Le président de la Fifa, Gianni Infantino, s'est dit mardi serein au sujet de l'accueil par le Mexique de certains matches de la Coupe du monde de football 2026. Il a réagi après une vague de violence dans le pays liée à la mort d'un puissant baron de la drogue.
Des dizaines de morts, des véhicules incendiés, des commerces fermés, des routes bloquées et un climat de terreur ont paralysé une grande partie du pays latino-américain dimanche, après la mort de Nemesio Oseguera, chef du puissant cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG), lors d'une opération militaire.
Mais le patron de la Fédération internationale de football s'est voulu rassurant à moins de quatre mois du début du Mondial, que le Mexique co-organise avec les Etats-Unis et le Canada du 11 juin au 19 juillet.
Interrogé par l'AFP à Barranquilla, dans le nord de la Colombie à l'occasion d'un événement de la fédération nationale de football, Gianni Infantino s'est dit "très tranquille" et a assuré que "tout va très bien, tout sera fantastique".
"Nous avons pleinement confiance en le Mexique et en sa présidente (Claudia Sheinbaum)", a-t-il ajouté, affirmant être "en contact régulier" avec les autorités locales et suivre "la situation".
Il s'agit de ses premières déclarations après les violences qui ont éclaté dimanche dans une grande partie du Mexique, dont Guadalajara (ouest) qui doit accueillir quatre rencontres du Mondial-2026.
Lors de l'opération militaire pour la capture du baron de la drogue et les représailles émanant du cartel qui ont suivi, 25 membres de la garde nationale, ainsi qu'un agent de sécurité, un fonctionnaire du parquet et une civile ont été tués, ainsi que 46 membres présumés de l'organisation criminelle.
Quelque 10'000 soldats ont été déployés pour rétablir l'ordre.
La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a écarté mardi tout risque pour les supporters de foot se rendant à Guadalajara, assurant que "toutes les garanties" de sécurité seraient réunies.
En plus des quatre rencontres du Mondial, dont un match Uruguay-Espagne en phase de poule, Guadalajara accueillera en mars, conjointement avec Monterrey (nord-est), les barrages qui désigneront les deux dernières des 48 sélections qualifiées.
A Mexico et Monterrey, les deux autres villes mexicaines hôtes de la Coupe du monde, aucun incident violent n'a été signalé.
La fédération portugaise de football a remis en question la participation de son équipe à un match amical en mars à Mexico, en raison de "la situation délicate" que traverse le pays, selon un communiqué.
Mais Javier Aguirre, le sélectionneur de l'équipe mexicaine, s'est dit confiant. "Tout se passe comme prévu" concernant la bonne tenue du match, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Deux matchs de foot avaient été suspendus dimanche dans le Jalisco et l'Etat de Querétaro, situé dans le centre du Mexique.
Retour à la normale
Nemesio Oseguera, alias El Mencho, 59 ans, était le narcotrafiquant le plus recherché par le gouvernement des Etats-Unis, qui offrait pour sa capture une récompense de 15 millions de dollars.
Sa mort a déclenché une flambée de violence dans 20 des 32 Etats du pays, notamment dans des villes de l'Etat de Jalisco telles que Puerto Vallarta, une station balnéaire très fréquentée de la côte pacifique, prisée des Canadiens et Américains.
"On a l'impression de se trouver dans une zone de guerre", a témoigné auprès de l'AFP Javier Pérez, un habitant de 41 ans, en parcourant le parking d'un supermarché où gisaient des voitures calcinées.
Mme Sheinbaum a assuré mardi que la situation revenait "peu à peu à la normale" et que les aéroports de Puerto Vallarta et Guadalajara fonctionnaient sans difficulté, après l'annulation de plusieurs vols.
Honda à l'arrêt
Le gouvernement de l'Etat de Jalisco a, de son côté, fait savoir que les activités économiques avaient repris mardi, et les écoles doivent rouvrir mercredi.
Honda a néanmoins suspendu lundi ses activités à Guadalajara pour une durée non précisée. Une porte-parole du constructeur automobile japonais, interrogée mardi par l'AFP, a évoqué une "mesure de précaution".
Le Mexique abrite les usines de nombreux constructeurs automobiles comme Ford, General Motors, BMW et Audi, un secteur qui représente 3,6% du PIB du pays.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp