Le maire démocrate de Minneapolis a dit craindre vendredi que l'agent fédéral de l'immigration qui a tué une femme deux jours plus tôt ne bénéficie de l'impunité. Cet événement a provoqué une vive émotion et des manifestations appelant au départ de ces policiers.
L'édile de cette grande ville du nord des Etats-Unis, déjà secouée par la mort de George Floyd en 2020, s'est inquiété d'un manque d'impartialité dans l'enquête menée par les autorités fédérales, qui martèlent depuis mercredi que le policier a agi en état de légitime défense.
Dans des rues couvertes de neige, les manifestants contestent cette version officielle et s'en prennent à l'ICE, la police fédérale de l'immigration au centre de la politique d'expulsion à grande échelle du gouvernement de Donald Trump.
"L'ICE doit dégager du Minnesota, on n'a pas besoin d'eux ici", s'indigne vendredi matin auprès de l'AFP Eleanor, une habitante de Minneapolis qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, de nombreux résidents décrivant un climat de peur instauré par ces opérations de la police fédérale.
"Il fait froid, mais c'est important d'être là", dit encore Julie, une manifestante emmitouflée dans son bonnet qui tient une pancarte "ICE, dehors" devant un bâtiment fédéral de la ville gardé par des agents en uniforme militaire. "Nous voulons que le monde sache que nous sommes beaucoup" à protester, ajoute à ses côtés Karen.
Enquête
Les autorités locales, dirigées par des démocrates, ont été écartées de l'enquête sur les circonstances du décès, menée exclusivement par les autorités fédérales, et notamment le FBI.
Depuis mercredi, les responsables gouvernementaux affirment que le policier d'ICE qui a abattu Renee Nicole Good, une Américaine de 37 ans, a agi pour protéger sa vie et celle de ses collègues, car la victime tentait de les renverser en voiture.
"Le fait que le ministère de la Justice de Pam Bondi et ce gouvernement soient déjà parvenus à une conclusion dans ce dossier est très inquiétant", a déclaré le maire, Jacob Frey, lors d'une conférence de presse vendredi. "Nous savons qu'ils ont déjà bouclé une grande partie de l'enquête", a-t-il ajouté.
Ce démocrate a assuré qu'un service d'enquête de l'Etat du Minnesota avait "toujours mené ces enquêtes", se demandant donc "pourquoi ne pas les inclure dans le processus".
Lui et d'autres élus locaux contestent sans relâche la version des autorités fédérales en s'appuyant sur des vidéos qui semblent démentir le fait que l'agent ayant tiré sur Renee Nicole Good allait être renversé.
Des centaines de personnes se sont rassemblées jeudi soir sur les lieux des tirs, où un mémorial a été improvisé sur la neige avec des bougies et des dizaines de bouquets de fleurs.
Quatrième personne tuée
C'est à moins de deux kilomètres de là que l'Afro-Américain George Floyd avait été tué par un policier blanc en 2020, déclenchant des semaines de manifestations antiracistes, parfois violentes, à travers le pays.
Plus de cinq ans plus tard, la mort de Renee Nicole Good a aussi provoqué quelques manifestations dans plusieurs villes.
Selon le média américain The Trace, spécialisé sur la violence par armes à feu, cette mère de famille est la quatrième personne tuée par des agents fédéraux de l'immigration depuis le lancement de la politique d'expulsion à grande échelle de l'administration Trump, et sept autres ont été blessés.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp