La seule centrale nucléaire de Hongrie sera mise à l'arrêt la semaine prochaine en raison du faible niveau d'eau du Danube, a annoncé vendredi le Premier ministre Peter Magyar, alors qu'une nouvelle vague de chaleur s'est abattue sur l'Europe centrale.
La centrale de Paks, située à une centaine de kilomètres au sud de Budapest, fournit environ 40% de la production annuelle d'électricité du pays.
L'exploitant de la centrale, dont les quatre réacteurs construits avec une technologie de l'ère soviétique sont refroidis par de l'eau pompée dans le Danube, avait averti cette semaine qu'un arrêt était "devenu inévitable".
"Selon les calculs actuels (...) cela pourrait se produire mardi ou mercredi", a déclaré Peter Magyar lors d'une conférence de presse à Paks. Jeudi, il avait appelé les industriels à réduire volontairement leur consommation électrique afin d'éviter une crise énergétique.
En raison de déficits de précipitations prolongés et de la chaleur extrême qui touche l'Europe depuis le printemps, les eaux du Danube ont atteint par endroits un niveau historiquement bas. Et la situation risque d'empirer en raison de nouveaux records de chaleur. Le service météorologique hongrois HungaroMet prévoit des températures de 40 à 41°C au cours des six prochains jours.
Kata Serfozo, 36 ans, une designer en congé maternité à Budapest, dit "passer beaucoup de temps dehors, à l'ombre", car à l'intérieur elle est contrainte de rester dans l'obscurité, volets baissés et rideaux tirés.
Des milliers d'habitants de la ville de Szentendre, à 20 kilomètres au nord de Budapest, sont par ailleurs privés d'eau courante et l'armée a été mobilisée pour acheminer des camions citernes.
"Températures insupportables"
"La chaleur et le manque d'eau me pèsent vraiment, vraiment beaucoup", confie à l'AFP Janos Keresztes, un retraité de 75 ans rencontré dans cette ville. "Parce que même si je peux obtenir assez d'eau potable auprès du camion-citerne, ce n'est pas suffisant pour se laver", ajoute-t-il.
En Slovaquie, les alertes chaleur concernent tout le pays, avec le niveau maximal décrété dans le sud-ouest. Les températures oscilleront entre 34 et 39°C jusqu'à dimanche, selon l'institut hydrométéorologique slovaque SHMU.
A Bratislava, les autorités ont déployé plus de 30 stations de rafraîchissement offrant notamment espaces climatisés, eau potable et sanitaires.
Darina Justusova, 33 ans, enceinte de son deuxième enfant, juge les températures "insupportables". "Je me sens beaucoup plus fatiguée", ajoute la jeune femme interrogée par l'AFP.
Les services météorologiques slovaques ont également mis en garde contre un risque élevé de feux de forêt dans une grande partie du pays.
La Slovénie fait face à des risques similaires.
L'Agence slovène de l'environnement (ARSO) a placé l'ouest du pays en risque d'incendie "extrêmement élevé". Elle a interdit de nombreuses activités susceptibles de provoquer des départs de feu.
"Cette vague de chaleur sera exceptionnelle par sa durée, pas seulement par les températures élevées", a souligné le climatologue Gregor Vrtacnik, lors d'une conférence de presse de l'ARSO vendredi à Ljubljana.
"La période avec des températures quotidiennes supérieures à 35 degrés sera d'une durée record", a renchéri le météorologue Branko Gregorcic.
Records en Autriche
Sur la côte adriatique slovène, la température de la mer pourrait dépasser le record historique de 30,4°C enregistré en 2010.
En Roumanie, des alertes jaune et orange sont en vigueur dans la moitié ouest du pays, où les températures pourraient atteindre localement 40°C ce week-end.
En Autriche, le record de température pour un mois de juillet a été battu vendredi après-midi dans la station météorologique de Wieselburg, en Basse-Autriche (est), avec 40,3°C, a annoncé le service météorologique national GeoSphere Austria. Le précédent record, de 39,7°C, remontait à 43 ans.
Selon l'organisme GeoSphere Austria, cette nouvelle vague de chaleur intervient alors que le pays traverse déjà une sécheresse qualifiée d'"extrême".
"Depuis le début de l'année, il manque environ 30% de précipitations", a souligné GeoSphere, faisant des sept premiers mois de 2026 les plus secs observés depuis le début du XXe siècle.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp