Le salaire minimum genevois sera réduit d'un quart pour les jobs d'été. La modification législative a été acceptée dimanche en votation par 60,61% de "oui". Le taux de participation s'est élevé à 48,65%.
"Le Conseil d'Etat est très satisfait de ce résultat clair. Ce salaire minimum dérogatoire répond au souhait des entreprises. Depuis 2020, bon nombre de jobs d'été avaient disparu", a réagi devant les médias la conseillère d'Etat Delphine Bachmann, en charge du Département de l'économie, de l'emploi et de l'énergie.
Cette baisse de la rémunération des étudiants au maximum 60 jours par année civile et pendant les vacances vise, selon ses partisans, à enrayer la diminution des emplois d'été, jugés trop coûteux depuis l'introduction du salaire minimum genevois en novembre 2020. La modification législative était assortie du référendum obligatoire afin de permettre son entrée en vigueur rapidement, à savoir "cet été", selon Mme Bachmann.
Abus sanctionnés
Une disposition similaire existe déjà dans le canton de Neuchâtel et est prévue dans le contreprojet à l'initiative vaudoise pour un salaire minimum. A Genève, le salaire minimum se monte cette année à 24,59 francs de l'heure, mais la loi prévoit déjà des exceptions pour les contrats d'apprentissage, de stage ou encore de travail pour les jeunes de moins de 18 ans. Il s'élèvera donc à 18,44 pour les jobs dits d'été.
Pour la droite, le patronat et le gouvernement, cette baisse de la rémunération aura pour effet que davantage d'emplois seront à disposition des jeunes en formation, leur permettant de gagner un revenu et d'acquérir une première expérience professionnelle. "La modification d'un contrat de travail annuel pendant les vacances sera un abus de droit qui sera sanctionné", a prévenu Mme Bachmann.
Annonce des jobs
La gauche et les syndicats ont quant à eux regretté cet affaiblissement du salaire minimum. Le comité "Contre la précarité étudiante, pas touche au salaire minimum!" a rappelé que de nombreux étudiants doivent travailler pour financer leur formation. Doutant de la "prétendue" disparition des jobs d'été, il exige que tous les jobs étudiants soient annoncés aux autorités.
Et de prendre au pied de la lettre la droite et les milieux patronaux, qui affirment qu'il n'y a pas de remise en cause du salaire minimum. Les membres du comité unitaire seront intraitables face aux éventuelles futures attaques au salaire minimum, a mis en garde le comité.