Les cours du pétrole ont reflué jeudi après avoir franchi en matinée la barre des 100 dollars le baril. Les marchés restent fébriles malgré le déblocage massif des réserves stratégiques d'or noir par l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Vers 11h00, le prix du baril de Brent de la mer du Nord grimpait de 4,7% à 96,48 dollars. Son équivalent américain, le WTI, montait quant à lui de 4,5% à 91,19 dollars. Les cours ont brièvement dépassé en matinée la barre des 100 dollars.
Mercredi, les pays de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé de débloquer massivement leurs réserves stratégiques de pétrole pour contrer la flambée des prix provoquée la guerre au Moyen-Orient. Il a ainsi été convenu de mettre 400 millions de barils à la disposition du marché pour compenser la perte d'approvisionnement due à la fermeture effective du détroit d'Ormuz.
Certains affirment toutefois que la décision de l'AIE a en réalité renforcé les craintes d'une prolongation du conflit. "Le calcul est simple: 400 millions de barils ne suffiraient à couvrir la demande de pétrole que pendant environ 9 à 10 jours. Après cela? L'AIE détiendrait environ 1,2 milliard de barils. Les stocks s'épuisent rapidement", constate Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Pour les analystes de la plateforme Trading Economics également, la libération coordonnée de réserves pétrolières par les principales économies n'a pas vraiment apaisé les inquiétudes liées à la fermeture du détroit d'Ormuz. "Dernièrement, l'Irak a suspendu ses opérations dans ses terminaux pétroliers après que deux pétroliers ont été pris pour cible dans ses eaux territoriales, soulignant ainsi les risques accrus de pénurie au Moyen-Orient", observent-ils dans un commentaire.
Chute des stocks de gaz de l'UE
Le gaz TTF néerlandais, qui fait référence en Europe, a encore progressé jeudi, dépassant les 52 euros le mégawattheure, alors que la guerre au Moyen-Orient continue de perturber les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l'Europe. Vers 11h00, le cours progressait de 3,6% à 51,79 euros.
Mercredi, des drones iraniens ont frappé trois navires dans et près du détroit d'Ormuz, accentuant les craintes de perturbations prolongées de l'approvisionnement.
"Ce conflit a contraint QatarEnergy à suspendre les activités de ses installations de GNL, qui représentent environ 20% de l'approvisionnement mondial. Les exportations de GNL des Émirats arabes unis sont également restées largement à l'arrêt, les navires évitant le détroit d'Ormuz en raison des risques sécuritaires", indiquent les analystes de la plateforme Trading Economics.
L'Union européenne (UE) a commencé à étudier des mesures pour freiner la hausse des prix du gaz, notamment par le biais d'un éventuel plafonnement. Les niveaux de stockage de gaz de l'UE sont actuellement inférieurs à 30%, soit une baisse de près de 20% par rapport à l'année dernière, selon Trading Economics. Depuis le début du mois, les prix ont bondi de plus de 60%.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp