Dans le sillage de l'affaire Fischer, la Cour des comptes s'est penchée sur la communication à l'Etat de Genève. Elle propose de revoir le statut des conseillers personnels afin d'éviter qu'ils ne promeuvent leurs magistrats en période électorale.
"A Genève, la frontière entre la promotion des réalisations du conseiller d'Etat et la publicité lors d'élections n'est pas claire", a relevé mardi devant les médias François Paychère, magistrat à la Cour des comptes. Le risque d'octroyer un avantage indu aux conseillers d'Etat sortants avec des ressources publiques est donc important au sein des états-majors des départements.
La Cour des comptes a été saisie par la commission de contrôle de gestion du Grand Conseil en septembre 2023 pour examiner cette question. Une sous-commission, créée pour faire la lumière sur l'utilisation de ressources publiques lors de campagnes électorales, a par ailleurs rendu un rapport accablant à l'égard de l'ex-conseillère d'Etat Fabienne Fischer. Un volet pénal est toujours en cours.
Comptabilisation impossible
Au-delà du cas des conseillers personnels, la Cour des comptes s'est intéressée aux ressources consacrées aux différentes formes de communication au sein de l'Etat. Sur la base des réponses à son questionnaire, elle considère que 133 collaborateurs consacrent plus de 10% de leur temps de travail à des activités de communication, soit l'équivalent de 64,9 emplois à temps plein.
Outre les chargés d'information et de communication, de nombreuses personnes consacrent au moins la moitié de leur activité à des tâches de communication. Or l'absence de définition commune fait qu'il n'est pas possible de comptabiliser l'ensemble des ressources qui y sont consacrées. S'y ajoute le recours récurrent à des prestataires externes, alors que les compétences internes existent.
L'Etat conteste
Par ailleurs, le gendarme de l'administration genevoise constate que la communication publique est principalement portée par les départements, ce qui nuit à la promotion d'une image cohérente de l'Etat de Genève. A titre de comparaison, l'information est centralisée par la chancellerie dans les cantons de Vaud et de Neuchâtel.
L'Etat de Genève, qui conteste la méthodologie de la Cour des comptes, estime que 34,5 emplois à temps plein sont consacrés par l'administration cantonale à des activités de communication publique. Quant à la question des conseillers personnels, il relève que la Cour ne constate aucune mauvaise utilisation des ressources publiques et que leur statut a été décidé par le Grand Conseil.