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Suisse

A Sion, l'ex-directeur de la compagnie Interface face à la justice

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Le fondateur de la compagnie de danse Interface, accusé notamment de contrainte sexuelle et tentative de viol, fait face lundi à la justice valaisanne (archives). (© KEYSTONE/CHRISTIAN MERZ)

L'ancien directeur de la compagnie Interface a lundi comparu à Sion pour contrainte sexuelle et tentative de viol. Qualifié de "gourou" ou "obsédé sexuel", il aurait créé un environnement fermé où primait son bon vouloir, notamment dans la sphère sexuelle.

Très attendu, le procès s'est ouvert au terme de plus de cinq ans de procédure. Comme il l'avait fait jusqu'alors, le prévenu, entendu en ouverture d'audience, a réfuté toutes les accusations.

"Elles n'ont aucun sens. C'est une affabulation", a-t-il déclaré. Interrogé sur la notion de consentement, il a affirmé: "Avant comme maintenant, pour moi, s'il n'y a pas de consentement, aucun rapport n'a de sens."

Dans son acte d'accusation et durant sa plaidoirie, lors de laquelle il a requis 24 mois de prison ferme, le procureur Olivier Elsig a dressé le portrait d'un homme qui "contrôlait tout" et imposait des rites spirituels et sexuels de groupe censés nourrir la création artistique. "L'emprise psychologique sur des personnes épuisées moralement et psychologiquement est au coeur du dossier", a-t-il souligné

"Maître dans son château"

Le prévenu, aujourd'hui âgé de 62 ans, doit répondre de faits remontant au début des années 2010, survenus lorsqu'il était directeur de la compagnie de danse sédunoise, qu'il avait cofondée en 1990. Il aurait, dans le cadre de l'institution - subventionnée par la Ville de Sion -, instauré, au fil des ans, "une communauté de type sectaire".

Sous sa direction "discrétionnaire", les membres de l'équipe, souvent logés au sein de la compagnie, vivaient, pour beaucoup, dans une forte dépendance, tant financière que professionnelle. L'ancien directeur les poussait aussi à s'ostraciser de leurs proches et de leurs familles.

Plusieurs témoins se sont saisis des mots "gourou", "pacha" ou encore "maître dans son château" pour le décrire. C'est dans ce contexte que le Sédunois aurait cherché à obtenir des faveurs sexuelles, principalement auprès de femmes, et qu'il aurait fait de la sexualité un élément central de son contrôle.

Une seule partie plaignante

Selon l'enquête, plusieurs personnes semblent avoir été victimes du prévenu. Mais seule une ancienne collaboratrice, âgée de 16 ans à son entrée dans la compagnie, s'est constituée partie plaignante. Elle n'était pas présente au Tribunal du district de Sion lundi.

"Il y a un nombre incalculable de personnes qui racontent les mêmes comportements, les mêmes déviances, la même emprise", a insisté Olivier Elsig, évoquant une trentaine de témoignages.

L'avocat de la victime a décrit de manière similaire le processus mis en place par l'accusé. Il a évoqué "une manipulation répétée", qui emprunte à des formes "de dérive sectaire." Guillaume Salman a demandé 22'000 francs de dommages et intérêts.

Le prévenu doit répondre de contrainte sexuelle et de tentative de viol pour ce pan de l'affaire, mais aussi de séquestration et d'enlèvement pour un autre. Ces accusations concernent une altercation entre l'ex-directeur et une ancienne collaboratrice en 2011. Il l'aurait cantonnée dans une pièce, dont il avait fermé la porte et l'aurait empêchée de quitter la pièce durant plusieurs minutes.

"Sacralisation des victimes"

De son côté, l'avocat du prévenu Guillaume Grand a souligné que ce procès s'inscrivait "dans la mouvance Me too" qui, parfois, comportait des dérives avec la "sacralisation" des victimes. "Ce que j'entends par 'sacralisation', c'est le fait de rendre forcément pour vrai les faits qui sont énoncés par les victimes", a-t-il affirmé, plaidant l'acquittement de son client.

Le défenseur a argué en faveur d'une lecture alternative des témoignages et pointé des contradictions de la partie plaignante. Guillaume Grand a admis des "attouchements" survenus lorsque son client dirigeait la compagnie, mais réfuté toute accusation de contrainte et de tentative de viol, ainsi que l'existence d'emprise psychologique.

Il a également insisté sur le "côté racoleur" de l'article du Nouvelliste, à l'origine de l'affaire. Il a ainsi demandé une indemnité pour tort moral de 50'000 francs pour son client, désormais marginalisé, notamment professionnellement.

Dossier au long cours

C'est le quotidien valaisan qui, en 2021, avait révélé cette affaire. Il évoquait des "agressions sexuelles", une "emprise psychologique" et une "exploitation financière" à travers huit témoignages d'anciens et anciennes membres d'Interface.

L'instruction pénale a été ouverte en 2021 dans la foulée des révélations médiatiques. La Ville de Sion avait aussi réagi: elle avait rapidement gelé ses subventions (70'000 francs par an) et résilié le bail des locaux loués par la compagnie.

Depuis, une partie des faits ont été classés pour prescription ou absence de preuve. En 2022, le Ministère public avait classé le pan financier de l'affaire.

Le verdict devrait être rendu mardi. A noter que les faits reprochés, antérieurs au 1er juillet 2024, sont examinés à la lumière de l’ancien droit pénal en matière de violences sexuelles.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

Economie

Le tarier des prés, un oiseau exceptionnel menacé par la fauche

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Le plastron orange encadré de moustaches blanches du tarier des prés est difficile à repérer dans la palette de couleurs des prairies fleuries. (© Sébastien Poirier / Station ornithologique suisse)

La fauche tardive qui commence mercredi est particulièrement délicate pour les tariers des prés et la survie de leurs derniers nids. Cet oiseau d'une endurance de vol exceptionnelle est menacé en terres helvétiques, rappelle la Station ornithologique suisse.

Le plastron orange encadré de moustaches blanches du tarier des prés est difficile à repérer dans la palette de couleurs des prairies fleuries. Son crépitement a priori joyeux s'assimile à un appel à l’aide pour celui qui devine le drame qui guette sa nichée, écrit mardi la Station ornithologique suisse (SOS), basée à Sempach (LU).

Or, le petit oiseau qui pèse 16 grammes à peine est une espèce en déclin en Suisse en raison de la disparition des prairies fleuries et de la précocité des fauches, met en garde l'institution. La Station ornithologique suisse mène un programme de conservation du tarier des prés avec les agriculteurs, les agricultrices et les cantons concernés.

Un athlète de l'extrême

Les qualités de vol exceptionnelles du tarier sont largement ignorées. Pourtant, il est capable de voler sans interruption durant près de deux jours et dans des conditions climatiques extrêmes, lorsqu'il migre.

Dans le cadre d'une étude réalisée en collaboration avec la SOS, la reprise de sept tariers des prés équipés de capteurs de lumière et de pression a permis de reconstituer leur trajet entre les Alpes françaises et l’Afrique de l’Ouest.

Premier constat, les oiseaux empruntent une route différente à l’aller et au retour. Mais surtout, ils ont réalisé leur trajet automnal au-dessus du Sahara d'une seule traite en 37 à 45 heures à des altitudes atteignant 4000 à 6000 mètres, un record pour l’espèce.

Mieux connaître pour protéger

"Voir un oiseau si léger voler sans interruption pendant près de deux jours, à une altitude où l’air se raréfie et où les températures descendent jusqu’à -10 degrés, montre à quel point ces migrateurs sont capables de prouesses physiologiques extrêmes", relève Paul Dufour, chercheur à la SOS et co-auteur de l'étude, cité dans le communiqué.

Mieux connaître le parcours migratoire de l’espèce permet de compléter cette protection locale par une vision de tout son cycle annuel, de la Suisse jusqu’à ses quartiers d’hiver ouest-africains. écrit la SOS.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Economie

Urbanisme: la Ville de Sion réaménage sa place des Cèdres

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Le réaménagement de la place des Cèdres à Sion devrait durer environ 18 mois. (© dvarchitectes & associés/photo-montage/LDD)

La Ville de Sion a lancé, mardi, un chantier d'envergure. Celui-ci consistera à réaménager pour mars 2028, sa place des Cèdres, en créant des espaces de détente, laissant une large place aux piétons et aux usagers du centre-ville.

Le projet s’inscrit dans la politique d’embellissement et d’acclimatation de la ville. "C’est la suite logique des transformations entreprises depuis le début des années 2000 et qui ont permis à Sion d’améliorer la qualité de vie au centre-ville, aussi bien pour les habitants que pour les personnes qui y travaillent", a précisé, lors d'une conférence de presse, mardi, le président de la cité, Philippe Varone.

"Aujourd’hui, la population veut se réapproprier l’espace public et souhaite davantage de végétalisation et une meilleure gestion de l’eau pour lutter contre les îlots de chaleur", a ajouté l'élu PLR.

En forme de feuille de tabac

Le projet constitue l’une des opérations majeures de requalification du centre-ville depuis la piétonisation de l’avenue du Midi au début de la décennie et la requalification de la rue des Aubépines. Il vise à redonner à la place des Cèdres sa vocation première, soit: être un lieu de rencontre, au coeur d’un des secteurs les plus dynamiques du coeur de Sion.

Plusieurs espaces vont être aménagés en forme de feuille de tabac, en référence à la fabrique de tabac installée à proximité à la fin du XIXe siècle. Ils offriront des ambiances variées, avec pour chacun d’eux une configuration particulière et des équipements spécifiques comme des bancs, des tables et des fauteuils de lecture aménagés dans des espaces arborés. Une attention particulière sera portée à la végétation.

Future zone 20 km/h

Malade, le cèdre emblématique de la place devra être remplacé par un autre type de cèdre, mieux adaptée au lieu. Les revêtements seront autant que possible perméables, et les eaux de ruissellement seront revalorisées en surface dans les espaces verts.

Le chantier sera réalisé par étapes. Il comprendra également la réfection complète des infrastructures routières, la modernisation des réseaux souterrains et l’extension du réseau de chauffage à distance.

Dans le périmètre, la circulation sera clarifiée afin de garantir l’accessibilité et d'assurer une bonne cohabitation entre piétons, cyclistes et automobilistes. Le secteur des Cèdres passera en zone de rencontre, avec une limitation générale de la vitesse à 20 km/h.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Suisse

"Angela": la Police morgienne lance un nouveau dispositif d'aide

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La Police morgienne lance le dispositif "Angela", visant à aider les personnes se trouvant en difficulté dans l'espace public (archive). (© Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

La Police Région Morges (PRM) lance un nouveau protocole nommé "Angela". Objectif: soutenir les personnes se sentant en situation d'insécurité, de harcèlement ou de vulnérabilité dans l'espace public morgien. L'outil a déjà été mis en place dans différentes manifestations en Suisse romande.

"Grâce à un partenariat développé avec les commerçants de la Ville de Morges, toute personne qui se sent menacée ou mal à l’aise pourra désormais trouver refuge et assistance dans les établissements partenaires en demandant simplement 'Angela'", explique la PRM dans un communiqué mardi. Un autocollant disposé sur leur vitrine permettra de reconnaître les structures participantes.

L'idée est de permettre aux victimes de demander de l'aide discrètement et de bénéficier de l'aide de personnes formées à leur prise en charge, poursuit la PRM. La procédure vise à assurer leur mise en sécurité et à les orienter vers une aide adaptée.

L'outil, qui se veut complémentaire aux mesures déjà existantes, a fait l'objet de deux séances d'informations aux commerçants de la région. Celles-ci seront reconduites pour continuer de sensibiliser le nouveau personnel notamment.

Un suivi du protocole sera également mis en place, souligne la Police morgienne. "Ce projet illustre parfaitement l’importance de la collaboration entre les autorités, les commerçants et les acteurs spécialisés afin de créer, ensemble, un environnement plus sûr et plus bienveillant pour l’ensemble de la population", résume-t-elle encore.

Le code de sécurité "Angela" a déjà été déployé dans plusieurs événements en Suisse romande, dont des festivals, des girons de jeunesse et des villes. C'est le cas du Montreux Jazz Festival (MJF) et du Paléo Festival notamment. La Police Nyon Région (PNR) applique, elle, le dispositif depuis juin 2024.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Suisse

Un anticyclone prive la Suisse d'orages en ce début d'été

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Les conditions anticycloniques qui se maintiennent sur l'Europe de l'Ouest depuis le mois de mai sont peu favorables à la formation de cellules orageuses (archives). (© KEYSTONE/PETER KLAUNZER)

La Suisse connaît un début d'été particulièrement peu orageux, confirme MétéoSuisse. Ce phénomène s'explique par des conditions anticycloniques persistantes. La situation engendre une sécheresse marquée dans la quasi-totalité du pays.

L'impression largement répandue d'un début d'été très peu orageux est confirmée par les données. Le nombre d'éclairs enregistrés en Suisse entre le 1er avril et le 12 juillet est le plus bas depuis 2015 sur la même période, selon les informations fournies mardi à Keystone-ATS par MétéoSuisse.

Ce manque d'activité orageuse est la conséquence directe d'une situation météorologique stable depuis plusieurs semaines. Des conditions anticycloniques se maintiennent sur l'Europe de l'Ouest depuis le mois de mai. Une situation peu favorable à la formation de cellules orageuses.

Un air sec et stable

Dans un anticyclone, l'air est en effet sec et a tendance à descendre. "Pour la formation d'orages, il faut des conditions humides et instables, c'est-à-dire une température qui diminue rapidement avec l'altitude", explique à Keystone-ATS Mikhaël Schwander, prévisionniste chez MétéoSuisse. Une telle instabilité permet les mouvements ascendants de la masse d'air qui créent les nuages et les orages.

La sécheresse actuelle des sols et de la végétation joue également un rôle. Elle limite l'humidité disponible localement par évapotranspiration, un autre facteur qui contribue habituellement à la formation de nuages.

Déficit de pluie généralisé

Le phénomène ne se limite pas à l'absence d'orages. L'anticyclone bloque également les courants d'ouest qui amènent habituellement l'humidité et les précipitations depuis l'Atlantique. En conséquence, les cumuls de pluie sont très bas sur l'ensemble du territoire.

"Au cours de trois derniers mois, les cumuls de précipitations atteignent 30 à 60% de la norme dans la plupart des régions de Suisse", indique M. Schwander. Les conditions sont extrêmement sèches dans la quasi-totalité du pays. Si des orages parviennent tout de même à se former, ils ont tendance à se développer principalement sur les reliefs, en particulier dans les Alpes et, dans une moindre mesure, le Jura.

Une tendance amenée à durer

Ce type de situation météorologique devrait devenir de plus en plus fréquent à l'avenir. Dans le contexte du réchauffement climatique, les modèles climatiques prévoient des étés plus chauds et plus secs.

La hausse des températures entraînera une augmentation de l'évapotranspiration. Combinée à une diminution des précipitations estivales, "cela accroîtra la probabilité de sécheresses estivales", note MétéoSuisse. D'autres facteurs, comme la fonte précoce de la neige et un démarrage plus hâtif de la végétation, contribueront également à un assèchement plus rapide des sols.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Culture

Naufraghi/e, le média tessinois porté par des retraités

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De gauche à droite: Aldo Sofia, Romano Prodi (interviewé), Mario Conforti et Franco Cavani, membres de la rédaction tessinoise de Naufraghi/e. (© Naufraghi/e)

Dans le paysage médiatique tessinois, Naufraghi/e revendique une position atypique. Fondé par trois retraités issus du journalisme et du graphisme, le média en ligne fonctionne sans publicité ni abonnement et mise sur une grande liberté éditoriale.

Son nom, Naufraghi/e (Les naufragé(e)s), en dit déjà la ligne éditoriale. "Le sens nous semble clair, mais notre naufrage est métaphorique. Il s’agit d’un naufrage mental, pas d’une condition de vie ou de mort", explique à Keystone-ATS Mario Conforti, membre de la rédaction, qui répond à l’interview sur un ton d’humour noir.

D'anciens journalistes

Le projet repose sur une structure très réduite. La "rédaction" est composée de trois personnes, deux journalistes professionnels et un graphiste, tous retraités. Le rédacteur en chef a notamment dirigé le Telegiornale et des rubriques d’information de la RSI, tandis que son collègue fait partie des pionniers de l’information en ligne au sein de la même chaîne. Le graphiste est également l’auteur des illustrations du média. L’âge moyen du groupe atteint 77,4 ans.

Le média s’appuie également sur un réseau de contributeurs externes. Certains anciens collègues écrivent bénévolement, tandis que d’autres, plus jeunes ou basés à l’étranger, sont rémunérés à la pièce. "Personne ne travaille à temps plein sur le projet", précise Mario Conforti, ajoutant que les collaborateurs exercent souvent d’autres activités, dans le journalisme mais aussi dans des domaines comme le droit, l’enseignement, la recherche ou encore les ONG.

Le projet, né en 2021, s’est construit sans modèle économique traditionnel. "Nous ne nous considérons pas comme un nouveau média. Peut-être sommes-nous plutôt un vieux média qui tente de survivre", résume-t-il, en évoquant la naissance de Naufraghi/e "par nécessité", dans un paysage médiatique jugé appauvri en Suisse italienne.

Dons et contributions ponctuelles

Basé à Lugano, Naufraghi/e fonctionne essentiellement en ligne, les rencontres physiques étant rares. Le média ne repose ni sur la publicité ni sur les abonnements, et dépend principalement de dons ainsi que de contributions ponctuelles. "De bonnes personnes jettent parfois sur notre radeau un peu d’eau et de nourriture", ironise Mario Conforti, décrivant une organisation volontairement légère mais fragile.

Sur le plan éditorial, Naufraghi/e revendique une grande liberté de ton et de choix. "Tous ceux qui ne font pas vendre, à moins qu’un bon titre ne parvienne à les sauver", explique-t-il. Le média affirme ainsi se tenir à distance des logiques commerciales et des indicateurs d’audience.

Cette indépendance se traduit aussi dans le fonctionnement interne. "Nous pouvons nous moquer des business plans, des cibles, de l’audience ou du retour sur investissement", résume Mario Conforti. "Ceux qui veulent écrire écrivent. Ceux qui veulent lire lisent."

Le collectif décrit son organisation avec autodérision. "Notre rédaction prend l’eau de toutes parts, nous n’avons pas de gilet de sauvetage", lance-t-il, ajoutant un slogan de l’équipe: "La première condition pour se sauver d’un naufrage n’est pas de savoir nager mais de vouloir se sauver."

Système D

Dans ce système fondé sur la débrouille, les contributions extérieures jouent un rôle central. Les revenus, lorsqu’ils existent, sont redistribués aux collaborateurs, après avoir été partiellement conservés pour maintenir l’activité. "Nous gardons juste de quoi rafistoler la toile qui nous sert de voile", résume le journaliste.

Quant à leur place dans le paysage médiatique suisse, elle est assumée comme marginale. "Nous avons le sentiment de faire partie de la société incivile", affirme Mario Conforti. Et d’ajouter: "Nous mettons quiconque au défi de rester à flot cinq ans sur trois planches et un bidon percé."

Sur leur avenir, le ton reste sceptique. "Nous n’en voyons pas vraiment. À long terme, nous serons tous un algorithme", conclut-il.

https://naufraghi.ch/

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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