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6 minutes avec Nathalie Fontanet, conseillère d'Etat, chargée des finances

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Baisse d'impôts ou pas? C'est ce dont vont décider les Genevois, le 24 novembre prochain. Une baisse de 8,7%, en moyenne, portée par le Conseil d'Etat. Sa présidente, chargée des finances, Nathalie Fontanet, était invitée de Béatrice Rul, à 7h30, sur Radio Lac.

Vous êtes à la baguette de cette baisse fiscale de 8,7%, en moyenne. Une mesure qui va coûter 326 millions de francs aux finances cantonales. Pour une grande argentière, faire baisser les revenus cantonales, ce n’est pas un peu antinomique?

Non je ne pense pas. C'était une décision du gouvernement dans le cadre du programme de législature. On a eu plusieurs années avec des comptes extrêmement bénéficiaires et l'on souhaitait rendre un peu de marge de manœuvre à la population en baissant l'impôt des personnes physiques, donc l'impôt sur le revenu.

"Pour les classes moyennes, la baisse d'impôts ira jusqu'à 11,4%"

Une baisse d’impôt qui concerne aussi les très hauts revenus. Pour les près de 580 contribuables mariés ayant entre 1 et 2 millions, c’est moins 15’360 francs d’impôts. Pour ceux ayant plus de deux millions, plus de 67’800 francs. Ces ménages là ont-ils vraiment besoin d’une baisse d’impôts?

Nous avons fait une baisse d'impôt qui est dégressive Pour les classes moyennes, elle ira jusqu'à 11,4%. Pour les très hauts revenus elle n'ira pas plus haut que 5,3%.

Pour les très haut revenu, cette baisse peut aller jusqu'à 67 800 francs par mois au moins!

Sur un très haut revenu cela peut monter effectivement assez haut, mais ce qu'on a pris en compte également ce sont les comparaisons intercantonales. On a souhaité se rapprocher de ce qui se faisait aussi dans les autres cantons. Je le répète régulièrement, on a des pyramides fiscales dans notre canton qui sont inversées: on a un tout petit nombre de la population qui payent la plus grosse partie de l'impôt, que ce soit sur le revenu, sur la fortune, mais également sur le bénéfice des entreprises et on a vraiment besoin de garder aussi ces contribuables. Donc il s'agissait de faire une baisse d'impôt qui s'appliquerait à l'ensemble des personnes physiques qui payent des impôts sur le canton.

Pourquoi ne pas cibler davantage, cette baisse?

Vous estimez qu'elles n'en ont pas besoin, elles, elles estiment qu'elles payent trop d'impôts dans le canton, qu'elles en payent plus que ce qu'elles n'en paieraient ailleurs et maintenir une certaine attractivité, c'est aussi important. Nous avons 35% de la population qui ne paye pas d'impôt sur le revenu. Ça veut dire 35% des personnes qui gagnent leur vie, qui travaillent, et qui ne sont pas imposées sur le revenu. Et pourquoi elles ne sont pas imposées sur le revenu ? Elles ne sont pas imposées sur le revenu parce que nous sommes un canton très social, à Genève, en particulier pour les familles avec deux enfants. C'est important que nous puissions aussi soulager d'autres personnes de la population, que nous puissions soulager aussi ces classes moyennes, qui elles auront des baisses d'impôts jusqu'à 11,4%.

"Je ne peux pas vous dire que pendant 20 ans, on ne va pas revenir sur cette baisse d'impôts"

Ces baisses d'impôts, elles ne sont possibles  que parce que le canton a des revenus extraordinaires, basé sur un nombre restreint d'entreprises, dans un contexte bien particulier, ce qui veut dire que ça peut être très fluctuant, que peut-être dans 2-3 ans, ces entreprises n'auront pas de tels résultats, que le canton aura donc moins d'argent. Vous allez donc réaugmenter les impôts, dans ces cas là?

Dans la vie, il n'y a jamais rien qui est acquis. Je ne peux pas vous dire que pendant 20 ans, on ne va pas revenir sur cette baisse d'impôts. Je ne sais pas d'ailleurs qui pourrait vous le dire. Ce que je vous dis, c'est que ces dernières années, au vu des comptes de ces dernières années, nous avons les moyens d'octroyer une baisse d'impôts, aujourd'hui. Si dans trois ans, quatre ans, cinq ans, on se rend compte que la situation n'est plus suffisante,  il pourrait y avoir une ré-augmentation des impôts. Ce n'est évidemment pas ce qui est souhaité, ce n'est évidemment pas ce qui est envisagé. Toutes les baisses d'impôts successives que nous avons eues dans le canton, que ce soit la baisse d'impôts de 12% pour les personnes physiques en 1999, que ce soit la baisse d'impôts liées à la réforme de la fiscalité des entreprises, en 2020, toutes se sont avérées extrêmement positives pour notre économie et elles ont au contraire généré des revenus supplémentaires. Donc il ne faut pas s'arrêter au moment précis où la réforme rentre en vigueur, où effectivement on a une baisse statique, si la réforme coûte 326 millions, on va avoir 326 millions de moins de rentrées fiscales. Il faut savoir ce que les gens vont faire avec cet argent qu'ils ont pu conserver. Est-ce qu'ils vont le réinvestir dans l'économie ? Est-ce que ça va profiter au commerce ? Ce sont des vraies questions. Ce que l'on a pu voir, c'est que ces résultats sont positifs à terme.

Avec l'IA. 

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