Brésil).
Après la clôture de l'exercice 2025, Telefónica a annoncé le 10 février avoir conclu la vente de sa filiale au Chili pour un montant de 1,03 milliards d'euros, poursuivant ainsi son désengagement d'Amérique latine, autrefois l'un de ses marchés préférentiels, mais où il est confronté à une concurrence féroce et des pertes de marchés.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp