Hier soir, au delà de la question pour ou contre Pierre Maudet, il s'est passé quelque chose. Quelque chose de grave: le mensonge l’a emporté. On ne reviendra pas ici sur la présomption d'innocence. A laquelle le conseiller d'État a droit. Comme tout citoyen. La justice fera son travail.
Mais la question posée au PLR était la suivante: Accordez-vous votre confiance à Pierre Maudet? Sur quoi repose la confiance, si ce n'est sur le fait d'être convaincu que l’autre ne ment pas?
Or, s'il y a une chose avérée dans tout cette affaire, c'est que Pierre Maudet a menti. Et, il n'a pas simplement “caché une partie de la vérité” comme il l'a reconnu du bout des lèvres, mais bel et bien menti. A la presse, à la justice, à son parti et last but not least à la population. Et pas un petit mensonge. Non, non. Un mensonge bâti sur la durée et avec l'aide de complices.
Le pardon est bien entendu possible. On peut entendre l'argumentaire de Pierre Maudet lui même consistant à dire, en substance: “J'ai commis une erreur. Je l'ai compris et je ne recommencerai plus.”
En revanche, ce qui n'est pas entendable, ce qui n'est pas admissible, c'est cet argument sorti tout droit de la bouche de politiciens: “Tout le monde ment”. Pire encore est l'affirmation que pas un conseiller d'État ne ferait exception à cette règle.
Une phrase qui a fait bondir à juste titre l'ancienne conseillère d'État Martine Brunschwig Graf. “Je ne peux pas laisser dire ça”, a-t-elle lancé hier soir. Et c'est vrai, on ne peut pas. Surtout à l'heure où la confiance de la population envers les politiciens est déjà mise à mal.
Personne n'est dupe: le mensonge existe. Dans la vie comme en politique. Mais de là à le cautionner! A le saluer! A l'ériger en règle! Qui plus est, une promesse électorale non tenue ou un fait non divulgué pour une question de respect de la vie privée ou de sûreté de l'Etat n’a rien à voir avec un mensonge construit sur plusieurs années dans une volonté délibérée de dissimuler des agissements, si ce n’est pénalement répréhensibles, tout du moins problématiques. Quel message donne-t-on à la jeune génération? Aux futurs politiciens?
Vous, je ne sais pas, mais moi, j'apprends à mon fils à ne pas mentir. Hier, cette règle d'éducation, sans doute l'une des plus universelles, a pris du plomb dans l'aile.
@marie_prieur