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La Chronique éco

Contrefaçons : 4221 saisies en Suisse

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Les douanes suisses ont intercepté deux fois et demie plus de produits contrefaits en 2018 que l’année précédente. C’est l’association Stop à la piraterie qui a communiqué hier quelques chiffres.

Oui, la plateforme Stop-Piracy.ch plus précisément : stop-piraterie comme vous dites, et comme cette association s’intitule elle-même en français. On dirait l’entité suisse d’une ONG basée à Londres, mais il s’agit en réalité d’une institution bien helvétique. Ses membres sont surtout des entreprises suisses, des organisations économiques, mais son secrétariat est à l’Office fédérale de la propriété intellectuelle.

Et la mission de cette association est aussi de faire de la prévention.

Oui, la mise en garde est claire : vous pouvez faire l’objet d’un contrôle à la frontière en rentrant de voyage. Et vous voir confisquer des objets contrefaits. Vous ne risquez pas grand-chose de plus si ce n’est pas un business, mais ce n’est pas très agréable.

C’est surtout de plus en plus fréquent.

Oui, bien qu’il faille quand même relativiser. Les saisies dans ce genre de circonstance ont brutalement augmenté d’une année à l’autre, mais elles avaient beaucoup diminué les deux années précédentes. Ça a l’air de dépendre aussi de l’intensité des contrôles.

L’an dernier, il y a eu environ 2500 constats de contrefaçon de type touristique, selon la terminologie des douanes. Et 1700 de type « commercial ». Le plus souvent sur le web.

Et sur quel genre de produits portent les interventions ?

Dans le trafic touristique, il s’agit principalement de vêtements et accessoires genre foulards de marque, chapeaux, ceintures, cravates. Et les sacs à main, les sacs de voyage, portefeuilles et autres accessoires de poche. Ça représente en fait les ¾ des saisies. Et encore, le reste sont des montres, des bijoux, des lunettes, des chaussures… Tout ce qui se porte, en fait.

Quelle est la provenance de tous ces faux qui se portent?

Essentiellement la Turquie, qui vient en tête, l’ Union Européenne, à l’est surtout, le Maroc et le Kosovo. Plus de 90% à eux quatre. Il y a aussi la Chine et la Thaïlande.

Et qu’en est-il des livraisons de commerce en ligne ?

Eh bien c’est de nouveau tout ce qui se porte, surtout les sacs à main et sacs de voyage. Ils représentent près de la moitié des saisies. La grande différence, ce sont les bijoux et les montres. Il y en a beaucoup plus sur le web. Près de 40% des saisies. Et dans ce qui se porte, il y a aussi les faux téléphones portables, qui ont tous une marque. Mais ils ne font pas 1% du problème à vrai dire.

J’imagine aussi que les contrefaçons proposées sur le web viennent de plus loin.

Oui, de Chine et de Hong Kong sans surprise, dans les trois quarts des cas. Mais il y a aussi l’Europe et la Turquie. Avec Singapour, et ça s’arrête-là. En fait, ces données, qui l’on trouve sur le site de la Confédération, mentionnent étonnemment peu de pays d’origine de la contrefaçon. Ça laisse évidemment penser que les contrôles sont ciblés sur quelques Etats seulement. Ce qui est facile dans le trafic de colis. Et dans les aéroports, bien entendu.

François Schaller Contrefaçons : 4221 saisies en Suisse

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Protectionnisme en Suisse : Trump inspire le Parlement

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Le Conseil des Etats à Berne vient d’accepter une motion sur le contrôle des investissements étrangers en Suisse. C’est tout à fait dans l’air du temps.

Oui, la motion demande un renforcement des mesures permettant de s’opposer à certaines acquisitions en Suisse de la part d’investisseurs étrangers. Il s’agit nommément de protéger des infrastructures et des entreprises d’importance systémique. Alors oui, ça va dans le sens de la vague de protectionnisme polymorphe venue des Etats-Unis. Hier encore, le président Trump mettait l’Europe en garde contre la tentation de laisser l’euro s’affaiblir pour favoriser les exportations européennes par rapport aux exportations américaines.

Mieux contrôler les entreprises d’importance systémique, ça peut vouloir dire beaucoup de choses.

Oui, et qui ne sont guère précisées à ce stade. Mais on peut se référer à ce que l’Allemagne a décidé il y a six mois. Soumettre à autorisation les participations de plus de 10% dans des domaines comme la production d’électricité, le gaz, l’eau potable. Des infrastructures donc, mais au sens de plus en plus large : il y a aussi les télécoms, et l’on est en plein dedans avec les restrictions plus ou moins imposées au groupe chinois Huawei. Et même les médias. Sans parler de l’industrie de la défense bien entendu.

En fait, c’est la notion d’investissement stratégique qui s’étend.

Oui, dans le débat politique en tout cas. Et ça vise clairement les investissements chinois. Dans les discussions à Berne, il a été question des cas récents de Syngenta et de Gate Group. Deux multinationales suisses passées sous contrôle chinois. L’un dans l’agrobiochimie : est-ce stratégique et systémique ? On pourrait en discuter des heures. L’autre dans le catering du transport aérien. C’est à dire le service, gastronomique en particulier. Et là, c’est plus difficile de voir en quoi Gate Group a une importance stratégique ou systémique pour la Suisse.

Le dossier doit encore passer du Conseil des Etats au Conseil national.

Oui, et faire ensuite l’objet d’un vrai projet. C’est dire s’il n’y a pas d’urgence. Le gouvernement s’y oppose d’ailleurs. Il estime qu’il y a actuellement toutes les bases légales pour intervenir quand l’intérêt national est en cause. Et la motion du Conseil des Etats n’est passée qu’à deux voix d’écart. On est loin du consensus.

Le protectionnisme n’est en tout cas pas l’image que la Suisse veut donner à l’étranger.

Non, surtout pas. Cette motion donne plutôt l’impression d’être destinée à rassurer à l’interne plutôt que de donner un signal extérieur. Parce que les entreprises suisses sont très investies dans le monde, y compris en Chine. Pour que les investissements des entreprises suisses y soient bien accueillis, il faut aussi se montrer accueillants pour les investissements étrangers en Suisse. Et puis est-ce bien nécessaire, dans le climat anti-chinois actuel, de s’aligner sur les Etats-Unis ? L’Allemagne, très exportatrice et très investie également dans le monde, a le même souci de régler le plus finement possible ses relations avec la Chine.

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Billetteries : toujours plus d’opérateurs

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Les premiers festivals d’été se rapprochent, et c’est l’occasion de constater que ça bouge beaucoup en Suisse romande du côté des billetteries.

Oui, ça bouge tout le temps depuis l’apparition de Ticketcorner il y a une bonne vingtaine d’années. D’autres opérateurs se sont développés. A l’échelle suisse, comme Starticket, qui commercialise actuellement la Fête des Vignerons. Ticketcorner est contrôlé par le groupe de presse Ringier, et Starticket par Tamedia. Plus récemment, deux groupes américains et un français ont aussi ouvert des filiales en Suisse. Sans parler de petzitickets.ch, la billetterie de la Fédération suisse des clubs et festivals de musique actuelle. Et certains grands organisateurs de divertissements ont leur propre billetterie.

Et il y a aussi des billetteries plus locales.

Oui, monbillet.ch par exemple, qui existe depuis sept ans. C’est un couple basé à la Vallée de Joux qui s’est mis en tête de développer une plateforme de location de spectacles. Un beau succès. Auprès des associations en premier lieu. Des orchestres et chœurs régionaux, dont on sait qu’ils sont nombreux et très actifs. Mais pas seulement.

On est d’accord que ça se passe essentiellement sur Internet.

Oui, essentiellement, mais là encore pas seulement. Monbillet.ch peut aussi dans certains cas prendre des réservations par téléphone. Et ça n’empêche pas les organisateurs de spectacles culturels ou sportifs de vendre les derniers billets sur place. Mais il est vrai que l’achat de spectacles sur le web a été l’un des premiers développements du e-commerce.

Et puis il y a toujours les points de vente.

D’où le nom Ticketcorner, qui n’avait au départ que de petits comptoirs de vente dans des grandes surfaces. C’était très innovant à l’époque. Le seul modèle était alors la réservation de billets par téléphone directement auprès des organisateurs de spectacle. Et puis la Fnac a un site, mais elle n’a pas abandonné ses espaces de réservation. Et il y a encore d’autres corners dans des centres commerciaux.

Quel est le modèle d’affaire de ces billetteries ?

Leurs clients sont les organisateurs de spectacle, qui paient un montant de base pour la programmation sur le site de billetterie. De l’ordre de 200 francs s’agissant de monbillet.ch (toutes les conditions figurent sur le site). C’est évidemment plus coûteux si vous confiez à une grande billetterie un concert de Beyoncé. Il y a ensuite une commission sur chaque billet vendu. De l’ordre de un franc. Là aussi, ça varie selon l’importance des événements sur le marché des loisirs.

Un marché dont on dit qu’il est un peu saturé ces temps en Suisse romande.

Oui, on en parle beaucoup à propos de la Fête des Vignerons, qui est tout de même une offre de 400 000 places au total. Des professionnels ont estimé récemment que l’offre globale en Suisse romande était de 1,3 million de places de spectacle. 1,3 million de billets à vendre d’ici la fin de l’été. C’est très généreux culturellement. Peut-être même un peu trop pour un bassin de population de 2 millions de personnes.

 

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Management en Suisse : au top de l’internationalisation

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Les études se succèdent et se ressemblent sur le profil des managers en Suisse. Elles font toutes ressortir la proportion très élevée de dirigeants étrangers.

Oui, le profil des managers dans le monde est régulièrement scruté de près par toutes sortes d’agences, avec des comparaisons pays par pays. Et il y a un critère important sur lequel la Suisse revient toujours en tête : c’est la proportion de dirigeants d’entreprises venus de l’étranger. Ils sont même devenus majoritaires l’an dernier dans les entreprises exportatrices ou multinationales.

Ils l’étaient déjà depuis longtemps dans les grandes sociétés cotées.

Oui, là ce sont les trois quarts des présidents exécutifs qui ont grandi et se sont formés en dehors de Suisse. Alors qu’il n’y a à ma connaissance aucun dirigeant non français dans les quarante plus grandes entreprises cotées à Paris par exemple.

En Suisse, il y a même quelques personnalités hautement symboliques.

Oui, Tidjane Thiam au hasard. Basé à Zurich et numéro un de Credit Suisse. Un franco-ivoirien venu de Londres il y a quatre ans pour relancer le groupe bancaire dans le monde. Il y a aussi Vasant Narasimhan à la tête de Novartis à Bâle, leader mondial de l’industrie pharmaceutique. Un New Yorkais dont les parents avaient immigré d’Inde dans les années 1970.

Et comment explique-t-on cette place accordée aux dirigeants étrangers dans les entreprises suisses ?

Eh bien c’est assez simple. La Suisse a une industrie très sur-proportionnée par rapport à son bassin de population. Et très active à l’échelle mondiale. La Suisse est la septième économie exportatrice du monde. L’économie ne trouverait pas sur place les compétences de management nécessaires. Elle est en quelque sorte obligée de les importer.

Et ces dirigeants contribuent ensuite à accentuer l’internationalisation des entreprises.

Exactement. Il y a par exemple une bonne vingtaine d’entreprises suisses qui sont leaders mondiales dans leur domaine. Comme Givaudan à Genève, dans les arômes et parfums. Dirigée par un Français. Ou SGS dans la certification, dirigée par un Britannique d’origine chinoise et naturalisé suisse. Sans parler des innombrables petites entreprises en tête dans des niches. Technologiques le plus souvent. Les nationalités les plus représentées à la tête des directions d’entreprise sont sans surprise les Allemands et les Français. Par effet de proximité.

Cette internationalisation des dirigeants remonte à quelle période au juste ?

La tendance s’observe depuis plusieurs décennies. L’événement déclencheur a été la nomination en 1981 d’un allemand à la tête du puissant groupe Nestlé à Vevey. Une décision assez controversée à l’époque. Par la suite, Nestlé est devenu le confortable numéro un mondial de l’alimentaire. Les dirigeants qui s’y sont succédé ont été autrichien, belge néerlandophone et de nouveau allemand.

L’internationalisation des dirigeants d’entreprise en Suisse n’a cessé de s’accentuer depuis les années 1990. Et ils sont aussi devenus depuis les années 2000 les mieux payés du monde.

 

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Innovation : de l’incubateur à l’accélérateur

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Le centre de recherche du groupe Nestlé à Lausanne s’est doté d’un accélérateur d’innovation. C’est assez tendance actuellement. Dites-nous ce que ça veut dire plus précisément.

On connaît les incubateurs de start-ups. Ou les parcs technologiques, qui abritent et accompagnent plus ou moins intensément les entreprises en démarrage. Le parc de l’Ecole polytechnique de Lausanne en compte plus de 150 par exemple. 150 entreprises émergentes. Dans les grands formats, il y a aussi à Genève l’incubateur de Plan-les-Ouates, et le Campus Biotech de Sécheron. La Suisse occidentale compte plus de 400 start-ups. Un partie importante se trouvent dans des incubateurs.

Alors quelle différence entre un incubateur et un accélérateur ?

Commençons par rappeler qu’une start-up au sens strict, c’est une entreprise de technologie qui vise tout de suite le marché mondial. Alors l’incubateur les regroupe, les conseille et s’occupe de leur intendance. Pendant cinq ans environ si tout se passe bien. Ensuite, elles ne seront plus considérées comme des start-up.
L’accélérateur d’innovation, lui, accueille des équipes pour des durées beaucoup plus courtes. Quelques semaines à quelques mois. Dans des phases particulièrement cruciales comme l’industrialisation ou la commercialisation des produits. Dans le panthéon de la révolution numérique, on mentionne en général Airbnb et Dropbox comme des entreprises à succès ayant passé par des accélérateurs aux Etats-Unis.

Mais comment se fait-il que Nestlé, qui est elle-même une entreprise, ouvre un accélérateur dans l’un de ses propres centres de recherche ?

Oui un centre de recherche déjà ancien dans les hauts de Lausanne. Il emploie 800 personnes environ dans plus de 300 laboratoires. Alors des start-up tout à fait extérieures au groupe pourront maintenant venir s’y acclimater brièvement. De préférence si elles ont quelques chose à voir avec l’alimentaire, bien entendu.
Or les start-ups à succès ne sont pas seulement celles qui grandissent ensuite de manière autonome. Une bonne partie d’entre elles sont assez vite acquises et intégrées dans d’autres entreprises.

De grandes entreprises en général.

Oui, et c’est dans cet esprit que Nestlé cherche à attirer l’innovation venant de l’extérieur. Mais pas exclusivement non plus : les développeurs de projets pourront aussi garder leur indépendance. Quitter l’accélérateur en bénéficiant de ce qu’il lui a apporté, d’une expérience particulière. Ou alors renoncer parce que le projet se sera avéré non viable à cette occasion.

Il y a d’autres accélérateurs d’innovation dans la région lémanique ?

Oui. On peut même dire qu’ils se sont multipliés ces dernières années. Souvent sponsorisés par plusieurs grandes entreprises à la fois. Dont les motivations sont en ce sens assez comparables à celles de Nestlé. Et ces accélérateurs sont plus ou moins spécialisés. Fintech Fusion à Genève par exemple, dans les technologies financières. Mais aussi la santé ou l’immobilier. Ou Rising Star dans la cybersécurité. Sans parler de MassChallenge. Une grande référence américaine de l’accélération d’innovation dont la seule implantation en Europe est à Lausanne-Renens.

 

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Huawei : faut-il renoncer à la marque ?

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La situation du groupe Huawei est de plus en plus confuse. Faut-il s’inquiéter si l’on possède un smartphone de la marque chinoise ? Et renoncer si l’on est tenté par l’un de ses modèles?

Renoncer ou simplement reporter. C’est une vraie question, parce que les choses n’ont pas l’air de s’éclaircir sur le plan politique et économique. Les pressions de l’administration républicaine aux Etats-Unis donnent à ce stade l’impression de vouloir tuer, ou en tout cas affaiblir un concurrent des technologies américaines. Alors il y a deux raisons de ne pas réagir trop tôt. La première, c’est que l’on ne sait pas très bien sur quoi vont précisément porter les sanctions américaines. Et l’on ne le saura pas avant fin août, ce qui annonce un beau feuilleton de l’été.

Il s’agit tout de même d’empêcher Google d’équiper les smartphones chinois de systèmes d’exploitation Androïd.

Oui, mais ça reste assez vague. Il s’agit à ce stade d’interdire aux entreprises américaines de vendre des technologies de pointe à Huawei, accusé d’espionnage au profit de Pékin. Mais quelles technologies au juste ? Ce sera très différent selon que les Etats-Unis cibleront l’espionnage en général, ou l’espionnage simplement industriel. C’est-à-dire des transferts de technologies sensibles. Et franchement, priver Huawei d’Android, ça ne donne pas l’impression de mettre les Américains ou les Européens à l’abri des visées impérialistes de la Chine.

Et la deuxième raison de ne pas trop s’inquiéter ?

C’est que cette politique américaine ne convient nullement aux entreprises américaines de technologie. Genre Google. Ce n’est peut-être pas ce qui va infléchir le président Trump, trop content de se montrer au-dessus de certaines contingences économiques. Mais ça va probablement contribuer à arrondir les angles au final. De manière que le consommateur en bout de chaîne soit le moins possible impacté. Si possible même pas du tout.

Huawei a aussi annoncé dès le début de la crise qu’il allait lancer son propre système OS pour équiper ses smartphones.

Oui, ouvert à toutes les applications. Disponible pour d’autres marques de smatphone aussi. Les développements ont évidemment commencé bien avant la crise. Aux dernières nouvelles, il semblerait d’ailleurs que Huawei vienne déjà de produire un million de smartphones équipés de son propre système. Une sorte de série test.

La marque chinoise paraît en tout cas très confiante.

Oui, même si les dégâts d’image sont probablement déjà tangibles. Le directeur pour la Suisse a donné l’autre jour une interview dans Le Temps. On le sentait sur la défensive – on le serait à moins. Il a beaucoup insisté sur le fait que les professionnels clients et partenaires de Huawei lui accorde leur confiance. Tout va finir par bien se passer. Ou plus ou moins bien. Sous-entendu : si tant d’expertise dans le monde nous fait confiance, le public peut s’y fier. Oui, il y a quand même un opérateur de télécoms en Grande-Bretagne qui a annoncé hier qu’il allait se passer d’équipements chinois. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps

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