Les décharges sauvages proche des sites d'embouteillage d'eaux minérales de Nestlé dans les Vosges sont comme une "bombe qui va exploser" et mettre en danger la nappe phréatique, a affirmé jeudi l'un des directeurs d'enquête, au quatrième jour du procès à Nancy.
Interrogé par le président Didier Gastaldi sur la solution à apporter au problème posé par ces décharges, l'adjudant-chef de l'Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique) a rétorqué: "Vous me demandez s'il est opportun de rester assis sur une bombe qui va exploser?"
Il a notamment évoqué le site de They-sous-Montfort, une "montagne de déchets" - dont la hauteur est estimée entre 10 et 25 mètres, soit un immeuble de six étages, selon l'enquête - qui se "dégradent au fil du temps et vont finir par percoler en-dessous", dans les nappes phréatiques, a-t-il mis en garde.
Le retrait de ces déchets "va demander une grande logistique" et nécessite aussi de "trouver un site qui va les accepter", a poursuivi l'enquêteur.
Questionné sur la possibilité de laisser les déchets sur place, dans l'attente que la nature reprenne ses droits, le gendarme a estimé que "tout dépend de ce qu'on veut laisser aux générations futures: un site propre, ou chargé de déchets dont on ne connaît pas encore toutes les conséquences?"
Nestlé a de son côté rappelé par la voix d'un de ses quatre conseils, Me Christophe Michaud, qu'il n'était pas propriétaire des terrains où ont été abandonnés ces déchets dans les années 1960 et 1970, puisqu'il n'a acquis qu'en 1992 la Société générale des eaux minérales de Vittel, à l'origine de cette pollution.
L'enquêteur a aussi fait part de son incompréhension quant à l'inaction de Nestlé entre 2014, année où la multinationale dit avoir appris l'existence des décharges, et 2021, année où elles ont été médiatisées.
Un point réfuté par Me Michaud: dans ce laps de temps, a-t-il énuméré, Nestlé a réalisé une cartographie, consulté la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) et mandaté un cabinet de conseil pour localiser les sites concernés et analyser l'impact environnemental.
La majorité des communes concernées font part de "bonnes relations" avec Nestlé qui les a soutenues financièrement. Seule Saint-Ouen-lès-Paray a porté plainte contre le géant agrolimentaire et est partie civile au procès, a soulevé par ailleurs le gendarme.
Nestlé Waters Supply Est, filiale du géant suisse chargée de ses eaux minérales, est poursuivie pour avoir "exploité" ou "géré" des décharges sauvages contenant plus de 473'000 mètres cubes de bouteilles en plastique et autres polluants dans quatre communes vosgiennes, proches des sites où elle embouteille ses marques Vittel, Contrex et Hépar.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp