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Coronavirus: toutes les infos du 9 avril 2020

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KEYSTONE/Anthony Anex

Du gel hydroalcoolique à prix fixé par le gouvernement genevois

Dans le courant de la semaine prochaine, des mécènes genevois vont remettre gratuitement du gel hydro-alcoolique aux pharmacies du canton. Afin d’éviter tout abus, le prix de vente ne devra pas dépasser celui fixé par le Conseil d’Etat jeudi dans son arrêté. Les pharmacies partenaires ne pourront remettre qu’un seul flacon par personne. Le prix maximal autorisé est de 2,50 francs pour un flacon de 100 ml, 3 francs pour un flacon de 250 ml, 4 francs pour 500 ml, a indiqué le président du Conseil d’Etat Antonio Hodgers lors d’un point de presse. Les particuliers auront aussi la possibilité de recharger leur flacon au prix d’un franc quelle que soit la quantité mais pas plus de 250 ml par personne. « Ce sont les prix officiels », a relevé M.Hodgers. Des prix plus élevés sont illégaux et devront être dénoncés. Plus généralement, le président du gouvernement s’est réjoui des efforts sanitaires qui ont permis d’atteindre un fléchissement de la courbe. Mais il « ne permet pas de crier victoire aujourd’hui. La sortie de crise n’est pas pour tout de suite. Il nous faut tenir bon quelques jours, quelques semaines », a-t-il insisté à la veille de Pâques.

Dans le secteur de la culture, le Conseil d’Etat a adopté un arrêté mettant en œuvre l’ordonnance fédérale sur l’atténuation des conséquences économiques de la pandémie, a annoncé le conseiller d’Etat en charge du domaine Thierry Apothéloz. Selon la clef de répartition établie, la Confédération met 27,4 millions de francs à la disposition du canton, soit 11,2 millions pour les aides d’urgence (prêts remboursables à cinq ans sans intérêt) et 16,2 millions pour les indemnisations des pertes financières. En ce qui concerne les indemnisations, le canton doit contribuer à hauteur du même montant (16,2 millions de francs) afin d’obtenir ces ressources financières. L’aide aux acteurs de la culture se montera à maximum 196 francs par jour. Le montant de la participation des communes et de la Loterie Romande est en discussion et sera imputé sur la part du canton.

Le Conseil d’Etat a également fait le point sur la situation dans les écoles. Le Département de l’instruction publiques (DIP) travaille sur plusieurs scénarios pour la réouverture des écoles, a indiqué la conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta. Une des pistes mise sur des ouvertures échelonnées à partir du 26 avril. Les crèches et les établissements primaires ouvriraient avant le secondaire. Si les mesures de confinement devaient se prolonger au-delà du 26 avril, cela deviendrait très compliqué pour les élèves les plus fragiles, a relevé la cheffe du DIP. Des solutions sont cherchées en priorité pour ces élèves ainsi que pour les jeunes qui terminent le cycle d’orientation ou qui sont en classes terminales. Mme Emery-Torracinta a rappelé que les collèges, écoles de culture générale ainsi que la formation professionnelle dépendaient de la Confédération. Une décision est d’ailleurs tombée jeudi: les examens de connaissance professionnelle et de culture générale sont supprimés. Seul le travail pratique est maintenu, sauf dans les cantons les plus touchés par la pandémie, ce qui pourrait être le cas à Genève.

Restrictions de circulation à Genève durant le week-end pascal

Dans un communiqué de presse diffusé ce jeudi après-midi, la police cantonale genevoise informe les habitants des restrictions de circulation durant le week-end pascal. Dès le vendredi 10 avril 2020, plusieurs emplacements du canton, notamment en campagne, seront soumis à des restrictions de circulation et des interdictions de stationnement.

« A la veille des Fêtes de Pâques, il est primordial de garder en tête l’importance de continuer à respecter les mesures édictées par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) ainsi que la stricte application de l’ordonnance fédérale 2 Covid-19 et les directives cantonales », explique le communiqué. Concrètement, les accès seront limités aux riverains et certains parkings seront fermés. Les endroits soumis à ces restrictions sont les suivants :

  • Centre sportif des Evaux
  • Signal de Bernex
  • Mandement / AIIondon
  • Centre sportif de Vessy
  • Centre sportif du Bout-du-Monde
  • Plage du Vengeron
  • Plage du Reposoir
  • Port Choiseul
  • Sentier du promeneur solitaire
  • Sentier des Falaises
  • Moulin-des-Frères
  • Bord de l’Arve
  • Bord du Rhône (barrage de Verbois / Moulin-de-Vert)
  • Bois de la Bâtie (parc animalier et place de jeux)

Une solution à Genève quand le proche aidant est indisponible

A Genève, une unité d’accueil temporaire sera ouverte mardi dans La Maison de retraite du Petit-Saconnex pour les personnes dont le proche aidant est hospitalisé ou indisponible en raison d’un cas Covid-19 positif. Douze places seront à disposition. Cette unité pourra accueillir aussi bien des résidents souffrant de maladies cognitives que des résidents à caractère gériatrique. Cet EMS offre un espace sécurisé avec une prise en charge spécifique. Les séjours pourront aller de 5 à 45 jours, indique jeudi le Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé (DSES).

A Genève l’imad livre des petits déjeuners aux personnes vulnérables

A Genève, l’institution publique de maintien à domicile (imad) complète son offre de livraison de repas en proposant dès jeudi des petits déjeuners. L’objectif est d’encourager une bonne hygiène nutritionnelle, un facteur déterminant pour la santé. Le panier petit déjeuner, qui couvre les besoins d’une semaine, contient du pain de mie, de la confiture, des oeufs durs, du fromage et du lait. Les 3000 clients au bénéfice de la prestation repas à domicile auront un premier panier hebdomadaire gratuit. Les paniers coûteront ensuite 10 francs.

L’imad a eu le soutien de plusieurs associations et de bénévoles pour proposer ce service aux personnes vulnérables. Des collaborateurs du service des contraventions du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé et des membres de la protection civile ont aussi participé à l’élaboration des paniers. L’imad est sur le front depuis le début de la crise sanitaire. La livraison de repas à domicile a ainsi augmenté de 60% depuis début mars.

A Genève, l’Hospice général fait acte de solidarité envers ses locataires

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

A Genève, l’Hospice général prend une série de mesures concrètes de solidarité au vu des difficultés financières rencontrées par ses locataires. Il accepte l’exonération totale des loyers commerciaux du mois d’avril, ce qui représente plus d’1,1 million de francs. L’Hospice général adhère pleinement au protocole d’accord tripartite locataires-bailleurs-Etat. Il exonère les loyers commerciaux d’avril selon les conditions qui y sont prévues, indique-t-il jeudi dans un communiqué. L’institution entrera en matière « avec une bienveillante attention » sur les demandes de réduction de loyer des commerces ayant fait l’objet d’une interdiction ou d’une fermeture selon les directives fédérales ou cantonales. Par l’intermédiaire de ses régies, elle répondra aux besoins spécifiques de chacun des locataires concernés.

Conformément aux instructions du Conseil fédéral, l’Hospice général a prolongé le délai de paiement de 30 à 90 jours des loyers en retard en raison des mesures prises du fait de la crise sanitaire, pour la période comprise entre le 13 mars et le 31 mai. L’Hospice général souhaite ainsi contribuer à l’effort général de solidarité et de soutien à l’emploi. Ce faisant, il renonce à des revenus locatifs ordinairement affectés à sa mission sociale. Les loyers commerciaux représentent plus de 1,1 million de francs par mois. En outre, l’institution a mis à disposition, gracieusement et pour toute la durée de la crise, une douzaine d’appartements pour le personnel des HUG ainsi qu’un bâtiment pour l’EMS Maison de Vessy dédié à une unité de soins covid-19.

La Suisse enregistre 785 nouveaux cas de Covid-19

La Suisse comptait jeudi matin 23’574 cas testés positifs au coronavirus, soit 785 de plus que la veille. A l’heure actuelle, 756 personnes sont décédées des suites du Covid-19, selon le site de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Le pays a enregistré 51 nouveaux décès en 24 heures. Les hommes montrent une plus grande fragilité face au virus. Près des deux tiers (63%) des décès sont enregistrés chez eux, 37% chez les femmes. L’âge des personnes décédées allait de 31 à 101 ans, avec un âge médian de 83 ans. Sur les 729 personnes décédées pour lesquelles les données sont complètes, 98% souffraient d’au moins une maladie préexistante. Les trois maladies préexistantes les plus fréquemment mentionnées étaient l’hypertension artérielle (chez 64% des personnes décédées), les maladies cardiovasculaires (56%) et le diabète (28%).

Depuis le premier cas de Covid-19 confirmé en laboratoire le 24 février, le nombre de cas n’a cessé d’augmenter. A ce jour, environ 178’500 tests ont été effectués, dont 15% étaient positifs. La Suisse a l’une des incidences les plus élevées en Europe avec 275 cas pour 100’000 habitants, précise l’OFSP. L’âge des cas confirmés en laboratoire allait de 0 à 107 ans, avec un âge médian de 52 ans (50% des cas étaient plus jeunes et 50% plus âgés que cet âge). 47% des cas étaient des hommes, 53% des femmes. Les adultes sont nettement plus touchés que les enfants. Chez les adultes de 60 ans et plus, les hommes étaient plus touchés que les femmes. Et chez les adultes de moins de 60 ans, les femmes que les hommes. Tous les cantons, ainsi que la principauté du Liechtenstein, ont déclaré des cas. Par rapport à leur taille, le Tessin, Genève, Vaud et Bâle-Ville restent les cantons les plus marqués par l’épidémie. Le taux d’incidence pour 100’000 personnes est de 763,6 au Tessin, 757,4 à Genève, 564,6 dans le canton de Vaud et 501,1 à Bâle-Ville.

Santé: les surcoûts n’affecteront pas les primes 2021

Les surcoûts engendrés par la pandémie de coronavirus ne seront pas répercutés sur les primes 2021, assure Verena Nold, directrice de santésuisse. Les réserves des caisses permettront d’y faire face. « Aujourd’hui, il n’y a pas de craintes particulières à avoir par rapport aux primes 2021 », assure Mme Nold, interrogée dans l’édition de jeudi du journal économique L’Agefi. « Les réserves sont solides, elles sont bien garnies. Nous sommes convaincus qu’elles permettront donc de faire face à la crise du coronavirus. » Les caisses maladie ont constitué environ 9 milliards de francs de réserves, soit un peu plus d’un quart du volume de 32 milliards remboursé en 2019, souligne la directrice de la faîtière des assureurs. Et de rappeler aussi que les primes 2021 sont fixées sur la base d’une projection des coûts pour l’année en question, non pas sur l’année 2020 et les éventuels surcoûts engendrés par le Covid-19.

Par ailleurs, il est encore trop tôt pour fournir des estimations sur l’évolution des coûts en regard de la pandémie. « D’une part, les patients aux soins intensifs coûtent cher », poursuit Mme Nold. « Mais enprenant une photographie globale, il y a aussi des coûts qui tombent, tant du côté des opérations prévues et remises à plus tard que des consultations en cabinet. » Selon la directrice de santésuisse, un effet de rattrapage va toutefois très probablement se produire pour une partie de ces opérations et consultations. Il est possible qu’il puisse intervenir encore en 2020. « C’est une question de planification, et celle-ci pose de grands défis. »

Soignants: la fatigue commence à peser

Le personnel soignant commence à s’épuiser dans sa lutte face au coronavirus. Une cellule de soutien psychologique a été créée dans certains établissements, comme à l’Hôpital Riviera-Chablais (HRC) à Rennaz (VD). « Nous avons encore peu de demandes. De manière générale, les soignants ont beaucoup de mal à avouer qu’ils sont en détresse. Ils attendent d’arriver à bout pour demander une aide », explique Carmelo-Domenico Liberati, le chef du Service de médecine du travail à l’HRC. Il remarque toutefois que les troupes s’épuisent au fil des jours. « La fatigue est physique, due aux heures de travail. Mais elle aussi psychologique, du fait de voir des patients si mal et qui peuvent mourir », relève-t-il, interrogé par Keystone-ATS.

Le Dr Liberati souligne aussi que la fatigue mentale des soignants vient de l’isolement des patients, séparés de leur famille et privés de visites pour éviter la propagation du virus. « Ce sont les collaborateurs de l’hôpital qui doivent désormais assumer ce soutien », note-t-il. Ces trois dernières semaines, plus de 100 collaborateurs de l’Hôpital de Rennaz ont été testés positifs au Covid-19, sans être forcément malades. Paradoxalement, le personnel des soins intensifs est moins infecté que celui des autres services. « De par leur métier, les collaborateurs des soins intensifs se protègent mieux par rapport à ceux qui n’ont pas les mêmes habitudes et la même pratique », constate le Dr Liberati.

Encore six vols pour rapatrier des Suisses

Les vols de rapatriement affrétés par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) prendront fin le 14 avril. Deux doivent atterrir à Zurich ce jeudi. Quatre autres vols sont encore prévus pour ramener les touristes bloqués dans le monde en raison de la pandémie de coronavirus. Les voyageurs bloqués à Ténérife et Lanzarote ainsi qu’en ville du Cap prennent leur envol jeudi. Deux vols sont prévus vendredi au départ de Mumbai/Dehli et de Guatemala City/San José.

Les deux derniers rapatriements seront effectués le 14 avril, selon le site du DFAE. Ils concerneront des Suisses bloqués au Pérou et en République démocratique du Congo. Environ 3000 voyageurs bloqués sur tous les continents sont déjà rentrés depuis le début de la pandémie. Un millier de ressortissants helvétiques se trouveraient encore en dehors des frontières nationales. Au total, 29 vols auront été affrétés par le département entre le 12 mars et le 14 avril. Jamais un rapatriement d’une telle ampleur n’avait été organisé en Suisse.

Lausanne renonce à l’installation de stands de marchés

La Ville de Lausanne doit finalement renoncer à l’installation de quelques stands de maraîchers-producteurs dans le centre-ville. Ce revirement de situation s’explique par l’interdiction cantonale pour tous les marchés, rappelée jeudi par l’Etat de Vaud. Le 7 avril dernier, les autorités lausannoises avaient annoncé la réintroduction de quelques stands de fruits et légumes dans les rues de la capitale vaudoise durant les jours et dans les périmètres habituels des marchés de la ville. Cette mesure incluait un espacement conséquent entre les stands et imposait aux marchands de faire respecter les mesures fédérales d’hygiène et de distance. Cette décision municipale se basait sur des discussions préalables avec les autorités cantonales et sur les indications données alors et dont l’Etat-Major Cantonal de Conduite (EMCC) avait été averti, écrit jeudi la Municipalité de Lausanne dans un communiqué.

Or la circulaire relative aux interdictions de marchés et aux stands d’alimentation uniques, parue ce jeudi, rappelle l’interdiction de la tenue des marchés jusqu’à nouvel avis. « Les regroupements de plusieurs stands de denrées alimentaires dans un même périmètre, à une même date et à une même heure sont assimilés à des marchés alimentaires. De tels regroupements sont interdits ». « Il n’est donc pas possible de (re)créer ou de (r)ouvrir des marchés alimentaires même de plus petite taille que d’ordinaire et avec des stands simplement plus espacés », selon cette directive. La Municipalité de Lausanne prend note et appliquera la décision cantonale, indique-t-elle, « bien qu’elle regrette ce revirement et les inégalités avec les surfaces commerciales ».

Les soins intensifs du CHUV font face à la crise

Le Service des soins intensifs du CHUV à Lausanne est l’un des plus mobilisés du pays pour affronter le Covid-19. Ses effectifs ont quasiment triplé depuis le début de la crise. De 250 soignants, le service est passé à environ 700 personnes. Le nombre de lits, 35 en temps normal, a aussi plus que doublé. Les patients arrivent de tout le canton. Ils sont également transférés des hôpitaux régionaux lorsque ceux-ci sont surchargés. « Nous essayons d’anticiper au maximum », indique Anne Fishman, l’infirmière-cheffe du service. Elle raconte que les soins intensifs du CHUV ouvre régulièrement de nouvelles unités, de cinq à l’origine à désormais plus de dix. « Nous n’avons pas davantage de place, mais nous utilisons le système des chaises musicales. Des gens quittent un endroit et sont relocalisés ailleurs », explique-t-elle.

Comme partout en Suisse, les cas les plus sévères sont intubés. « La durée de la ventilation mécanique est potentiellement assez longue, de l’ordre de dix jours. Cela dépend de l’état du patient », relève Mauro Oddo, médecin-chef des soins intensifs du CHUV. « Une longue intubation ne veut toutefois pas dire que l’on ne peut pas récupérer pleinement. C’est important de le dire », ajoute-t-il.

Le Covid-19 fait huit morts supplémentaires au Tessin

Huit personnes sont décédées des suites de la maladie Covid-19 ces 24 dernières heures dans le canton du Tessin. Par ailleurs, 55 nouvelles personnes ont été testées positives au virus. Au total, 2714 personnes ont été contaminées par la maladie pulmonaire jusqu’à jeudi matin dans le canton du Tessin. Et 219 personnes en sont mortes.

En Europe:

Plus de 15’000 morts en Espagne

(AP Photo/Emilio Morenatti)

Plus de 15’000 personnes sont mortes depuis le début de l’épidémie de Covid-19 en Espagne. Le chef du gouvernement Pedro Sanchez a appelé jeudi ses compatriotes à ne pas « baisser la garde » en continuant à respecter strictement un confinement qui devrait être encore prolongé. Le pays est l’un des plus endeuillés du monde par la pandémie. Il a recensé 683 morts du Covid-19 en 24 heures, selon le bilan publié jeudi par les autorités, un chiffre en repli alors que le nombre de décès quotidiens était auparavant reparti en hausse deux jours d’affilée. Au total, 15’238 personnes sont mortes du Covid-19 dans le pays. Le nombre de nouveaux cas confirmés en 24 heures (plus de 5700) a lui aussi diminué légèrement, portant le total à 152’446, tandis que le nombre de personnes guéries de la maladie est désormais de 52’165.

Soumis à un des confinements les plus stricts d’Europe depuis le 14 mars, les près de 47 millions d’Espagnols le seront au moins jusqu’au 25 avril inclus. Une prolongation soumise jeudi au vote de la Chambre des députés. Mais Pedro Sanchez a d’ores et déjà prévenu que cette mesure extraordinaire devrait être encore prolongée. « D’ici 15 jours, je suis convaincu que je devrai prolonger de nouveau l’état d’alerte », qui a permis ce confinement « car nous n’aurons pas mis fin à la pandémie », a-t-il déclaré devant les députés. « L’incendie entraîné par la pandémie commence à être sous contrôle » mais « notre priorité désormais est de ne pas rebrousser chemin, (…) de ne pas baisser la garde », a-t-il insisté. Le gouvernement a toutefois déjà laissé entendre que le confinement serait assoupli progressivement. Les enfants pourraient notamment être autorisés à sortir avec leurs parents près de chez eux. L’arrêt pendant deux semaines des activités économiques non essentielles doit prendre fin pour sa part après le week-end pascal.

Une centaine de médecins tués par le coronavirus en Italie

Une centaine de médecins sont décédés de l’épidémie de Covid-19 en Italie, a annoncé jeudi à l’AFP leur fédération professionnelle. Au total, le bilan est d’environ 18’000 morts dans le pays « Nous avons le nombre de médecins décédés à cause du Covid-19, c’est 100, peut-être même 101 à l’heure actuelle malheureusement », a indiqué en milieu de journée le service de presse de la Fédération nationale des ordres de médecins en chirurgie et odontologie. Le site de cette fédération est marqué d’un ruban noir en signe de deuil et donne les noms de tous les médecins décédés. Certains étaient à la retraite et ont été rappelés pour aider des services sanitaires débordés par le nombre de malades. « Nous ne pouvons plus permettre que nos médecins, nos opérateurs sanitaires, soient envoyés combattre à mains nues le virus », a écrit sur le site Filippo Anelli, président de la FNOMCEO.

Dans le reste du monde:

Chine: état d’alerte à la frontière russe

Quartiers bouclés, hôpital improvisé, frontière fermée aux voyageurs: une petite ville chinoise limitrophe de la Russie est en alerte face à l’arrivée de voyageurs contaminés par le nouveau coronavirus. Le bouclage de Wuhan, berceau du Covid-19, a été levé mercredi. Mais le même jour, à 2000 km de là, la commune de Suifenhe, dans la province du Heilongjiang, au nord-est du pays, a décidé de confiner ses 70’000 habitants. La ville est devenue l’un des principaux postes-frontières routiers avec la Russie depuis la suspension fin mars par les autorités russes de toutes les liaisons aériennes internationales. Car, dans la foulée, beaucoup de voyageurs présents sur le sol russe ont pris des vols intérieurs vers Vladivostok, d’où ils ont ensuite rejoint Suifenhe par la route, à 200 km de là. Mais la Commission de la santé du Heilongjiang a annoncé ces derniers jours une hausse inquiétante du nombre de personnes contaminées arrivées dans la province depuis l’étranger: 25 mercredi, puis 40 jeudi. Tous sont des Chinois venant de Russie.

L’épidémie de Covid-19 est endiguée en Chine: le nombre officiel de nouveaux décès y est de moins de cinq par jour depuis une semaine. Mais les autorités restent sur le qui-vive face aux cas importés, qui pourraient déclencher une deuxième vague épidémique. Suifenhe a fermé sa frontière aux voyageurs, la maintenant toutefois ouverte aux marchandises, a indiqué l’agence de presse officielle Chine nouvelle, citant le maire de la commune. Suifenhe a également décidé depuis mercredi de confiner l’ensemble de ses quartiers d’habitation. Une mesure draconienne rappelant celle appliquée à Wuhan entre fin janvier et début avril. Enfin, la commune est en train de construire un hôpital temporaire de 600 lits dans un bâtiment déjà existant, a indiqué Chine nouvelle. La construction devrait être achevée samedi, et environ 400 membres du personnel soignant devraient y travailler, selon l’agence de presse.

Deuxième jour consécutif à près de 2000 morts aux Etats-Unis

Les Etats-Unis ont enregistré pour la deuxième journée consécutive près de 2000 morts liées au nouveau coronavirus, selon le dernier comptage de l’université Johns Hopkins. Il s’agit une fois de plus du pire bilan quotidien dans le monde depuis le début de la pandémie. Ce nouveau bond record (+1973 morts), légèrement supérieur à celui de la veille (+1939), y porte à 14’695 le nombre total de décès recensés. La première puissance mondiale dépasse désormais l’Espagne (14’555 morts), mais reste moins endeuillée jusqu’ici que l’Italie (17’669). Les Etats-Unis comptent par ailleurs à eux seuls plus d’un quart des cas officiellement déclarés dans le monde: 429’052 au total, selon les chiffres de Johns Hopkins, actualisés en continu.

Les Etats-Unis relèvent depuis le milieu de la semaine dernière plus de 1000 nouveaux décès quotidiens, malgré les mesures de confinement qui y ont été progressivement mises en place, Etat par Etat. L’Etat de New York constitue de loin le principal foyer de l’épidémie américaine, avec 6268 morts recensés. Il a enregistré une nouvelle progression record au cours des dernières 24 heures (+779), mais la situation s’y stabilise, a tenté de rassurer mercredi son gouverneur, Andrew Cuomo, tout en rappelant que les New-Yorkais n’étaient « absolument pas sortis d’affaire ».

Le Venezuela reçoit 90 tonnes de matériel envoyé par l’ONU

Quelque 90 tonnes de matériel envoyé par l’ONU, dont des kits de protection pour les soignants, sont arrivées par avion mercredi à Caracas pour aider le Venezuela dans sa lutte contre le coronavirus, a annoncé le bureau des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Le chargement comprend entre autres « 28’000 kits de protection personnelle pour les soignants qui sont en première ligne, des concentrateurs d’oxygène, des lits pour les services pédiatriques, des produits permettant de vérifier la qualité de l’eau et des kits d’hygiène », a précisé OCHA. Il s’agit de la « première cargaison humanitaire des Nations unies en soutien au Venezuela pendant la pandémie » de Covid-19, a déclaré Peter Grohmann, coordinateur de l’ONU au Venezuela, cité dans un communiqué. Cet « effort commun » a rassemblé plusieurs agences internationales, dont l’Unicef, le Fonds des Nations unies pour la population et l’OMS. Les dons sont destinés « dans une première phase à 14 hôpitaux (…) et à 50 cliniques ambulatoires et centres pédiatriques », a détaillé Herve Ludovic de Lys, représentant de l’UNICEF au Venezuela. La vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez a exprimé sa « profonde gratitude » aux Nations Unies, dans une allocution télévisée.

Selon le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro, 167 cas de coronavirus et neuf décès liés à la maladie ont été recensés au Venezuela jusqu’à présent. Fin mars, le pays d’Amérique du sud a reçu 55 tonnes d’aide envoyées par son allié chinois et une dizaine de médecins chinois s’y sont rendus pour appuyer leurs collègues vénézuéliens. Pour tenter d’enrayer la progression de la maladie, M. Maduro a ordonné la suspension de tous les vols de et vers le Venezuela il y a près d’un mois et le pays, qui compte 30 millions d’habitants, est en confinement quasi-total depuis le 17 mars. Seules les sorties pour aller acheter à manger et aller chez le médecin sont autorisées. La communauté médicale vénézuélienne met en garde contre un désastre sanitaire si les hôpitaux, sous-équipés et parfois insalubres, devaient faire face à un afflux de malades.

ATS/MH

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Nuit de colère aux États-Unis, malgré l’inculpation d’un policier

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Pour faire face à la gravité de la situation, des renforts militaires vont être portés à 1700 à Minneapolis et dans la ville voisine de Saint-Paul, d'ici à samedi soir. (©KEYSTONE/EPA/CRAIG LASSIG)

La colère suscitée par la mort d’un homme noir aux mains de la police de Minneapolis a alimenté de nouvelles émeutes dans la nuit de vendredi à samedi et gagné d’autres villes des Etats-Unis. Cela malgré l’arrestation d’un des agents impliqués dans le drame.

Le déploiement de 500 soldats de la Garde nationale et l’imposition d’un couvre-feu n’ont pas empêché la grande ville du Minnesota de s’embraser pour la quatrième nuit consécutive.

Des milliers de manifestants ont d’abord défilé pacifiquement en mémoire de George Floyd, un Afro-américain de 46 ans, mort lundi juste après son arrestation. Mais dans la nuit, la situation a dégénéré auprès d’un commissariat du sud de la ville, avec plusieurs commerces incendiés, de nouveaux pillages et de nombreuses dégradations.

Les soldats et policiers anti-émeutes ont tiré des gaz lacrymogènes et des fumigènes pour éviter que ce commissariat ne subisse le même sort qu’un autre, incendié la veille au soir.

Situation très dangereuse

« La situation est extrêmement dangereuse », a lancé le gouverneur de l’Etat Tim Walz lors d’une conférence de presse au milieu de la nuit pour appeler au calme. « Il n’y a rien d’honorable à brûler votre ville », a renchéri, à ses côtés, le maire Jacob Frey.

La tension est également montée dans le reste du pays. Des centaines de personnes se sont rassemblées devant la Maison Blanche à Washington, mais aussi à New York, Dallas, Houston, ville d’origine de la victime, ou encore Las Vegas, Des Moines, Memphis et Portland. A Atlanta, des véhicules de patrouille de la police ont été brûlés.

Justice exigée

Partout, les manifestants ont dénoncé les bavures policières et les disparités raciales. Surtout, ils ont exigé justice pour George Floyd qui, selon une vidéo devenue virale, semble avoir été asphyxié par la police.

Le policier blanc Derek Chauvin qui, sur ce film, maintient son genou pendant de longues minutes sur le cou du quadragénaire, a été arrêté vendredi et inculpé pour « homicide involontaire » et « acte cruel et dangereux ayant causé la mort ».

La famille de la victime a salué ce développement comme un premier pas sur « la voie de la justice », mais l’a jugée « tardif » et insuffisant. « Nous voulons une inculpation pour homicide volontaire avec préméditation. Et nous voulons voir arrêter les trois autres agents impliqués dans le drame », a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Ces derniers ont immédiatement été licenciés, comme Derek Chauvin, mais ne font encore l’objet d’aucune poursuite.

Armée en alerte

Pour faire face à la gravité de la situation, des renforts militaires vont être portés à 1700 à Minneapolis et dans la ville voisine de Saint-Paul, d’ici à samedi soir, a annoncé dans la nuit le major-général Jon A Jensen, qui dirige la Garde nationale du Minnesota.

Le président « a demandé au Pentagone de placer des unités de l’armée en alerte pour qu’elles puissent éventuellement intervenir à Minneapolis », a-t-il ajouté en estimant « prudent d’étendre les options disponibles » pour sécuriser la ville.

Tirs à balles réelles

Donald Trump, qui a dénoncé à plusieurs reprises un crime « tragique », s’en est pris jeudi aux « casseurs ». « Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles », a-t-il ajouté dans un tweet, que le réseau social a décidé de signaler comme une « apologie de la violence ».

Sur un ton diamétralement opposé, son prédécesseur démocrate Barack Obama a dit partager « la détresse » des millions d’Américains noirs, pour lesquels « être traités différemment sur la base de la race est tragiquement, douloureusement et de façon rageante ‘normal' ».

L’émotion a dépassé les frontières américaines, et des appels à rendre justice à George Floyd se multipliaient sur les réseaux sociaux dans plusieurs pays.

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L’affaire rappelle la mort d’Eric Garner, un homme noir décédé en 2014 à New York après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs. Lui aussi avait dit « Je ne peux pas respirer », une phrase devenue un cri de ralliement du mouvement Black Lives Matter (« La vie des Noirs compte »).

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Les États-Unis coupent les ponts avec l’OMS

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Donald Trump, qui avait déjà coupé la contribution financière accordée par son pays à l'OMS, a mis en exécution sa menace de couper les ponts avec l'agence onusienne (archives). (©KEYSTONE/EPA Bloomberg POOL/AL DRAGO / POOL)

Washington a rompu avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) accusée par Donald Trump de complaisance envers Pékin. Le Brésil s’enfonce dans la crise sanitaire devenant la cinquième nation ayant enregistré le plus de décès du nouveau coronavirus.

Le déconfinement se poursuit dans le même temps samedi surtout en Europe, avec entre autres l’Italie qui va rouvrir au public la célébrissime Tour de Pise, et la capitale ukrainienne Kiev qui fait redémarrer ses centres commerciaux et hôtels.

En France, le grand magasin parisien des Galeries Lafayette rouvre aussi samedi, avec masques et distances de sécurité de rigueur. Musées, parcs, cafés et restaurants français rouvriront mardi – seulement en terrasse à Paris. Ce sera aussi la fin de l’interdiction d’aller à plus de 100 km de chez soi.

Grâce au recul de la pandémie, à Varsovie les masques faciaux ne sont désormais plus obligatoires en public. La situation, en revanche, s’aggrave au Brésil, qui avec 27’878 décès est devenu le cinquième pays le plus endeuillé au monde, derrière les Etats-Unis (102’201), la Grande-Bretagne (38’161), l’Italie (33’229), la France (28’714), et devant l’Espagne. Qui plus est, des scientifiques soulignent que les chiffres réels au Brésil sont vraisemblablement bien pires.

Dans le monde, la pandémie a fait au moins 362’028 morts depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles vendredi à 21h00 heure suisse. Plus de 5,8 millions de cas ont été diagnostiqués dans 196 pays et territoires.

Trump divorce de l’OMS

Sans surprise, Donald Trump, qui avait déjà coupé la contribution financière accordée par son pays à l’OMS, a mis en exécution sa menace de couper les ponts avec l’agence onusienne.

Il a annoncé « mettre fin à la relation » entre son pays et l’OMS, qu’il accuse depuis le début de la pandémie de se montrer trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en décembre avant de se répandre sur la planète.

Premiers bailleurs de fonds de l’OMS, les Etats-Unis vont « rediriger ces fonds vers d’autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent », a-t-il déclaré à la presse.

La pandémie continue de faire des ravages aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Russie, et de plonger l’économie mondiale dans une crise inédite. Et des pays qui ont employé la manière forte avec des résultats convaincants, comme la Corée du Sud, restent en alerte.

Assouplissement à venir à New York

En Europe, le sauvetage à 9 milliards d’euros du géant du transport aérien Lufthansa a passé vendredi une nouvelle étape cruciale avec un accord entre le gouvernement allemand et la Commission européenne sur les principales conditions de cette opération, pour éviter la faillite du groupe. Mais quand le trafic retrouvera-t-il des niveaux qui permettent aux compagnies d’être rentables? Nul le sait.

Aux Etats-Unis, préoccupée par l’aggravation de la situation économique, le gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, a annoncé vendredi qu’il prévoyait une levée partielle du confinement pour la ville de New York la semaine du 8 juin, à condition que les indicateurs de santé publique soient satisfaisants.

Cet assouplissement ne concernerait dans un premier temps qu’une partie de l’économie, principalement le bâtiment et l’activité manufacturière. New York est, de très loin, la ville la plus touchée au monde par le coronavirus, qui y a tué plus de 21’000 personnes.

Les restaurants et salons de coiffure de Los Angeles, principal foyer de Covid-19 en Californie, ont été autorisés vendredi à rouvrir à condition de mettre en oeuvre les précautions d’usage. Tous les employés de ces établissements devront porter un masque et les clients également, dès lors qu’ils ne seront pas en train de manger.

Revenu minimum en Espagne

Le produit intérieur brut (PIB) de l’Italie a chuté de 5,3% au premier trimestre par rapport au précédent, de même que celui de la France, qui entre en récession. Celui de l’Autriche a diminué de 2,9%. L’économie canadienne s’est contractée de 8,2% en rythme annuel au premier trimestre, la chute la plus brutale depuis début 2009.

En Inde, l’économie a connu au 1er trimestre sa croissance la plus faible depuis 20 ans, tandis que celle du Brésil s’est contractée de 1,5% par rapport au trimestre précédent.

En Espagne, la crise a aggravé la pauvreté et fait exploser la demande d’aide alimentaire, poussant le gouvernement à approuver vendredi la création d’un revenu minimum vital.

Ce revenu a été fixé à 462 euros par mois pour un adulte vivant seul. Quelque 850’000 foyers, soit 2,3 millions de personnes, toucheront 139 euros mensuels pour chaque personne supplémentaire, adulte ou enfant, avec un plafond fixé à 1015 euros par foyer.

Sur le front médical, un médicament, l’anakinra, initialement destiné à des maladies rhumatismales, donne des résultats « encourageants » pour les formes graves du Covid-19 en réduisant le risque de décès et le besoin d’être mis sous respirateur en réanimation, selon une étude française qui offre une lueur d’espoir.

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Les EMS genevois restent confinés encore une semaine

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KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Alors que des pans entiers de la société retrouvent une certaine normalité, les EMS genevois resteront en mode confinement jusqu’au 8 juin. Les visites, sauf exceptions, sont interdites jusqu’à cette échéance.

L’arrêté du Conseil d’Etat reste en vigueur, a rappelé vendredi le directeur général de la santé du canton Adrien Bron. Les visites seront ensuite autorisées en mettant en place des mesures de précaution. Actuellement, seuls trois résidents sont positifs au Covid-19 dans les 54 EMS du canton.

Lors de ce 23e et ultime point de presse des autorités sanitaires genevoises sur la pandémie, Aglaé Tardin, du service du médecin cantonal, a souligné l’importance des gestes barrière, même si le virus circule peu. Il faut respecter les distances sociales et être stricte sur l’hygiène des mains. La pandémie a fait 277 victimes dans le canton.

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Premier enfant décédé du coronavirus en Suisse

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Peter Kneffel/dpa

La Suisse a enregistré 32 cas supplémentaires de coronavirus et deux décès liés à la maladie en 24 heures, a annoncé vendredi Stefan Kuster de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Pour la première fois, un enfant fait partie des victimes.

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Tribunal fédéral: conditions de détention illégales à Champ-Dollon

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KEYSTONE/Martial Trezzini

Le Tribunal fédéral admet le recours d’un détenu incarcéré durant plus de 22 mois à Champ-Dollon. Il constate que l’homme a passé 234 jours dans des conditions illicites, essentiellement en raison de la surface insuffisante de sa cellule.

Libéré à mi-mai 2016, le détenu avait saisi les autorités genevoises afin que l’illicéité de ses conditions de détention entre le 23 juin 2014 et le 15 février 2015 soit constatée et qu’une indemnité pour tort moral lui soit versée. Ses démarchés étaient restées vaines jusqu’à ce que le Tribunal fédéral ordonne en février 2019 à la Cour de justice d’entrer en matière.

En décembre 2019, la Cour de justice avait admis l’illicéité pour la période de détention précédant le jugement, soit durant 89 jours. Elle estimait en revanche que les conditions de détention après le jugement avaient été difficiles mais pas illicites.

Surface insuffisante

Certes, le recourant s’était retrouvé avec deux codétenus dans une cellule prévue pour deux personnes et ne disposait donc pas de la surface minimale de 4 mètres carrés recommandée par le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT). Mais ses compagnons étaient occupés plusieurs heures par jour au-dehors. Lui-même avait droit à une promenade quotidienne d’une heure et de trois à quatre heures hebdomadaires de sport.

Saisi d’un nouveau recours, le Tribunal fédéral a estimé, dans un arrêt publié vendredi, que le raisonnement des juges genevois, qui ont opéré une distinction « artificielle » entre la détention avant et après jugement, est indéfendable. En effet, les conditions – surface et occupation de la cellule – étaient les mêmes durant ces deux périodes. Cette distinction permettait juste de considérer que la durée maximale de trois mois, considérée comme tolérable en cas de surpopulation carcérale, n’était pas atteinte.

Confiné durant 8 mois

Pour le Tribunal fédéral, le recourant a passé près de 8 mois confiné durant 22 à 23 heures par jour dans une cellule qui lui offrait une surface individuelle inférieure à 3,7 mètres carrés. Les activités hors cellule proposées apparaissent très marginales. Dans ces conditions, la durée tolérable de trois mois au maximum est largement dépassée.

En conclusion, la Cour de droit pénal conclut que les conditions de détention du recourant n’ont pas été conformes aux standards minimaux durant 234 jours , entre le 23 juin 2014 et le 15 février 2015. Le Tribunal fédéral n’a pas été saisi d’une demande d’indemnisation et ne s’est donc pas prononcé sur ce point qui devra être tranché par la justice genevoise. (arrêt 6B_169/2020 du 18 mai 2020)

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