Privé de lumière depuis sa sortie du gouvernement français en octobre, Bruno Retailleau joue son va-tout: le président des Républicains a annoncé jeudi sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, avec l'espoir de prendre de vitesse ses concurrents.
"J'ai pris la décision d'être candidat à l'élection présidentielle": dès les premiers mots d'une courte allocution diffusée en direct sur les réseaux sociaux, le patron des Républicains (droite) a mis fin au suspense - éventé dans l'après-midi par un message adressé à ses parlementaires.
L'annonce était attendue depuis quelques jours. Le voici officiellement lancé dans la course à l'Elysée, à 65 ans, non "par obsession du pouvoir, mais par sens du devoir", assure l'ex-ministre de l'Intérieur, convaincu que "seule l'élection présidentielle permet d'agir vraiment".
Référendums
Fidèle à ses convictions, l'homme fort de la droite a promis, s'il l'emporte, de "soumettre directement par référendum plusieurs grands textes de loi", en particulier sur la justice pénale et l'immigration - qui n'est toujours "pas une chance" à ses yeux.
Qu'importe si la Constitution ne permet pas de consultations sur ces thèmes, M. Retailleau affirme qu'il "ne promettra rien qu'il ne pourra tenir", quitte à se dresser face "aux dérives de l'Etat de droit, qui s'est retourné contre le droit des Français à vivre en paix et en sécurité".
Un positionnement droitier, couplé à une déclaration précoce, à 14 mois de l'échéance, pour mieux couper l'herbe sous le pied de ses rivaux.
Car, à droite et au centre, les principaux prétendants supposés se réservent pour le printemps, à l'exception d'Edouard Philippe. Mais le patron d'Horizons, candidat depuis septembre 2024, joue d'abord sa réélection à la mairie du Havre (nord-ouest).
Un calendrier précipité
A un mois du premier tour des municipales, l'initiative de M. Retailleau est accueillie positivement par son successeur à la tête du groupe LR au Sénat, Mathieu Darnaud, qui y voit "l'occasion de peser par les idées dans le débat public".
Au contraire, une ministre en exercice juge "le timing hyper mauvais" et considère que son ancien collègue est "dans une logique très perso".
Dans son cercle rapproché, certains le pressaient de se dévoiler dès janvier, d'autres d'attendre le soir du 22 mars et de possibles conquêtes aux dépens de la gauche à Paris, Lyon (sud-est) ou Besançon (est).
Mais la déroute lors d'une législative partielle début février en Haute-Savoie face à l'UDR (Union des droites pour la République) d'Eric Ciotti, allié du Rassemblement national (RN, extrême droite), a sans doute précipité les choses.
Est-ce vraiment un hasard du calendrier? L'annonce survient au lendemain de la fin du procès en appel de Marine Le Pen, dont le verdict sera annoncé le 7 juillet. Jusqu'à cette date, un doute subsistera sur l'identité du candidat du RN, même si la double finaliste de 2017 et 2022 comme son dauphin Jordan Bardella dominent largement les sondages à ce stade, avec plus de 30% d'intentions de vote.
Sans sortant puisqu'Emmanuel Macron ne peut pas se représenter, l'élection aiguise de nombreuses ambitions. A gauche, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon ne fait pas mystère qu'il sera candidat tandis que l'Ecologiste Marine Tondelier est sur la ligne de départ d'une primaire qu'elle espère organiser avec une partie de la gauche le 11 octobre.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp