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Cinéma & Séries TV

Les frères Zürcher et "Le moineau dans la cheminée", nommé pour 6 quartz

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Archives (© KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

C'est une image aussi simple que percutante: un moineau pris au piège dans une cheminée. Une métaphore qui encapsule toute la complexité du dernier film de Ramon Zürcher, "Le Moineau dans la cheminée". Ce huis clos familial, co-produit par son jumeau Silvan Zürcher, déploie un récit où l'identité et les vieux démons s'affrontent dans une atmosphère aussi lumineuse qu'inquiétante. Ils étaient mes invités.

Le film se déroule sur deux jours, le temps d'un anniversaire. Karen vit dans la maison de son enfance, un lieu marqué par des drames que l'on découvre peu à peu. Sa sœur Julie revient pour célébrer l'anniversaire de Markus, et ce qui commence comme une réunion chaleureuse dévoile rapidement des fissures profondes. "C'était l'idée d'opposer ce paradis estival à l'histoire sombre de cette famille", explique Ramon Zürcher. "On voulait que l'ombre et la lumière coexistent, que les tensions se révèlent progressivement".

Le défi de la mise en scène

Difficile de ranger "Le Moineau dans la cheminée" dans une catégorie unique. Drame familial, thriller psychologique, film quasi-expérimental, les frères Zürcher aiment jouer avec les genres. "Quand j'ai vu Mulholland Drive de David Lynch, j'ai été fasciné par sa capacité à changer les règles du jeu", confie le réalisateur. "J'aime cette idée qu'on croit maîtriser l'univers d'un film, puis soudain tout bascule". Une approche qui demande une précision millimétrée, tant dans l'écriture que dans la mise en scène.

Filmer une maison pleine d'invités n'est pas une mince affaire. "C'est une véritable chorégraphie", souligne Silvan, le producteur, "On passe d'une pièce à l'autre, il faut tout anticiper". Pas de répétitions avant le tournage, mais un casting minutieux, qui permet de tester la dynamique des acteurs. "Pour les scènes avec les enfants, il faut aussi faire attention à leur psychologie", précise le réalisateur. "Ils doivent comprendre la différence entre l'illusion du film et la réalité du tournage".

La surprise des nominations

Nommé six fois aux Quartz, les prix du cinéma suisse, "Le Moineau dans la cheminée" a su marquer les esprits. Meilleur film de fiction, meilleur scénario, meilleure musique de film, meilleur montage, meilleur son et meilleur second rôle, le film récolte une pluie de nominations. "On ne s'y attendait pas", avoue Ramon Zürcher. "C'est un film qui prend des risques, qui ne laisse pas indifférent". Silvan, lui, se souvient du moment où ils ont appris la nouvelle : "Il y avait une salle pleine de monde, et les nominations apparaissaient sur un écran. Quand on a vu notre nom, c'était iréel".

Entre tensions latentes et beauté trouble, "Le Moineau dans la cheminée" est un film à découvrir en salle, au cœur d'un huis clos où chaque détail compte.

Avec IA

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"L’Affaire Bojarski", l'histoire d'un faussaire fascinant

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Reda Kateb et Jean-Paul Salomé pour "L’Affaire Bojarski"

"L’Affaire Bojarski" sort ce mercredi 28 janvier dans les salles de Suisse romande. Le réalisateur Jean-Paul Salomé raconte l'histoire vraie de Jan Bojarski, interprété par Reda Kateb, un ingénieur polonais devenu faussaire de billets. 

"L’Affaire Bojarski" a été réalisé par Jean-Paul Salomé qui revient sur la vie de Jan Bojarski, un ingénieur polonais devenu faussaire de billets dans la France des années 1940.  On l’a même surnommé « le Cézanne de la fausse monnaie ». C’est donc une histoire vraie, celle Jan Bojarski, joué par Reda Kateb, un ingénieur polonais qui fabrique des faux papiers lors de la seconde guerre mondiale. Après-guerre, il devient inventeur, il a imaginé par exemple le stylo à bille. Mais problème, ses inventions sont refusées et non brevetées, car Bojarski n’a pas la nationalité française, il enchaîne les petits boulots, bref la vie n’est pas simple. Jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Et il se retrouve dans le viseur de l’inspecteur Mattei, meilleur flic de France. C’est une histoire rocambolesque. Plus le film avance, plus on se rend compte que cet homme devient un artiste, écoutez le réalisateur Jean-Paul Salomé: 

Jean-Paul Salomé
"Ce que je trouvais fascinant, c'était de faire le portrait de cet homme qui, au bout d'un moment dans sa vie de faux monnayeur, s'aperçoit qu'il prend énormément de plaisir à créer ses billets, à refaire de nouveaux billets. Il y a vraiment pris goût et à un moment donné, il a commencé à souffrir de cette absence de reconnaissance de son talent. C'est ce qui le rend extrêmement touchant aussi."

Un point de vue qui a touché celui qui l'interprète, Reda Kateb:

Reda Kateb
"Il y avait dès le début le portrait en mouvement d'un artiste et pas celui d'un gangster. Bojarski, ce n'est pas quelqu'un qui a attaqué des gens."

Retrouvez l'Interview en intégrale de Jean-Paul Salomé et Reda Kateb ci-dessous:

Jean-Paul Salomé et Reda Kateb

"L’Affaire Bojarski" avec Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon ou Pierre Lottin. A voir dans les salles de Suisse romande dès ce mercredi 28 janvier. 

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[ITW] "Gourou": quand le développement personnel devient une emprise

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Le réalisateur Yann Gozlan lors du 78th Festival du Film de Cannes, le 15 mai 2025 (EPA/CLEMENS BILAN)

Dans Gourou, le nouveau thriller de Yann Gozlan, Pierre Niney incarne un coach de vie aussi magnétique qu’inquiétant. À travers ce personnage en quête de grandeur, le film interroge les dérives d’un monde obsédé par la performance et la réussite personnelle. Rencontre avec un réalisateur qui observe une société en perte de repères.

Yann GozlanRéalisateur

Dans Gourou, Pierre Niney prête ses traits à Mathieu Vasseur, une figure montante du coaching personnel. Micro en main, posture conquérante, discours millimétré: « Il est convaincu d’aider les gens, ce n’est pas un cynique. Il se prend pour une sorte de guide, presque un sauveur », explique Yann Gozlan. Mais très vite, le masque glisse. Derrière la bienveillance affichée, le film dévoile les mécanismes d’une emprise.
Car Gourou n’est pas une satire légère: c’est un thriller psychologique à la tension grandissante, où la frontière entre motivation et manipulation s'efface.

«Ce qui m'intéressait, c'était la bascule: comment un idéaliste sincère peut devenir un fanatique»

Le choix du thème n’est pas anodin. Pour Yann Gozlan, le succès du coaching reflète une crise de confiance dans les institutions traditionnelles: politique, religion, médecine. « On est dans une société paumée. Le coaching promet des réponses simples, immédiates. Mais ce simplisme peut devenir toxique », observe-t-il.

Avant d’écrire le film, il a enquêté sur le terrain, assistant à plusieurs séminaires en France. « Je pensais que ces grands rassemblements existaient surtout aux États-Unis. Mais en fait, ce modèle s’est implanté chez nous. Et il fonctionne. J’ai vu des scènes de ferveur collective hallucinantes ».

Pierre Niney, qui est aussi à l’origine de l’idée du film, impressionne par son incarnation d’un personnage complexe, à la fois inspirant et inquiétant.

« Pierre ne joue pas un rôle, il est ce coach »

Dans les scènes de séminaire, l’acteur délivre ses monologues avec une intensité presque physique. « Il a même perdu sa voix à un moment. C’était un vrai défi pour lui, car ces scènes demandaient une énergie folle ».

Gourou suit l’ascension de Mathieu Vasseur jusqu’aux États-Unis, à Las Vegas, capitale mondiale du spectacle et de la démesure. « C’est une ville fascinante, mais aussi cauchemardesque. On y est enfermé, assourdi, aspiré par le bruit et la lumière. Parfait pour le climax du film », confie le réalisateur.

Mais le film ne repose pas que sur l’énergie de l’acteur. Il propose aussi une réflexion plus large sur la parole publique, la manipulation et l’addiction au charisme.

« Aujourd’hui, les mots ne servent plus à dire le vrai ou le faux, mais à électriser, à sidérer. C’est ce qu’on retrouve chez des figures comme Trump, par exemple »

Au fil du récit, le film glisse de la critique sociale vers une chute vertigineuse, entre délire de grandeur et perte de contrôle. Un voyage au cœur d’un système clos, où le pouvoir de la parole peut tout autant réparer... que détruire.

Avec IA

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[ITW] Patrick Timsit: "Ce film c'est surtout de la joie, et ça fait du bien"

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© Les films sur mesure / SND

Entre tendresse, humour et transmission, Patrick Timsit incarne un Père Noël inattendu dans "À la poursuite du Père Noël !", une comédie familiale chaleureuse sur grand écran, à savourer en famille pendant les fêtes. Il était mon invité, a retrouvé en vidéo ou en version longue en fin d'article.

 

Dans À la poursuite du Père Noël !, Patrick Timsit endosse le costume rouge emblématique. Mais pas question ici d’un Père Noël classique. « Je ne voulais pas jouer le Père Noël, confie-t-il. J’ai lu le scénario et j’ai compris qu’il y avait une vraie histoire, un fond, de la légèreté, un ton. Et puis, Noël, c’est un rendez-vous. »

Réalisé par James Huth (Brice de Nice), le film plonge dans un univers à mi-chemin entre  Charlie et la chocolaterie et la tradition des grandes comédies de Noël. Le village enchanté, la biscuiterie, les lumières et les décors soignés donnent au film un relief visuel rare dans le paysage francophone. « C’est un film qui n’a pas un énorme budget, mais qui fait gros budget. On est vraiment ailleurs, dans un monde à part. »

Dans le film, Patrick Timsit incarne Luigi, un Père Noël de village éphémère. Tous les jours à 17h, il prend des photos avec les enfants. Mais lorsqu’il croise la petite Zoé, 9 ans, interprétée par la prometteuse Théa De Boeck, l’aventure prend une tournure plus personnelle. Zoé veut se venger d’un camarade d’école qui lui mène la vie dure. Elle commande une sarbacane. Luigi la recadre doucement.

« Ce n’est pas avec une arme qu’on règle les choses. Tu es maligne, tu es intelligente. Ce sont tes armes. »

Une dynamique touchante s’installe entre les deux personnages. « Théa, c’est une actrice. Elle ne joue pas face à vous, elle joue avec vous. C’est là qu’on s’amuse, qu’on vit la scène. »

Une carrière sans préméditation

Connu pour ses rôles comiques et ses sketches cultes dans les années 1990, Patrick Timsit a depuis élargi sa palette. Pédale douce, La crise, Baiser caché… Autant de films qui ont marqué les esprits, notamment sur les questions d’identité, de double vie et de reconnaissance.

« Quand un jeune me dit qu’il a pu faire son coming out après avoir vu Pédale douce, je suis bouleversé. Ce sont des films qui comptent. Baiser caché aussi, qui a été traduit et piraté positivement dans des pays où l’homosexualité est condamnée. »

Pour Patrick Timsit, le rire est un moyen, pas une fin : « L’humour, c’est du sérieux. On bosse, on connaît ses textes, ses effets. Mais à l’arrivée, il faut que ça paraisse facile. Que les gens oublient tout. »

Refusant les stratégies de carrière, Patrick Timsit choisit ses projets au fil des envies et des rencontres. Il cite James Huth, mais aussi Gaël Morel, Arnaud Desplechin ou encore Disney+ avec Les Disparus de la gare.

« Il n’y a pas de plan. Je lis le scénario. Si ça me parle, je le fais. Si le réalisateur me veut, c’est sa responsabilité. Je me laisse embarquer. »

Au théâtre aussi, il continue d’émouvoir, notamment avec Le livre de ma mère d’Albert Cohen ou encore La famille de Samuel Benchetrit. « C’est la transmission, c’est ce qu’on laisse. On transpose. »

Et d’ajouter, avec le sourire: « Un film, c’est un moment qu’on vit ensemble. On rit, on sursaute, on pleure un peu. On s’évade. On lèche les vitrines, comme quand on était gosses. »

Patrick TimsitVersion longue

Avec IA

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[ITW] Entre fidélité et liberté, Ozon transpose L'étranger de Camus au cinéma

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Droits réservés FilmCoopi

Francois Ozon signe une adaptation fidèle et audacieuse du roman culte d’Albert Camus. Porté par Benjamin Voisin, le film interroge le regard, l’indifférence et le poids du contexte colonial. Il était mon invité.

Avec L’Étranger, François Ozon s’attaque à l’un des monuments de la littérature française. Publié en 1942, le roman d’Albert Camus est non seulement un classique scolaire, mais aussi le troisième livre français le plus lu au monde. Autant dire que le cinéaste s’avance sur un terrain chargé d’attentes.

« C’est un livre puissant, fort et mystérieux », confie Ozon. « Je savais qu’en l’adaptant, j’allais me confronter à l’imaginaire de tous ces lecteurs ».

Loin d’une trahison, le film choisit la fidélité dans l’esprit, tout en s’affranchissant des limites du texte. Loin du monologue intérieur, Ozon opte pour une narration sensorielle, incarnée par des comédiens qui donnent chair à des personnages jusque-là perçus comme des archétypes. Tourné en noir et blanc, le film s’ancre dans une esthétique épurée et contemplative.

Le livre est radical, le film devait l’être aussi

Francois Ozon

Plans fixes, longues séquences silencieuses, sons ciselés… Ozon revendique un style à contre-courant des formats actuels. « J’avais envie de me mettre en porte-à-faux avec ce qu’on voit aujourd’hui », ajoute-t-il, évoquant la surconsommation d’images et l’évolution de l’attention du public.  « On est complètement formatés par les séries. Mon film oblige à regarder le monde différemment ».

L’un des paris majeurs du film est de réinscrire le récit dans le contexte historique de l’Algérie coloniale, encore trop souvent édulcoré. « L’Algérie était française, on était en pleine colonisation. Il fallait montrer cette réalité, sans fard », insiste Ozon.

Le film s’ouvre d’ailleurs sur un montage d’archives sonores et visuelles d’époque. « Le discours qu’on entend est un vrai texte de propagande coloniale. Je ne l’ai pas modifié. Même la voix est d’origine », souligne-t-il. Ce choix ancre l’intrigue dans une époque précise et en révèle les tensions. « Avec le recul, on a déconstruit cette vision idéalisée. Mon film participe à cette relecture ».

Un Meursault froid et sincère

Au cœur du dispositif, Benjamin Voisin incarne Meursault avec une froideur saisissante. Un défi pour le jeune acteur, qui devait incarner sans exprimer, le réalisateur lui ayant demandé un jeu en retrait, loin des codes habituels de l’expressivité. « Un acteur est né pour jouer. Là, je lui demandais de ne pas jouer. Il a tout intériorisé », raconte Ozon. « C’est un personnage qui ne joue pas le jeu social, qui est dans le ressenti, pas dans l’expression ».

Mon principal conseil à Benjamin Voisin, c’était: tais-toi!

Francois Ozon

Autour de lui, une galerie de personnages secondaires vient offrir des contrastes d’humanité. De Salamano (Denis Lavant) à Marie Cardona (Rebecca Marder), en passant par Raymond Sintès (Pierre Lottin) ou encore l’aumônier (Swann Arlaud), chacun incarne à sa manière une facette de la condition humaine. « Tous les hommes dans cette histoire sont toxiques, note Ozon. En contrepoint, j’ai développé les personnages féminins, porteurs d’empathie ».

Pour Ozon, L’Étranger est un texte à multiples interprétations. Il évoque un récit qui « peut être relu à différentes époques, dans différents pays » et dont le sens n’est jamais figé. L’adaptation cherche ainsi à transmettre la complexité de l’œuvre, sans en proposer une lecture unique.

Cette relecture de L’Étranger est aussi une réflexion sur le sens de l’œuvre de Camus, relue par un cinéaste d’aujourd’hui. « Il y a une forme de nihilisme dans le livre, mais aussi un appel à la révolte et à la jouissance du monde », rappelle Ozon. Le choix du noir et blanc, les jeux de lumière et les silences appuyés traduisent à l’écran cette tension entre l’absurde et la beauté du réel.
Dans une dernière scène-clé, Meursault explose enfin. « Sans cette scène, je n’aurais peut-être pas fait le film », avoue Ozon. « Elle donne tout son sens au récit ».

Avec IA

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Depardieu veut faire condamner l'émission "Complément d'enquête"

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Archives (© KEYSTONE/DPA/MICHAEL KAPPELER)

L'avocat de Gérard Depardieu a accusé jeudi devant la justice française une émission de télévision d'avoir provoqué la chute de son client avec le montage d'une "déloyauté absolue" d'un reportage dans lequel l'acteur tenait des propos graveleux et sexistes, un montage fidèle aux faits, ont soutenu les journalistes.

Au coeur des débats qui se tiennent en l'absence du comédien: une séquence de moins d'une minute sur les 54 que dure l'enquête de l'émission "Complément d'enquête", "La chute de l'ogre", filmée en 2018 dans un haras en Corée du Nord lors d'un voyage à l'occasion des 70 ans du régime.

Sur ces images de la société Hikari diffusées le 7 décembre 2023 sur la chaîne publique France 2, l'acteur tient des propos de nature sexuelle au moment où une fillette à cheval passe à l'écran.

Or, affirme la défense de l'acteur et de l'écrivain Yann Moix qui participait à ce voyage, ces propos auraient concerné une femme adulte, que l'on ne voit pas à l'écran.

Les journalistes "ont truqué, tronqué, afin d'obtenir un effet sensationnel", ont été d'une "déloyauté absolue" en se livrant à un montage frauduleux destiné à faire faussement croire que le comédien sexualisait une enfant, accuse son avocat Jérémie Assous.

"Effet atomique"

Ce "Complément d'Enquête" a eu "un effet atomique sur Gérard Depardieu" en suscitant "une polémique nationale qui a tué" l'acteur professionnellement, poursuit l'avocat. Il ne travaille plus depuis, dit-il.

"C'est Gérard Depardieu qui s'est tué lui-même en se laissant filmer" tel qu'il "est décrit" par les femmes qui le mettent en cause dans le sujet, riposte le présentateur Tristan Waleckx.

Faire des montages, "ça s'appelle la télévision" et en l'espèce, celui-ci est "honnête", insiste M. Waleckx: "Sur l'ensemble des images du voyage nord-coréen, Gérard Depardieu "sexualise plusieurs fillettes". Et de manière générale, "plus d'une femme sur deux croisées" par l'acteur sur ces images en Corée du Nord "étaient l'objet de propos graveleux", a-t-il ajouté.

"J'ai fait un montage absolument fidèle", renchérit le réalisateur Damien Fleurette.

A Me Assous, qui décèle une volonté de dissimulation derrière le refus de France Télévisions et d'Hikari de remettre l'intégralité de leurs rushs à la justice, Tristan Waleckx oppose encore le secret des sources et la nécessité de protéger les Nord-Coréens apparaissant à l'image.

Autre angle d'attaque de Me Assous, ces propos auraient été prononcés dans le cadre d'un projet de fiction dont Yann Moix était "le réalisateur" quand Gérard Depardieu en était "l'acteur principal", jouant son propre personnage.

Macron, "grand admirateur"

Une thèse "pas du tout invraisemblable", a renchéri son confrère Etienne Bodéré, citant l'acteur américain John Malkovich et l'écrivain français Michel Houellebecq qui ont joué leur propre rôle au cinéma, respectivement "Dans la peau de John Malkovich" et "L'Enlèvement de Michel Houellebecq".

Tout comme Gérard Depardieu, Yann Moix est absent à l'audience. Leur avocat invoque des raisons de santé.

Ce "Complément d'enquête" avait suscité un vif émoi. Outre la séquence contestée, on y entend l'acteur tenir de nombreux propos misogynes et dégradants pour les femmes lors de ce voyage nord-coréen. La comédienne Charlotte Arnould l'y accuse aussi de l'avoir violée en 2018, et d'autres femmes racontent des agressions sexuelles.

Emmanuel Macron avait volé au secours de l'acteur mondialement connu, se décrivant en "grand admirateur", et avait laissé entendre que les images avaient pu être truquées. Un soutien dont se prévaut Me Assous devant le tribunal: "Il est quand même mieux informé que d'autres, le président de la République..."

Le comédien a depuis été condamné au printemps à 18 mois d'emprisonnement avec sursis pour des agressions sexuelles lors d'un tournage - il a fait appel - et a été renvoyé devant la cour criminelle de Paris pour les viols dénoncés par Charlotte Arnould.

L'acteur conteste ces accusations depuis son inculpation en 2020 et a fait appel de l'ordonnance de renvoi.

Avec Keystone-ATS

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