Le géant dames constituera dimanche la première vraie chance pour la Suisse de récolter une médaille au niveau féminin. Et cela grâce à Camille Rast, 2e de la Coupe du monde de la spécialité.
Avant ces JO, on savait bien dans le camp suisse qu'à moins d'un incroyable concours de circonstances, ce serait dans les épreuves techniques que les Suissesses pouvaient briller. Et si en slalom, Wendy Holdener peut aussi viser le podium, en géant il n'y a vraisemblablement que Camille Rast pour aller chercher du métal.
Egalement 2e du général derrière Mikaela Shiffrin, Camille Rast a franchi un cap au niveau de la régularité cette saison. Et ce n'était pas gagné, puisque la Valaisanne a subi une blessure à la hanche à Sestrières la saison passée juste après les Championnats du monde alors qu'elle était en pleine bourre après son titre mondial sur le virage court. 15e à Sölden en octobre, Rast n'a plus quitté le top 5 par la suite en géant: 5e, 4e, 4e, 2e, 1re, 2e et 4e. Peu importe le tracé, la skieuse de Vétroz sait s'adapter.
Le "trio magique"
"Je pense que dès le moment où j'ai un dossard sur le dos, j'ai envie de skier à fond, expliquait-elle avant le combiné par équipe. Que ce soit en Coupe du Monde ou aux JO. Si je suis favorite au départ d'une Coupe du monde, je le suis aussi aux JO, et vice versa. Pour moi, la pression ne change pas. Je vais vraiment savourer, me faire plaisir et profiter de cet esprit olympique."
Sans aller jusqu'à parler de véritable structure privée, Camille Rast se sent bien actuellement grâce à un "trio magique". Il s'agit de l'entraîneur valaisan Denis Wicki, de son préparateur physique Florian Lorimier et de la personne qui s'occupe de ses skis. "On voit que les athlètes qui sont dans le top 3, qui jouent le podium tout le temps, disposent de plusieurs personnes, explique la Valaisanne. Cela peut être une, deux ou trois personnes uniquement dédiées à une athlète. De mon côté, c'est ce que j'ai pu mettre en place avec Denis, Florian et mon skiman" Simon Vicenzi.
Un objectif: être au top
En voyant que cet investissement paie, Camille Rast ne regarde pas en arrière. Comme les adversaires de Marco Odermatt qui cherchent à le copier pour le battre, la skieuse de Vétroz s'inspire de la concurrence. "Pour moi, c'est une question de performance, confie-t-elle. Analyser sa concurrence directe et voir ce que font les autres pour être au top niveau tout le temps. Mon objectif c'est d'être au top, donc je vais faire en sorte de prendre ce que Swiss-Ski me donne et d'organiser le reste. J'investis de mon côté pour aller chercher ces pourcents qui m'aident à être au sommet."
Entourée de cette garde rapprochée, Camille Rast a réussi à être celle que l'on imaginait qu'elle deviendrait lorsqu'en 2017 elle avait pris la 9e place du géant de Plan de Corones avant d'avoir 18 ans. On se souvient aussi que la Vétrozaine avait contracté la maladie de Pfeiffer, une mononucléose infectieuse dont elle a eu du mal à se débarrasser. Puis elle s'était fait les croisés, histoire d'avoir ce lot d'embûches à surmonter pour arriver au sommet.
"Florian et Denis travaillent étroitement pour gérer les charges d'entraînement, ma récupération, le mode de travail aussi, sur quoi on se concentre, à quel moment, appuie-t-elle. Ensemble, vraiment, c'est une collaboration qui se passe super bien."
"Le top 15 voire le top 30 au départ"
Après le slalom du combiné, Camille Rast n'a pas mâché ses mots pour dire ce qu'elle pensait de la piste de slalom. Comme à Bormio, les techniciennes sont contraintes de s'adapter à un bas de piste de descente qui présente un profil de pente moins intéressant qu'en Coupe du monde. La championne du monde de slalom est aussi revenue sur la qualité des adversaires lors des JO.
"Les JO, c'est un événement spécial qui vient tous les quatre ans, il y a des médailles au bout et on reste champion olympique à vie, remarque-t-elle. Quand on voit notre système de qualification, quand on pense que chez les Français un Victor Muffat-Jeandet doit rester à la maison alors qu'il est top 15 mondial, je trouve que la médaille n'est pas assez représentative. Elle a un poids gigantesque au niveau de la société, mais au sein du sport en lui-même, je trouve qu'on devrait avoir au minimum le top 15 voire le top 30 au départ des JO pour qu'une médaille ait la vraie valeur des Jeux."
Les trois autres Suissesses au départ de ce géant seront Wendy Holdener, Vanessa Kasper et la jeune Fribourgeoise Sue Piller. Parmi les favorites, on ne peut exclure Julia Scheib, dossard rouge et leader de la discipline. La Suédoise Sara Hector tentera elle de conserver son titre de Pékin. De retour et en or en Super-G, Federica Brignone sera redoutable. Et il ne faut jamais négliger la force des Américaines, Paula Moltzan et Mikaela Shiffrin.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats