Le fabricant d'instruments d'écriture Caran d'Ache est en passe de réaliser sa deuxième meilleure performance annuelle de tous les temps.
Après un rebond impressionnant à l'issue de la pandémie, l'activité retrouve cependant une certaine normalité, a indiqué Carole Hubscher, présidente du conseil d'administration, dans une interview publiée lundi dans Le Temps.
Si la Suisse reste le principal débouché, on observe des développements très positifs à l'étranger, notamment en Allemagne, en France, au Japon, en Corée du Sud, en Chine et aux Etats-Unis, a indiqué la dirigeante. Si le marché indien fait saliver, son accès reste très compliqué et implique des structures de production sur place, ce qui n'est pas possible pour la société, a-t-elle expliqué.
La prochaine étape pour Caran d'Ache est le déménagement sur son nouveau site de Bernex, dont la construction a reçu de feu vert de la population à l'issue d'une votation communale le 12 novembre. En améliorant l'accessibilité de l'entreprise, la direction espère également maintenir son attractivité, dans un contexte de pénurie généralisée de main-d'oeuvre.
"Aujourd'hui, nous arrivons encore à recruter des jeunes parce que certains profils cherchent justement à apporter ce petit supplément d'âme à leur travail", a expliqué Mme Hubscher. "Travailler pour une belle marque comme Caran d'Ache attire les talents", estime-t-elle.
Sur le plan du développement durable, le projet de recourir à du bois indigène pour la fabrication des crayons, dans une proportion de 20%, ne sera pas atteint dans les délais, regrette la présidente du groupe genevois. "Il faut savoir que l'avantage du cèdre de Californie est indéniable et ses qualités ne sont pas reproductibles ailleurs", a-t-elle précisé. "Malheureusement, pour le moment, le bois suisse ne peut pas rivaliser."