"Pour Lyhanna, on n'oublie pas!": des milliers de manifestants se sont rassemblés partout en France samedi contre les violences sexuelles à l'appel d'associations féministes et de défense des enfants pour réclamer une "loi-cadre intégrale" sur le sujet.
"On ne peut pas se contenter de cette justice sous-dotée en moyens et qui protège les agresseurs plutôt que les victimes. Avec 94% de classements sans suite des plaintes pour viol, il y a de nombreux agresseurs qui sont signalés à la justice et ne sont pas inquiétés", a déclaré Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, en amont de la manifestation parisienne qui s'est élancée peu après 15h00 de la place de la Bastille vers Nation.
"La vérité sort de la bouche des enfants", "160'000 enfants que faites vous ?", "Darmanin, des moyens!", scandaient plusieurs milliers de manifestants, majoritairement des femmes, sous un soleil de plomb.
Dans la capitale, les organisateurs ont revendiqué 100'000 participants, saluant "une mobilisation historique contre les violences sexuelles".
Les organisateurs entendaient s'appuyer sur l'émotion suscitée par le viol et le meurtre de la collégienne de 11 ans pour obtenir l'adoption d'un texte pour lutter "à 360 degrés" contre ces violences, allant de la prévention et du traitement judiciaire à l'accompagnement des victimes, notamment les plus vulnérables. Une "loi-cadre intégrale" réclamée par ces associations depuis fin 2024.
Des manifestations étaient aussi annoncées dans quelque 80 villes, comme Agen, Dijon ou Toulouse. Dans la matinée, 200 à 300 personnes se sont ainsi rassemblées à Rennes.
140 mesures
Dans son appel, la "coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale" demande de "reconnaître le caractère systémique" des violences sexuelles "dans une société patriarcale" et une loi "globale" plutôt que des "mesures et des lois parcellaires, dictées par l'urgence d'affaires successives".
Cette coalition de plus d'une centaine organisations avait proposé fin 2024 un ensemble de 140 mesures destinées à lutter de façon globale contre les violences de tous ordres faites aux femmes et aux enfants, sur le modèle de l'Espagne.
Elles ont inspiré une proposition de loi de 78 mesures déposée fin 2025 par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez et cosignée par une centaine de députés principalement de gauche (hors LFI) et de la coalition gouvernementale.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp