L'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans en Australie n'a eu que peu d'impact sur les habitudes de navigation des adolescents, ont déclaré jeudi des chercheurs dans l'une des premières évaluations. Le pays a instauré la mesure en décembre.
En plus de l'interdiction, l'Australie a lancé une campagne de répression visant à protéger les enfants contre le harcèlement en ligne et les "algorithmes prédateurs". Mais n'y a pas "suffisamment de preuves" suggérant que les adolescents se sont détournés des réseaux sociaux à la suite de ces restrictions, a constaté une équipe de chercheurs basés en Australie.
Leur étude a été publiée par le British Medical Journal (BMJ). "Nous n'avons pas trouvé suffisamment de preuves pour conclure que l'application de cette loi a eu des effets substantiels à court terme sur l'utilisation des réseaux sociaux chez les adolescents de moins de 16 ans", ont-ils écrit.
La question de savoir si la législation australienne pourrait servir de modèle pour freiner les géants de la technologie, dont le pouvoir ne cesse de croître, suscite un vif intérêt à l'échelle mondiale. De nombreux pays ont soit adopté, soit envisagent actuellement des interdictions similaires, notamment le Royaume-Uni, la Malaisie, les Emirats arabes unis et la Nouvelle-Zélande.
Faux comptes et navigateurs privés
Les chercheurs ont interrogé plus de 400 jeunes utilisateurs de réseaux sociaux juste avant l'entrée en vigueur des restrictions, puis à nouveau trois mois plus tard. Mais peu de changements ont été observés chez les utilisateurs âgés de 12 à 13 ans. Une légère baisse a été constatée chez les 14-15 ans, tandis qu'une augmentation de l'utilisation a été relevée chez les 16 ans et plus.
Les utilisateurs mineurs contournent les restrictions en utilisant des comptes enregistrés au nom de personnes plus âgées, en créant de faux comptes ou en se connectant via des navigateurs privés.
"Les résultats suggèrent que la période qui a suivi immédiatement l'entrée en vigueur de la loi a été marquée par une mise en oeuvre limitée, un respect incomplet et un contournement important des restrictions relatives aux réseaux sociaux", relève l'étude.
Les entreprises de la technologie s'exposent à des amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens (plus de 30 millions d'euros) si elles ne démontrent pas qu'elles déploient des efforts significatifs pour exclure les utilisateurs mineurs.
En mars, le régulateur australien avait brandi la menace de sanctions envers TikTok, Instagram et YouTube, accusés d'enfreindre l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans dans le pays.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp