Une voix venue des étoiles et tombée sur le Léman: moins de six semaines après sa victoire historique à The Voice France, Lady O a envoûté le Montreux Jazz Festival lundi soir. La jeune Vaudoise a séduit le public en proposant aussi des compositions inédites.
Sur ses bras, les paillettes se devinent à peine. Il faut l'angle parfait, la lumière parallèle du soleil qui se couche sur le lac. De la tête aux chevilles, elle est vêtue de noir: ses pieds, eux, se sont débarrassés de leurs chaussures.
Accueillie par des salves d'applaudissements, la native de Lutry (VD) foule la scène avec "plein de choses à raconter du haut de (ses) 19 ans." A qui? En tout cas aux 450 personnes qui balaient tous les âges et tout le parterre de la Nestlé Sunset Stage. Et à ceux restés au bord, qui n'ont pu accéder faute de place.
Sur scène, la Suissesse n'est jamais loin de ses deux musiciens. L'un d'entre eux, Ouden, est aussi le producteur de son album "Thank You Little Girl" paru en janvier, quelques mois avant sa participation à The Voice. Depuis le concours, la jeune femme est suivie par près de 30'000 personnes - un "sacré bout de gens quand même" - sur les réseaux sociaux.
Une élégance qui va de soi
"Il est un peu stressant de savoir comment on va essayer de les convertir, de les amener dans mon univers", admet auprès de Keystone-ATS Lady O. L'objectif du show de lundi soir est limpide: susciter "beaucoup d'émotions." Celle qui fait de la musique "un peu depuis toujours" se dit également heureuse que les gens présents aient "peut-être écouté (son) projet."
Des sept titres que compte son album, nombreux sont joués à Montreux, dans le cadre de cette programmation gratuite. Anglais et français se mêlent tour à tour, de "Nice" à "Purple Letter" en passant par "Anger Issue" et "Et si Tu Fermais les Yeux". Des compositions nouvelles, dont une "même pas terminée" prennent corps pour la première fois sur scène.
Sa plume lui prête des ailes, les notes s'envolent. Le public leur laisse toute leur place naturellement. Les claps ne s'immiscent pratiquement qu'entre les musiques. Le regard d'Oriana - de son vrai nom - se balade dans la foule, sans qu'on ait jamais l'impression qu'elle cherche quelque chose qu'elle n'a pas (déjà) trouvé.
"On est là pour chiller ce soir, en tout cas moi je suis là pour ça", lâche l'artiste dans son micro. N'empêche qu'on "danse un peu, on remue du popotin."
Des sons organiques
Electro, pop, jazz, R&B ou hip-hop: son style est généralement jugé inclassable et très incarné. Souvent décrite comme un "ovni" de la scène musicale, Lady O est souvent pointée, mais surtout adulée pour sa "bizarrerie".
"Bravo", crie un spectateur après les notes qui viennent d'être enchaînées. "Il est bien ce morceau, un peu rageur", glisse-t-il à sa compagne, qui acquiesce de la tête dans la foulée.
"J'ai toujours été la petite fille un peu cheloue du fond de la classe ou de la cour d'école, qui a pas trop d'amis, qui est un peu considérée comme bizarre, explique lors de son interview la gagnante de la 15e édition de The Voice France. Et c'est vrai que, même dans ma musique, j'aimerais bien instaurer quelque chose qui n'est pas forcément bizarre, trop 'chelou' ou 'ovni' comme on pourrait dire, mais plutôt quelque chose d'un peu différent de ce qu'on connaît."
Dans l'émission, son coach Florent Pagny parle d'une "vieille âme", d'un "phénomène" qui a "quelque chose d'autre." Cette voix n'a pas cet âge-là.
Une écriture, une histoire
Pour clôturer son concert, la chanteuse qui a fait se retourner trois coachs lors des auditions à l'aveugle s'empare de "Little Me", interprétée lors de la finale, là aussi devant un public conquis. Particulièrement intime, cette composition personnelle évoque des violences subies de la part d'un homme lorsqu'elle était enfant.
La version proposée est l'originale, pensée en anglais. "C'est celle qui me ressemble le plus."
"Merci pour ce concert, merci pour votre temps. C'est rare d'avoir un public autant avec moi", s'émeut Lady O, aussitôt portée par une nouvelle pluie d'applaudissements. Devant elle, loin de ses yeux affûtés, une femme d'une quarantaine d'années a capté l'intégralité de cette dernière performance sur son téléphone.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats