Le chemsex, soit la consommation de drogues dans un contexte sexuel, fait l’objet d’une attention croissante à Genève. Les HUG ont ouvert une consultation dédiée à cette problématique. Car si cette pratique peut être vécue comme positive par certains, les risques sont réels : addiction, infections et impacts sur la santé sexuelle. Yvan, 42 ans, a pratiqué le chemsex pendant trois ans. Il lui a fallu plusieurs mois pour arrêter.
Le chemsex consiste à consommer des drogues lors de rapports sexuels, avec l’idée de se sentir plus performant, plus désinhibé et d’intensifier les sensations.
Avoir des relations sexuelles sous l’effet de substances psychoactives n’a rien de nouveau. L’alcool en est l’exemple le plus courant. Mais le chemsex s’inscrit dans un cadre particulier, avec des produits et des usages spécifiques. Le Docteur Matteo Reymond, médecin au service des maladies infectieuses dans l’unité VIH des Hôpitaux universitaires de Genève, rappelle que cette pratique repose sur des substances bien identifiées et des dynamiques propres.
Si plus de la moitié des personnes qui pratiquent le chemsex disent le vivre positivement, les risques existent: overdoses, pertes de contrôle, rapports non protégés, infections sexuellement transmissibles, dépendance, sans oublier les conséquences psychiques et sociales.
"On prévoit un premier rendez-vous d'évaluation qui permet de discuter de la consommation, des habitudes, des enjeux et des attentes. Et en fonction de cette première évaluation, on va redistribuer vers les spécialistes adéquats."
La nouvelle consultation des Hôpitaux universitaires de Genève propose une prise en charge personnalisée, non jugeante et remboursée par l’assurance maladie LAMAL. Entre 1’500 et 4’000 personnes pourraient être concernées dans le canton de Genève.
"C'est important d'avoir des professionnels qui peuvent prendre en charge ces différents risques avec une connaissance spécifique des enjeux du chemsex."
Yvan, 42 ans, a pratiqué le chemsex pendant trois ans. Il consommait des drogues lors de ses rapports sexuels. Après avoir pris conscience des dangers encourus, il lui a fallu plusieurs mois pour arrêter. Aujourd’hui, il est abstinent.
"Vous êtes mal pendant plusieurs jours et professionnellement et socialement, c'est difficile de tenir ses engagements"
Yvan est accompagné par le centre de santé communautaire Checkpoint Genève, qui propose depuis 2019 une offre d’accompagnement spécifique. Il salue également l’ouverture de cette consultation aux Hôpitaux universitaires de Genève, qu’il voit comme un complément nécessaire: plus les portes d’entrée sont nombreuses, plus il est possible de demander de l’aide.