Les jours passent après la tragédie de Crans Montana, mais la solidarité ne faiblit pas. Sur les réseaux sociaux, des dons de cheveux s'organisent, et nombre de Romands se sont déjà rendus dans des salons de coiffure pour offrir quelques centimètres de leur chevelure. A Genève, Stéphane Antille perpétue l'art de la perruque de génération en génération et se spécialise notamment dans la pose de perruques médicales pour les personnes atteintes de cancer ou victimes de brûlures.
Touché par le drame, il propose également son aide aux victimes. Un geste qui ne lui est pas inconnu. Parmi ses clients, depuis plusieurs années figurent des grands brûlés: "On les revoit chaque année, même plusieurs fois dans l'année. On fait une nouvelle empreinte, on adapte, on leur propose aussi de changer de style. Pour qu'elle se sente comme chez le coiffeur." Des ajustements et des modifications nécessaires en raison de l'usure des perruques. Une dizaine de mois après la première monture, cette dernière doit être adaptée et réparée si besoin.
Il faut donc compter plusieurs perruques par personne, ne serait ce que pour une question de confort explique l'artisan: "Au quotidien, on change de coiffure pour aller travailler ou aller voir des amis, c'est comme une tenue, ça se change. C'est ce qui permet aussi de pouvoir ressortir, sortir la tête de l'eau", explique-t-il. C'est en étant appelé directement par les hôpitaux que Stéphane rentre habituellement en contact avec ses clients.
La perruque médicale va être comme un bonnet ultra léger.
C'est aussi une aide administrative, que Stéphane propose aussi à ces clients qu'il accompagne dans la démarche de remboursement de ce que sont appelés ces "moyens auxiliaires", à l'image des prothèses par exemple. Le prix d'une perruque varie de 600 à 2000 francs.
L'assurance de base ne prend pas en charge les perruques médicales, mais certaines complémentaires le font.
Des démarches administratives laborieuses qui peuvent se solder par un échec, l'artisan fini alors par les offrir à ses clients.
"On est un peu des psychologues."
Postiches, perruques extravagantes, de théâtre, de cinéma, historiquement, la famille de l'artisan, ne réalisait pas de perruques médicales. Une direction que Stéphan a voulu prendre: "C'est un métier qui apporte, qui est réconfortant." Savoir que ses clients ont terminé leur traitement par exemple, parler avec eux, les accompagner, les soutenir, c'est un aspect du métier qui plaît au Genevois. "On est un peu des psychologues. La personne se dévoile, s'ouvre, se confie beaucoup à nous et donne ses soucis, ses difficultés." Un travail de l'ombre, qui aide aussi à la reconstruction psychologique des patients atteints de chocs émotionnels par exemple, mais aussi de maladie et de graves brûlures.