Le président américain Donald Trump a confirmé lundi avoir invité son homologue russe Vladimir Poutine à rejoindre le "Conseil de la paix", qu'il veut créer à sa main pour oeuvrer à la résolution des conflits dans le monde, en concurrence avec l'ONU.
"Oui, il a été invité", a répondu M. Trump à un journaliste en Floride qui lui demandait s'il avait invité le dirigeant russe à rejoindre cet organisme, où le billet d'entrée serait d'un milliard de dollars pour un siège permanent.
Le président américain a menacé dans la foulée d'imposer des droits de douane sur les vins et champagnes français en réponse au refus de son homologue Emmanuel Macron de rejoindre ce "conseil". "Je vais mettre 200% de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera. Mais il n'est pas obligé d'y adhérer", a-t-il déclaré à des journalistes en Floride.
L'entourage d'Emmanuel Macron a indiqué lundi à l'AFP que la France "n'entend pas donner suite favorable" à ce stade à l'invitation reçue pour rejoindre un "conseil de paix".
Suisse invitée
La Suisse a également été invitée à rejoindre le "Conseil de paix" du président américain Donald Trump. Elle a été approchée le week-end dernier, a indiqué mardi le chef de la communication du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Nicolas Bideau. Berne "étudie actuellement les détails de la charte et discute avec les parties concernées, dont les Etats-Unis".
La Chine a aussi dit mardi avoir été invitée par les Etats-Unis à rejoindre le "Conseil de paix" de M. Trump, a fait savoir un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères. Il n'a pas précisé si Pékin allait répondre favorablement ou non.
Quant aux Emirats arabes unis et Bahreïn, les deux pays ont annoncé mardi leur intention de rejoindre ce "Conseil de paix". L'organe fixe un billet d'entrée d'un milliard de dollars pour un siège permanent, selon une "charte" dont l'AFP a obtenu une copie.
Reconstruction de Gaza
Cette décision "reflète l'importance de la mise en application totale du plan de paix en 20 points du président Donald Trump pour Gaza, qui est essentiel pour la mise en oeuvre des droits légitimes du peuple palestinien", a déclaré le ministère émirati des affaires étrangères.
La ministre d'Etat à la coopération internationale des Emirats arabes unis, Reem al-Hashimy, devrait aussi siéger dans un sous-comité de l'organisation.
Le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, a également "accepté l'invitation du président Donald Trump", selon le ministère des affaires étrangères à Manama, qui a salué les efforts américains pour "établir une paix durable dans le monde".
Le "Conseil de paix" avait été initialement conçu pour superviser la reconstruction de Gaza, mais le projet de "charte", qui accorde des pouvoirs très étendus à Donald Trump, révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question du territoire palestinien, celui de contribuer à la résolution de conflits armés dans le monde.
Substitut de l'ONU
Il semble ainsi en faire un véritable substitut de l'ONU, suscitant des critiques de la part de certains alliés des Etats-Unis, dont la France.
Les Emirats et Bahreïn font partie des alliés principaux de Washington au Moyen-Orient et parmi les seuls à avoir normalisé leurs relations avec Israël, sous l'impulsion du président Trump durant son premier mandat en 2020.
Ils ont été vivement critiqués dans la région pour ce rapprochement avec Israël, surtout depuis qu'a éclaté la guerre dans la bande de Gaza, où les deux pays ont fourni de l'aide humanitaire.
La décision émiratie de rejoindre le "Conseil de paix" intervient en outre sur fond de tensions avec l'Arabie saoudite voisine, qui cherche aussi à gagner les faveurs de Washington et des promesses d'investissements ou autres accords commerciaux.
Ryad n'a de son côté pas indiqué s'il allait rejoindre le "Conseil de la paix".
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp