La pianiste de jazz lausannoise Sylvie Courvoisier reçoit le Grand Prix suisse de musique 2025, doté de 100'000 francs. Sept autres musiciens sont récompensés, dont la harpiste genevoise Julie Campiche.
Passant habilement du domaine de la musique de chambre contemporaine à celui du jazz d'avant-garde, Sylvie Courvoisier a été saluée par le New York Times comme "une pianiste à la fois audacieuse et pleine d'aplomb". C'est au tour de la Suisse, via l'Office fédéral de la culture (OFC), de mettre en avant les talents de cette artiste de 57 ans, qui a quitté Lausanne pour New York deux ans avant le changement de millénaire.
"Recevoir le Grand Prix Suisse de Musique est une immense reconnaissance pour mon parcours artistique et mon engagement", réagit l'artiste dans un communiqué publié par l'OFC.
Tournée internationale
Cette année, la pianiste suisse a publié plusieurs albums et est en tournée aux Etats-Unis et en Europe. En duo avec la guitariste de jazz américaine Mary Halvorson, dont chacune des deux artistes compte "parmi les personnalités les plus originales et les plus novatrices de la scène de la musique moderne", elles ont sorti un troisième album ensemble ce printemps.
Intitulé "Bones Bells", il tire son nom d'un passage de "Trust", le roman de 2022 de l'auteur argentin-américain Hernan Diaz, lauréat du prix Pulitzer. Le 3 octobre, Sylvie Courvoisier va publier un autre album "Angel Falls", fruit d'une collaboration avec un autre artiste, le trompettiste Wadada Leo Smith.
La musicienne a reçu de nombreuses récompenses au cours de sa carrière. On peut citer un Prix suisse de la musique en 2018, le Prix international du piano du Deutscher Jazzpreis 2022 et, cette année, le Prix de la musique de l'Académie américaine des arts et des lettres.
Une harpiste genevoise
Parmi les sept lauréats des Prix suisses de musique, dotés de 40'000 francs chacun, figure une autre Romande, la harpiste genevoise Julie Campiche, 42 ans, qui va proposer un premier album début 2026.
Par son travail et ses innombrables concerts, par exemple au Festival de jazz de Montreux, à l'Elbphilharmonie à Hambourg et au Vortex Jazz Club de Londres, Julie Campiche s’est imposée "comme une instrumentiste et une compositrice de pointe sur la scène du jazz européen", écrit l'OFC.
Elle est aussi la première harpiste à obtenir un master en composition et performance jazz à la Haute école de musique de Lausanne.
Six autres artistes ont encore reçu un Prix suisse de musique: le violoncelliste, compositeur et professeur bernois Thomas Demenga, le chef d'orchestre zurichois Titus Engel, le compositeur bâlois Jannik Giger, la musicienne expérimentale, compositrice et plasticienne zurichoise Charlotte Hug Raschèr et le musicien Stereo Luchs, lui aussi de Zurich.
Le Tessin n'a pas été oublié avec Vox Blenii et Vent Negru, les voix du patrimoine musical tessinois.
Un orchestre expérimental genevois
Trois acteurs culturels se voient encore décerner des prix spéciaux pour la musique, assortis de 25'000 francs chacun, dont l'"Insub Meta Orchestra", un orchestre expérimental genevois. Ses deux créateurs Cyril Bondi d'incise et Laurent Peter, lauréat d'un Prix suisse de musique en 2019, ont rassemblé plus de 60 musiciennes et musiciens, "autant que possible".
L’expérience musicale et le niveau des participants ne joue aucun rôle: l’Insub Meta Orchestra inclut aussi bien des amateurs que des musiciens professionnels et musiciennes professionnelles de toutes les tranches d’âge et issus de tous les genres musicaux.
Au sein du collectif, les hiérarchies conventionnelles qui régissent les rapports entre le chef d’orchestre et les musiciens tombent. Le dixième album de l’ensemble est sorti en janvier dernier.
Réseau global
Le Prix spécial musique, qui distingue des acteurs et actrices culturels pour leur contribution à la scène musicale suisse, revient au festival Facciamo la Corte!" à Muzzano (TI), qui allie musique et communauté avec une résonance nationale.
Le réseau global pour les phénomènes musicaux actuels "Norient" (BE/mondial) est également distingué. Fondé à Berne en 2002 par l’ethnomusicologue Thomas Burkhalter, Norient.com est passé d’un blog de musique à une plateforme audiovisuelle multiforme.
Certains lauréats se produiront également en live dans le cadre du festival international de musique classique d'été, le Lucerne Festival Ark Nova.
La cérémonie de remise des prix se tiendra pour la première fois au Centre de culture et de congrès (KKL) de Lucerne le 11 septembre, en présence de la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider.
Figure de l'art contemporain franco-suisse, Christian Bernard, ex-directeur du MAMCO à Genève, est décédé mercredi dernier à l'âge de 76 ans des suites d'une longue maladie. En 1994, il devient le premier directeur du musée genevois, jusqu'en 2015.
Commissaire d'exposition, directeur de musée et poète, Christian Bernard aura profondément marqué la scène artistique franco-suisse en redéfinissant de manière critique les missions de l’institution muséale, écrit dimanche David Lemaire, du comité de l'association des musées d'art suisses VSK-AMA en annonçant son décès.
Son activité de commissaire et de directeur d’institution s’est déployée pendant quatre décennies. Dès le milieu des années 1960, Christian Bernard, né à Strasbourg, se rapproche des réseaux poétiques et artistiques liés au surréalisme. Cette proximité constituera l’un des ancrages de son parcours intellectuel, notamment par l'importance donnée au langage et au décloisonnement des pratiques, écrit David Lemaire.
Après avoir contribué à la création du Fonds régional d’art contemporain (FRAC) Rhône-Alpes, Christian Bernard dirige la Villa Arson à Nice de 1986 à 1994, une école d'art qu'il conçoit comme un espace de recherche, d’expérimentation et, déjà, d'exposition. Une génération entière d’artistes aujourd’hui établis a pu bénéficier de cette fusion alors inédite entre lieu de formation et centre d'art, précise M. Lemaire, par ailleurs aussi conservateur et directeur du Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds.
MAMCO
En 1994, Christian Bernard devient le premier directeur du Musée d’art moderne et contemporain de Genève (MAMCO). Pendant plus de vingt ans, il forge l'identité d’une institution qui renouvelle les formes du musée. Sous sa direction, le MAMCO est conçu comme une proposition globale, sans distinction entre collection permanente et expositions temporaires. Le musée est constamment en évolution et en mouvement.
Cette approche traduit une conviction: le musée ne doit pas seulement transmettre un savoir constitué, mais permettre aux oeuvres de produire une pensée critique, y compris de l'institution qui les accueille. Christian Bernard était avant tout dévoué aux artistes. Véritable découvreur, il valorisait les parcours invisibilisés autant que les acteurs établis, écrit encore son ex-collègue dans un communiqué.
Après son départ du MAMCO, il poursuit son activité curatoriale, notamment au Printemps de septembre à Toulouse. Il fonde les éditions Walden n qui publient des écrits d'artistes. Et il écrit, quant à lui, de la poésie. Commencée dès sa jeunesse, son ½uvre poétique s'est poursuivie avec discrétion et vient d'être publiée, à raison de deux recueils ces deux dernières années.
"Ecrire c'est penser dans un violon"
D’autres ouvrages poétiques sont encore à paraître. Quelques semaines avant son décès, alors que cette oeuvre poétique avait longtemps cheminé en marge de son activité publique, une reconnaissance majeure vient en consacrer l’importance: l’Académie française lui décerne son Grand Prix de Poésie 2026 pour l’ensemble de son oeuvre.
Cette distinction tardive rappelle que, derrière la figure du directeur de musée placée au premier plan, demeurait un intellectuel qui appréhendait le monde en poète, souligne M. Lemaire. Il laisse l'exigence de regarder l’art - et le monde qu'il reflète - sans renoncer à la complexité, ni à la politesse du désespoir. Ecrire, définissait-il, c'est "penser dans un violon", note encore M. Lemaire.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Des plongeurs italiens ont découvert l'épave d'un bateau romain au large de la Sicile, remplie à ras bord de centaines d'amphores en très bon état. Elles étaient probablement utilisées pour transporter du vin.
L'épave, vieille d'au moins 2100 ans, a été qualifiée par le ministre italien de la Culture, Alessandro Giuli, comme "l'une des plus importantes découvertes récentes en archéologie sous-marine", et a été retrouvée à cinq kilomètres au large de Mazara del Vallo, dans l'ouest de la Sicile.
Les plongeurs de l'unité de protection du patrimoine culturel de la police de Palerme ont raconté samedi avoir localisé le bateau, dont on estime qu'il date d'une période comprise entre le IIe et le Ier siècle avant notre ère, à 46 mètres de profondeur, grâce à une information donnée par des pêcheurs.
Dans un post Instagram accompagné d'une vidéo de la découverte, le pêcheur sous-marin Giacomo De Mola a raconté être tombé par hasard sur l'épave: "La visibilité n'était pas au mieux... Je me suis approché. Et j'en ai eu le souffle coupé. Sous mes pieds se trouvait une immense étendue d'amphores".
Le bateau faisait 21 mètres de long et six mètres de large, d'après les médias locaux. Il transportait essentiellement des amphores de type Dressel 1A, grandes et cylindriques, qui servaient en général à transporter du vin.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp
La 20e édition du FIFO, le Festival international folklorique d'Octodure, s'est conclue samedi à Martigny. Les organisateurs tirent un bilan positif de ce millésime 2026, qui marquait également les 40 ans de la manifestation. Celle-ci a réuni près de 20'000 spectateurs cette année.
Pendant plus d’une semaine - du 31 juillet au 8 août -, neuf groupes folkloriques venus des quatre coins du monde (Allemagne, Arménie, Bénin, Espagne, Inde, Mexique, Roumanie, Uruguay, Wallis-et-Futuna) et plus de 300 artistes ont fait vibrer Martigny au rythme de leurs traditions. Les deux grands spectacles d’ouverture et de clôture ont affiché complet.
La grande majorité des événements proposés étaient gratuits. Ces groupes venus des cinq continents se sont produits dans diverses stations de la région, à l'occasion de la Fête nationale.
"Nous avons vécu une édition particulièrement marquante", se félicitent les organisateurs au terme de leur manifestation. Ce millésime a également été placé sous le signe de la valorisation du patrimoine culturel immatériel, notamment grâce au patronage de la Commission suisse pour l’UNESCO.
Culturel et populaire
Ce millésime anniversaire s’est conclu samedi avec la Fête cantonale des costumes. Aux côtés des neuf groupes internationaux invités, 28 groupes folkloriques venus de tout le Valais ont pris part à cette journée. Point d'orgue de la manifestation: un grand défilé au coeur de Martigny.
"Avec cette vingtième édition, le FIFO confirme ainsi sa vocation de rendez-vous culturel et populaire incontournable, capable de faire découvrir les traditions du monde entier tout en mettant à l’honneur le patrimoine folklorique valaisan", ont conclu les organisateurs dans leur communiqué.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Le far° s'ouvre le 12 août prochain à Nyon. Le festival et fabrique des arts vivants propose plus de 70 événements répartis en 30 projets artistiques. Danse, théâtre, cirque, concerts et performances sont au menu jusqu'au 22 août. Plongée dans ce programme foisonnant en s'attardant sur un spectacle de chacun des six fils thématiques de cette 42e édition.
1. Passons à l'action
Quels sont les éléments déclencheurs qui nous mettent en mouvement ? Dans "Lick life against the direction of its fur", que l'on pourrait traduire par "croquer la vie à rebrousse-poil", Tyra Wigg propose de remonter le temps afin de mieux faire face à une pénurie de futur. Hantés par un avenir perdu, trois artistes font revivre les danses et les modes des années 1980 dans une ambiance sonore et visuelle excentrique. A découvrir les 21 et 22 août à l'Usine à Gaz.
2. De la douceur des gestes
Ce parcours thématique en cinq étapes invite à (re)prendre soin de nos corps par le geste, la lenteur et le palais. Avec "Again forever", Lisa Vereertbrugghen propose une performance au ralenti. Par des jeux de regards, des mouvements lents et une musique comme assourdie, le spectacle embarque le public dans une danse sous forme de résistance. Les 14 et 15 août à la Salle des Marchandises.
3. Retoucher nos parcours
Des spectacles mettent en évidence les rapports de force dans nos sociétés. Dans "Biographies", la Circassienne Neta Oren jongle au rythme de ses réflexions déclamées au public par le rappeur Pierre Laloge. Sa performance se fait l'écho du flot et du flow de ses pensées. Les 19 et 20 août à la salle communale de Nyon.
4. Revisiter nos biographies
Quel est le fil qui nous relie à notre passé et nous permet d'avancer ? Dans "Autoportrait à ma grand-mère", Patricia Allio rend un hommage vibrant à son aïeule bretonne en faisant dialoguer ses propres réflexions avec des archives sonores et photographiques. Les 12 et 13 août à la Salle des Marchandises.
5. Retour à la terre
Des spectacles invitent à ressentir le sol et à considérer autrement les animaux d'élevage, comme les poules. Avec "Alouettes - Pièce de champ", Emilie Rousset et Caroline Barneaud imaginent un voyage touchant entre culture et nature. Assis dans l'herbe et muni d'un casque, le public écoute les propos de scientifiques, d'une directrice d'ONG, d'une spécialiste des oiseaux et de l'agriculteur Didier Frei. Les 13 et 14 août dans un champ à Duillier.
6. Familles
Une série de spectacles sont dédiés aux familles avec enfants. "K.O - sport" de la Compagnie Supersueurs propose de jouer à un jeu qui n'existe pas et dont les règles s'inventent au fur et à mesure de la partie, rythmée par le son d'une batterie. Le public est invité à participer, mais ce n'est pas une obligation. Les 14 et 15 août, devant le Conservatoire, au bord du lac.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Jean-Luc Bideau a reçu samedi sur la Piazza Grande un prix spécial pour l'ensemble de sa carrière. A 86 ans, l'acteur genevois, avec une centaine de films au compteur, est salué pour un parcours marqué par son instinct, ses improvisations et ses rôles populaires.
"On a ce soir avec nous une vraie légende du cinéma, un artiste incomparable", a déclaré Giona Nazzaro, le directeur artistique du Festival du film de Locarno, en accueillant Jean-Luc Bideau sur la scène de la Piazza Grande.
"C'est grâce au cinéma suisse que j'existe", a déclaré l'acteur genevois au moment de recevoir son prix: "il m'a tant apporté". Et comme à son habitude, il a rendu hommage à son épouse Marcela: "une femme formidable qui m'a mis en scène".
Giona Nazzaro l'a ensuite pris dans ses bras comme il l'avait fait peu avant sur le tapis rouge. Les spectateurs de la Piazza ont pu également (re)voir brièvement des extraits de quelques-uns des films majeurs de Jean-Luc Bideau, qui se déplaçait avec une canne.
Soixante ans de carrière
Révélé notamment par Michel Soutter, Alain Tanner et Claude Goretta, Jean-Luc Bideau a incarné le renouveau du cinéma suisse des années 1970. De "La Salamandre" à "L'Invitation", en passant par des collaborations avec Claude Chabrol, Costa-Gavras ou des succès populaires comme "Et la tendresse ?... Bordel !" (1979) de Patrick Schulmann, son parcours a alterné cinéma d'auteur et productions grand public.
Il a aussi marqué la télévision française, notamment dans la série "H", tout en poursuivant une carrière théâtrale qui l'a conduit jusqu'à la Comédie-Française.
A Locarno, il présente également hors compétition "Ah que le bonheur est proche !" de François-Christophe Marzal, dans lequel il joue un acteur vieillissant qui interprète Don Quichotte au théâtre et voit sa mémoire lui jouer des tours. Dans la vraie vie, Bideau garde l'envie de tourner malgré la fatigue: "Je veux toujours tourner, mais je suis un peu épuisé", expliquait-il avant la cérémonie.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats