L'or continue de voler de records en records, dopé par les tensions géopolitiques et l'imprévisibilité de Donald Trump. Le métal jaune s'est encore approché ce vendredi de la marque des 5000 dollars pour une once.
Vers 14h30, l'once d'or s'échangeait encore à 4929,27 dollars, un cours en légère baisse (-0,13%) sur 24 heures. L'or est considéré comme une valeur refuge, très demandé lors des périodes d'incertitude.
Pour les économistes de Raiffeisen, le prix élevé actuel de l'or est "suspect". "Cela montre qu'il existe toujours un besoin de valeurs refuges", souligne la banque coopérative.
Depuis le début de l'année, le métal précieux affiche une progression de plus de 14% qui s'ajoute aux 65% de 2025, rappellent les spécialistes d'UBS. Les investisseurs continuent de chercher une couverture pour leur portefeuille de placements. De leur côté, les banques centrales ont intensifié leurs achats d'or. Le prix des lingots devrait continuer à grimper.
Soulagement après le discours de Trump
Le métal précieux pourrait ainsi connaître sa meilleure semaine depuis mars 2020, soit au moment de l'éclatement de la pandémie de Covid-19, rappelle le site TradingEconomics. La persistance des risques géopolitiques et la faiblesse du dollar poussent le cours de l'or vers le haut.
Le soulagement après l'intervention de Donald Trump lors du World Economic Forum (WEF) de Davos peine à se concrétiser durablement sur les marchés. Le président américain a assuré qu'il n'emploiera pas la force au Groenland après avoir obtenu l'accès à ce territoire par le biais d'un accord dont les contours restent flous. M. Trump a également annulé les droits de douane prévus sur les importations européennes, ce qui a incité l'Union européenne à suspendre les contre-mesures envisagées, en attendant des éclaircissement sur les intentions du locataire de la Maison Blanche.
"L'affaiblissement du dollar a légèrement contribué à cette hausse de l'or, mais n'en a pas été le principal moteur. Ce n'est pas une simple flambée, mais un signal fort indiquant que le marché ne croit plus qu'il soit possible (pour les grandes économies) de se désendetter sans frais", estime Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management.
Perte de confiance dans la dette souveraine
"La dette souveraine explose plus vite que la confiance ne peut se développer, et les outils disponibles pour la gérer sont de plus en plus limités. (...) Les investisseurs n'achètent pas d'or parce qu'ils anticipent un krach demain, mais parce qu'ils s'attendent à ce que les choix politiques de la prochaine décennie privilégient l'érosion (de la valeur des devises) plutôt que l'austérité", estime M. Innes.
"Il semblerait que l'on va atteindre les 5000 dollars plus tôt que prévu. Cela montre clairement que l'appétit pour le risque n'est pas encore totalement rétabli !", résume Ipek Ozkardeskaya. Pour l'analyste senior de Swissquote, le discours de Donald Trump à Davos a certes rassénéré les investisseurs, mais l'effet n'aura pas duré longtemps.
Alors que la présidence Trump est entrée dans sa deuxième année, chacun a pu se rendre compte que les accords passés avec le président américain n'offrent qu'une stabilité très précaire, affirme Mme Ozkardeskaya. "Des nouveaux droits douaniers pourraient être imposés, indépendamment de leur pertinence, leur légalité ou leur acceptation par le reste du monde", prévient-elle.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp