La Ville de Lausanne veut sensibiliser les jeunes à la désinformation. Elle a lancé mercredi un jeu interactif et éducatif pour lutter contre les théories complotistes et les risques de radicalisation extrémistes. Créé en collaboration avec des jeunes, il vise à développer en groupe l'esprit critique chez les adolescents.
Débusquer un discours trompeur d'une vidéo TikTok ou vérifier si la CIA a bien produit une drogue ultra-puissante à base de sang d’enfants? Telles sont les bases de scénarios du jeu imaginé par la Ville de Lausanne avec des jeunes lausannois ainsi qu'avec le ColLaboratoire de l'Université de Lausanne (UNIL).
"Grâce à ce jeu, nous souhaitons donner aux jeunes les outils pour traquer les fausses informations ou les théories complotistes qui circulent sur le web, sur les réseaux sociaux ou dans leur entourage", a expliqué devant la presse Emilie Moeschler, municipale en charge des sports et de la cohésion sociale.
"Dans un contexte qui peut engendrer le repli sur soi, il s'agit de favoriser la discussion autour de ces thématiques, de développer l'esprit critique et de renforcer la cohésion sociale", a-t-elle affirmé.
"Embrouille-moi si tu peux"
Intitulé "Embrouille-moi si tu peux", ce jeu de plateau, qui possède une déclinaison numérique, se destine aux jeunes entre 12 et 20 ans. Participatif et collaboratif, il se joue en groupe autour d'un animateur.
Il propose trois scénarios différents favorisant les échanges durant et après la partie. Au choix, les joueurs doivent traquer les fausses informations ou camper le rôle d'un PDG sur le point de lancer une nouvelle ligne de vêtements potentiellement vue comme de l'appropriation culturelle. Les scénarios ont été testés avec des jeunes fréquentant la Permanence Jeunes Borde, la maison de quartier des Faverges et le Conseil des Jeunes de Lausanne.
Le jeu fait désormais partie des outils disponibles au sein des maisons de quartier pour travailler sur la prévention de la radicalisation et le développement de l'esprit critique. Il sera également disponible, dans sa version digitale, pour toute institution publique ou privée ½uvrant auprès de jeunes, souligne la Ville.
Pas d'aggravation
"Si nous ne constatons pas d'aggravation des phénomènes de radicalisation extrémiste, la prévention est essentielle dans ce domaine pour accompagner les jeunes face aux discours de haine", note, pour sa part, Pierre-Antoine Hildbrand, municipal en charge de la sécurité et de l'économie.
Initialement, le projet a été lancé par la Coordination radicalisation interne de la Ville de Lausanne et coordonné par le Bureau lausannois pour les immigrés (BLI). Il a été soutenu par la Police fédérale (fedpol) et "a reçu un très bon accueil au sein de la plateforme cantonale pour les questions liées à la radicalisation et à l'extrémisme violent", relève encore la Ville.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats