Il est des commerces qui font partie des meubles à Genève. Le magasin de jouets le Carrousel rue de la Corraterie est contraint de plier boutique. En cause, des travaux dans le bâtiment qui entraîneront la hausse des loyers des commerces concernés. Un luxe que ne peut pas se permettre l'enseigne alors que d'arcades, sont concernées par des fermetures en ville.
"C'est un pincement au cœur", exprime avec émotion Giovanna, responsable du Carrousel. Autour d'elle, plusieurs étagères ont abandonné leurs jouets. Seuls quelques derniers articles bradés jonchent le sol de la boutique qui se prépare à accueillir samedi 29 décembre un goûter pour convier les clients fidèles, ainsi que les autres commerçants de la rue de la Corraterie avec qui la gérante explique s'être "toujours entraidée".
Certaines de ces arcades sont concernées par le projet immobilier d'AXA, qui a racheté les lieux depuis 2017. Plusieurs magasins doivent déménager le temps des travaux, et si certains comme Optique 2000 pourront retrouver une place rue de la Corraterie à l'issue du chantier, le Carrousel, lui ne pourra pas assumer la hausse de loyer qu'impliquera la nouvelle mue des lieux.
Conditions difficiles
On observe une hausse des coûts d'exploitation des commerces. Que ce soient les loyers, les coûts d'énergie ou les salaires
Secrétaire à l'économie de la Ville, Pascal Rocha Da Silva reconnaît des conditions difficiles pour les petits commerçants :"On observe une hausse des coûts d'exploitation des commerces. Que ce soient les loyers, les coûts d'énergie ou les salaires." Il explique que si l'année dernière, davantage d'enseignes avait fermé leurs portes, le taux de vacances reste toutefois bas, notamment comparé à d'autres villes romandes comme Lausanne.
Il tient tout de même à souligner les actions faites pour palier ces fermetures. Telle que la récente indemnisation de rue de Carouge, mais aussi les politiques indirectes visant à rendre le centre-ville plus attractif comme celle décidée en novembre de passer de la musique de Noël par exemple, "il y a un degré d'action qui tend à augmenter", affirme Pascal Rocha Da Silva.
Le même sort
Ce sont plein de souvenirs, c'est comme si c'était un bébé que je vais devoir laisser partir. C'est quelque chose qui va rester vraiment encré en moi
Au Carrousel, Giovanna retient surtout 30 ans de souvenirs : "Mon fils, aujourd'hui, a presque 26 ans. Je suis venue ici acheter son premier petit train en bois avec ma belle-maman. Ce sont plein de souvenirs, c'est comme si c'était un bébé que je vais devoir laisser partir. C'est quelque chose qui va rester vraiment encré en moi."
La responsable regrette d'ailleurs de voir également autour d'elle d'autres commerces rendre leurs clés. À l'image du shop les Amazones dans le quartier des Bains. Une boutique de créatrices locales qui termine son affaire après 4 ans. Inflation, charges en hausse et pressions immobilières sont des raisons de leur départ regretté. Ou encore du American Dream Diner, qui plie bagage en raison de travaux ayant entraînés une baisse "très importante" de leur chiffre d'affaires, peut-on lire sur un post Facebook expliquant leur départ.