Une femme de 49 ans a dû répondre d'une série d'escroqueries jeudi devant le Tribunal cantonal valaisan. Dans plusieurs cas, elle a agi en se faisant passer pour une parente de Christian Constantin.
La quadragénaire est accusée d'escroquerie par métier, de faux dans les certificats, de tentative de contrainte, subsidiairement d'escroquerie, de tentative d'escroquerie en relation avec l'art, d'appropriation illégitime et de filouterie d'auberge. Dans cette affaire, le nombre de parties plaignantes se monte à quinze et les parties lésées à quatre pour un total de 18 cas.
En première instance, le 9 juillet 2024, la prévenue avait été condamnée à 40 mois de prison ferme par le Tribunal d'arrondissement de Martigny.
"J'étais dans le déni"
Entre octobre 2014 et janvier 2022, l'accusée a convaincu des tiers de mettre à sa disposition des biens et de l'argent en leur promettant de les rembourser, de payer des factures à leur place, d'honorer des contrats de prêts ou de baux à loyer, tout en sachant qu'elle ne disposait pas des ressources financières nécessaires pour honorer ses promesses et "qu'elle ne comptait pas le faire", selon l'acte d'accusation. Elle a également bénéficié de locations immobilières qu'elle n'a pas honorées et de prêts de véhicules.
"Avec le recul, je n'arrive pas à expliquer ce que j'ai fait et l'ampleur de mes actes", a expliqué l'accusée jeudi devant le tribunal. "J'avais une peur extrême que mon ex-conjoint puisse m'enlever mes enfants, si je n'arrivais pas à subvenir à leurs besoins."
Et de reconnaître qu'elle "n'aurai(t) jamais dû faire ça". "J'étais dans le déni. Je ne me rendais pas compte que je faisais", a-t-elle dit. Elle est désormais sous curatelle et est suivie par un psychologue.
Divers garages bernés
Afin de donner plus de crédit à ses mensonges, la prévenue s'est régulièrement fait passer pour la nièce de Christian Constantin. Elle a ainsi permis de berner la crédulité de plusieurs garages pour des réparations ou pour bénéficier de véhicules de remplacement. Elle a même convaincu d'inscrire un jeune à un camp du FC Sion, avant d'empocher l'inscription.
La prévenue a également créé divers courriels et établi de faux documents (attestations bancaires, certificats de salaire et de travail) afin de tromper ses interlocuteurs.
En France et en Suisse
Selon l'acte d'accusation, la Valaisanne a agi dans le canton de Vaud, en Valais et en France (Ain). Elles a notamment réussi à rouler plusieurs mois avec divers véhicules mis à disposition par des garages, après qu'elle ait paraphé un contrat pour acheter une voiture neuve, ou à loger dans divers lieux sans débourser le moindre centime. Elle a également escroqué des proches.
Pour la procureure, Camille Vaudan, le produit des préjudices atteint 40'000 francs. "Dans six cas, la prévenue a choisi des garages, sponsors du FC Sion. Elle a joué et abusé de son nom", a rappelé la procureure Léa Manzione, remplaçante de Camille Vaudan, devant le TC.
La représentante du ministère public a mis en exergue plusieurs cas d'escroquerie par métier. "La prévenue a choisi de vivre de ses activités délictuelles." La procureure s'est prononcée en faveur d'une confirmation du verdict de première instance.
Un impact direct
Seule avocate des parties plaignantes présentes, Catherine Darbellay a mis en exergue "les nombreux mensonges durant la procédure de la prévenue. Elle a souvent nié les faits, avant de leur reconnaître."
L'épouse d'un couple de Français victime dans cette affaire a également pris la parole. "Nous désirons être remboursés des 12'000 euros qu'elle nous doit pour des loyers non-payés, afin de faire installer un ascenseur à notre domicile, mon mari, handicapé, ne pouvant plus montrer les escaliers."
Peine de six mois avec sursis demandée
"Ma cliente a commis des escroqueries, elle ne le nie pas, mais il ne s'agit pas d'escroquerie par métier", a plaidé de son côté Carine Mettraux. "Elle s'est contentée de baratiner ses interlocuteurs, en usant notamment de son nom de famille et en s'inventant une vie. Elle a pratiquement reconnu tous les faits, à part quelques cas anecdotiques."
L'avocate a plaidé pour une peine de 6 mois avec sursis. Selon elle, le sursis en lien avec sa condamnation pour des faits analogues de 2019 (20 mois) ne doit pas être levé.
Le verdict sera connu ultérieurement.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats