Le cimentier Lafarge, propriété du géant zougois Holcim, ainsi que l'ensemble des huit autres prévenus dont son ancien dirigeant Bruno Lafont, ont fait appel de leurs condamnations pour financement du terrorisme en Syrie en 2013 et 2014.
Tous avaient été reconnus coupables le 13 avril par le tribunal correctionnel de Paris d'avoir versé en 2013 et 2014 près de 5,6 millions d'euros à des groupes jihadistes armés afin de maintenir l'activité d'une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie, a indiqué mardi à l'AFP le parquet général de la cour d'appel de Paris.
La société, "prête à toutes les compromissions avec des organisations terroristes", selon les termes du jugement de première instance, avait été condamnée à l'amende maximale encourue, 1,125 million d'euros, ainsi qu'à payer solidairement avec quatre de ses ex-cadres une amende douanière de 4,57 millions d'euros pour le non-respect des sanctions financières internationales.
Outre l'ancien fleuron de l'industrie française, avalé par son concurrent suisse Holcim, le tribunal correctionnel avait sévèrement sanctionné sept ex-responsables de Lafarge, dont son ex-directeur général (2007-2015) Bruno Lafont.
Fustigeant la "mauvaise foi" et la "lâcheté" de ce dernier, qui soutient ne pas avoir été informé des versements aux groupes jihadistes, les juges avaient prononcé une peine de six ans d'emprisonnement assortie d'un mandat de dépôt. L'ancien grand patron, incarcéré dans la foulée à la prison parisienne de la Santé, a depuis déposé une demande de mise en liberté.
Son ancien bras droit Christian Herrault, alors directeur général adjoint de la multinationale, qui "présidait aux négociations avec l'État islamique afin de signer avec l'organisation terroriste un accord rentable pour l'usine", selon les magistrats, a pour sa part été condamné à cinq ans d'emprisonnement, également avec mandat de dépôt.
Bruno Pescheux, directeur de la branche syrienne de Lafarge de 2008 au 20 juillet 2014, qui a écopé de la même peine, a pour sa part échappé à l'incarcération en raison de son état de santé.
La tribunal avait encore prononcé des peines allant de 18 mois pour un gestionnaire de sûreté norvégien de Lafarge à sept ans d'emprisonnement pour l'intermédiaire syrien en fuite qui gérait les relations et paiements aux groupes jihadistes.
Reconnues comme parties civiles, les ONG Sherpa et ECCHR avaient salué le jugement de première instance comme une "victoire majeure pour la lutte contre l'impunité des multinationales impliquées dans des violations graves des droits humains".
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp