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« Je suis victime du syndrome de l’éco-anxiété »

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J’ai beaucoup cherché sur Internet et j’ai trouvé de quoi je souffre : Je suis victime du syndrome de l’éco-anxiété.

Le terme a été inventé en 1995 par Théodore Roszak, un historien californien : “L’idée de l’éco-psychologie est que nos troubles sont causés par la distance avec la nature et par l’angoisse devant les dommages que l’homme cause à la planète ».

Voilà, j’ai peur du réchauffement climatique… Riez, riez… Mais c’est vrai. Chaque jour, on assiste à une catastrophe de plus : un nouveau séisme en Indonésie, des inondations à Majorque, les  glaciers suisses qui n’en finissent plus de fondre… ! Le dernier rapport des Grands experts du climat est alarmant, comme l’avant-dernier l’était aussi, en fait y’a tellement d’alarmes partout qu’on en vient à se boucher les oreilles. 

Mais attendez, la fin du monde, ça ne fait pas flipper que moi. Sur le web, y’a plein plein de paniqués du climat, d’anxieux du réchauffement, d’angoissés de l’hécatombe. « On nous annonce un avenir très noir, même morbide, écrit Lena35 sur un site de soutien psychologique. J’ai très peur pour mes enfants, ils sont si fragiles.» « Engage-toi pour la Planète, lui répond un Internaute amicalement, sous-entendant peut-être qu’il faudrait qu’elle se remue les fesses à une marche du climat, qu’elle se lance dans un compost avec ses pelures de pommes bio ou qu’elle renonce à la voiture pour emmener ses trois enfants à la crèche avec cet espèce de voiturette roulante que l’on tire derrière son vélo après une éreintante journée de travail. 

Bref, sur le forum de discussion, je vois que Lena35 a répondu au couillon qui lui disait de s’engager. « Mais je fais déjà du yoga », répond benoîtement Lena35. Non mais elle est comme, moi, cette fille : elle fait ce qu’elle peut. Avec mon eco-anxiété, maintenant, chaque fois que je prend la voiture, je culpabilise. L’avion, je culpabilise. Et quand mon amoureux jette une bouteille en PET dans la poubelle normale, je l’engueule.

Je retourne lire l’analyse géostratégique de Lena35, qui lâche : « Quel angoisse de voir nos enfants qui n’ont pas d’avenir. Et tout ça on le doit à nos dirigeants et surtout au grande puissance de se monde qui pense qu’au fric! »

Eh bien, ma chère Lena35, je pense que vous n’avez pas tout à fait tort. Parce que le réchauffement climatique, les plastiques dans l’océan, tout ça tout ça, on n’y peut pas grand chose, même si c’est le contraire qu’on veut nous faire croire. Cette année encore, l’ONG Carbon Disclosure Project a fait les comptes : dans le monde, ce sont seulement 100 entreprises qui sont responsables de 70% des émissions de gaz à effet de serre.

Je vous cite les cinq premières pour vous donner l’eau à la bouche – vous allez voir, c’est aux petits oignons : China National Coal Corp, Saudi Arabian Oil Company, Gazprom, National Iranian Oil  et ExxonMobil Corp.  Du pétrole, et du charbon. On a beau parler d’intelligence artificielle et de start up nation, pour le moment, c’est le pétrole et le charbon qui font encore tourner le monde. Et qui l’étouffent même. 

Et voilà qui peut un peu nous déculpabiliser, nous, pauvres citoyens, qui trions nos déchets, ou qui transportons nos bébés dans des carioles. Je sais, c’est un peu égoiste, mais ça fait du bien.

Sans rancune !

Marie Maurisse Sans rancune

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Monsieur Onfray, vous en avez !

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Michel Onfray a suscité la polémique avec sa dernière lettre ouverte à Emmanuel Macron…

Dans sa si joliment intitulée « Lettre à Manu sur le doigté et son fondement », le philosophe et essayiste Michel Onfray s’adressait au Président Macron en ces termes :

« Votre Altesse, votre Excellence, votre Sérénité, mon cher Manu, mon Roi mais aussi mon Chéri,

Des photos t’ont récemment montré enlaçant un beau black bodybuildé en prison, luisant de sueur tropicale, ce qui semblait te ravir jusqu’au plus profond si tu me permets l’expression. Ton sourire béat montre en effet que ta dilection est plus facilement à qui accompagne son selfie avec toi d’un doigt d’honneur qu’aux intellectuels qui n’ont pas l’heur de te plaire parce qu’ils ne te font pas la cour. »

C’est avec cette verve rabelaisienne que Michel Onfray revenait sur ces fameuses photos d’Emmanuel Macron à Saint Martin où l’on peut effectivement voir le Président de la République blotti et en extase entre deux braqueurs antillais dénudés dont l’un nous gratifie d’un doigt d’honneur…

Michel Onfray a immédiatement été accusé d’« homophobie » par les médias aux ordres – on s’étonne presque qu’il n’ait pas été accusé de racisme tant qu’à faire – et il a dû revendiquer son droit à la satire sur les plateaux de télévision et de radio.

Sauf qu’en France, l’on vit sous un régime de monarchie républicaine dans lequel le crime de lèse majesté est sévèrement réprimé et les plumitifs qui ont convoqué Onfray le lui ont bien fait voir : « Mais qu’est-ce qui vous a pris d’écrire cette lettre au Président de la République ? ».

Oui c’est la question qu’on lui a posée à chaque fois…

Amusé, Onfray répond qu’on lui reproche un commentaire satirique sur un doigt d’honneur alors que c’est ce geste qui aurait dû susciter le scandale.

On ne saurait lui donner tort.

Jusqu’où ira Macron ? Il en vient à présent à poser dans les bras d’une petite frappe qui fait un geste obscène.

Et il ne s’est pas fait piéger, loin de là : « J’aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises parce que bien souvent, il n’a pas eu la chance de ne pas en faire », nous explique Emmanuel Macron en précisant avoir regardé les deux « jeunes » avec « confiance » et les avoir « respectés » et que de toute façon on ne le changera pas !

Oui, la presse titrait : « Macron dédramatise une photo controversée avec un jeune à Saint-Martin »…

Il dédramatise une photo controversée, le bel euphémisme ! Mais c’est Onfray qui dédramatise cette affaire hallucinante avec son pamphlet truculent ! Ce n’est que sur le mode de la satire que l’on peut en parler avec la dignité requise par le sujet, celui de l’arrière-train.

Encore qu’en réalité, Onfray est allé beaucoup plus loin et a livré une véritable analyse politique en demandant, toujours sur le même mode : à qui s’adresse ce doigt d’honneur ? Serait-ce l’un de ceux d’Emmanuel Macron aux Français ?

Et Onfray d’égrainer 5 doigts d’honneur présidentiels – il admet avoir eu recours à ce nombre pour les besoins de sa démonstration qui finit en « poing d’honneur » : on retiendra l’essentiel, à savoir les libertés prises par Macron avec la légalité, référence étant évidemment faite à l’affaire Benalla mais aussi aux différents actes de népotisme du président…

Quoi que l’on puisse penser des idées du socialiste libertaire Michel Onfray, cette liberté de parole force le respect.

Il faut du cran pour entrer ainsi dans la dissidence quand on sait le pouvoir dont les monarques républicains disposent contre leurs opposants !

Onfray, pour changer de registre sémantique mais tout en restant dans la même veine, laissez moi vous dire que vous avez une sacrée paire de glaouis !

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Arrêtez de fabriquer des Tanguy et faites comme Johnny !

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C’est donc ce vendredi que sort l’album posthume de Johnny Hallyday.

Comme vendredi c’est aussi mon anniversaire, je ne peux que le prendre très personnellement et dire merci, merci Johnny, c’est un sacré beau cadeau d’anniversaire!
Du coup, on apprend plein de choses cette semaine sur Johnny, même mort et enterré depuis un an. On apprend par exemple que parfois, lorsqu’il se mettait en colère sur un bateau, il passait Laetitia par-dessus bord, ce qui est audacieux comme dispute de couple parce qu’on prend le risque de se trouver seul à se disputer, ce qui est beaucoup moins drôle.

On apprend aussi cette semaine qu’en 1996 Laura Smet, la fille de Johnny, est tombée amoureuse de doc Gyneco alors qu’elle n’avait que 13 ans et lui 22 et qu’il cartonnait avec son premier disque. Ni une ni deux, maman Nathalie Baye et papa Johnny ont sorti les griffes. Maman a demandé à papa de mettre le holà. Ni une ni deux, Johnny a invité Doc Gyneco à dîner et au café, entre deux joints de marijuana, il lui a demandé de laisser sa fille tranquille.
Alors moi je dis: bravo Johnny.

Tous les parents qui ont des enfants de plus de 12 ans et qui nous écoutent le savent: c’est leur sujet de dispute préféré.
S’en mêler, ou pas, des histoires d’amours de leur progéniture? Pour ou contre accueillir à la maison le petit copain de petite chérie? Pour ou contre accueillir la petite amie de votre fils? Pour la soirée? Pour la nuit?  Depuis quel âge? 12 ans, 15, 18? Jamais?

Ce matin, mon cher Philippe, je ne fais pas la Minute Peste mais la minute réac, la minute vieux con.

Non, je n’ai pas envie de croiser un jeune homme sortant de la chambre de ma fille au petit matin. Non, je n’ai pas envie d’entendre mon fils s’envoyer en l’air dans la chambre à côté. Non, je n’ai pas envie d’entendre les disputes de couple de mes enfants.

Et puis quoi encore? Leur acheter le Kama-Sutra pour qu’il ou elle ne regrette pas d’être venu? Déposer des préservatifs sur l’oreiller de peur qu’ils n’y pensent pas tout seuls? Pourquoi diable leur faciliter la vie?

Mais qu’ils se débrouillent! Qu’ils se débrouillent pour le faire en cachette, qu’ils le fassent dans notre dos, qu’ils se cachent, qu’ils viennent à la maison pendant qu’on est au travail, en vacances, qu’ils découvrent le plaisir des plaisirs volés dans les voitures! Je soupçonne ces mères tellement ouvertes d’esprits et qui adorent chouchouter les bébés couples qu’elles ont la grandeur d’âme d’accueillir sous leur toit, de surtout vouloir contrôler et tout savoir de la vie sentimentale de leur grand bébé.

Et puis surtout, on n’arrête pas de se plaindre que les enfants ne décollent pas de la maison, que l’adolescence s’étire interminablement en longueur. Mais si nos enfants sont logés, nourris, blanchis, cocolés et qu’en plus ils peuvent faire des galipettes, pourquoi diable décolleraient-ils? Chers parents qui m’écoutez, arrêtez de fabriquer des Tanguy et faites comme Johnny: le premier qui tourne autour de votre fille aura à faire à vous.

Isabelle Falconnier La minute peste

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Les étourneaux font l’automne

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Aux abords d’une église dans laquelle on fête le centenaire des apparitions de Fatima, il neige désormais chaque nuit. Nous sommes à Genève, nous sommes à l’avenue de Sainte-Clotilde, dans le quartier de la Jonction, et ce miracle est quotidien.

Une pellicule blanche recouvre en effet, au petit matin, les engins motorisés garés le long du trottoir. Des scooters sont particulièrement concernés. Une voiture également, de type 4×4, grosse et large.  Son pare-brise est inutilisable, sauf à recourir au grattoir hivernal pour retirer la couche durcie qui empêche toute visibilité depuis l’habitacle. C’est à peine si l’on devine en s’approchant le macaron autorisant cette immobilité souillée, comparable à des bateaux ventouses au sortir de l’hiver, dans le port des Eaux-Vives.

Au nez, en s’approchant, ça pue drôlement. Cette housse neigeuse, coiffant la totalité de la carrosserie, dégage une odeur caractéristique: celle de la fiente d’oiseaux. Elle ne tombe pas du ciel, mais des platanes qui font de l’ombre au trottoir. Leurs feuilles ont blanchi. C’est qu’ils sont colonisés du coucher au lever du soleil par des milliers d’étourneaux.

Ces pendulaires ailés faisant des allers-retours entre la ville et la campagne, utilisent les arbres comme des dortoirs urbains, après avoir passé la journée dans le vignoble genevois à se nourrir de fruits, de baies et de grains de raisins surmaturés. Une saine alimentation favorisant le transit à l’heure du coucher et du réveil.

Il est donc recommandé de ne pas stationner sous ces feuillus aux branches douillettes, car l’étourneau s’y sent chez lui. Il y trouve une température plus élevée qu’en rase campagne – les aubes sont moins froides à Plainpalais qu’à Satigny – et surtout davantage de sécurité contre les prédateurs. Son plaisir de squatter en ville se traduit par un chant comparable en intensité à celui d’un chœur d’armée.

Les mâles sont de surcroît doués pour l’imitation. Dans leur vaste répertoire, fait de reprises et de citations sonores, ils intègrent les bruits de la rue, les klaxons et les sonneries de vélos. Les deux d’ailleurs se disputent de plus en plus notre paysage sonore, les cyclistes pressés abusent à leur tour de l’avertisseur.

Vous l’entendez, vous aussi, n’est-ce pas, cette sonnette qui siffle sur nos têtes, ce son aigre et cristallin qui nous casse les oreilles.  Eh bien, l’étourneau, roi du plagiat, est capable de le reproduire à volonté dans son platane-dortoir, juste avant de s’endormir.

Il finit à son tour par se lasser de ce bruitage urbain sans talent. Son instinct migratoire le rattrape. Genève n’est pour lui qu’une ville étape. Il est resté une semaine, parfois deux, rarement plus longtemps. Le sud l’appelle. Le voici en quelques jours en Espagne, en Sicile, plus loin en direction du Maghreb pour ceux qui aiment voyager.

Je regrette déjà son départ. J’allais chaque soir l’écouter sur l’Ile Rousseau. Concert du crépuscule, assurée par une volière géante à ciel ouvert. Et je regardais tomber la neige sur la tête en bronze de notre écrivain à nous, prénom Jean-Jacques, le cheveu blanchi et dégoulinant, ressemblant à ce bout de falaise sur laquelle niche les oiseaux marins.

 Salut bel étourneau.

 A la semaine prochaine, pour nous autres bipèdes qui ne savons pas voler.

Thierry Mertenat Signature

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Domicile en Suisse : une législation stricte pour les élus locaux

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La législation applicable aux élus locaux en matière de domicile est très stricte en Suisse

Et même contraignante. Pas question de tolérer la moindre exception. Le syndic de Romont Dominique Butty a ainsi été dénoncé à la préfecture de la Glâne par ses collègues de la Municipalité. Ils lui reprochent d’être domicilié dans les faits à Vuisternens-devant-Romont, commune limitrophe. L’élu se défend de violer la loi. Il a expliqué à ses collègues qu’il n’a pas encore réussi à vendre sa maison de Vuisternens et qu’il y séjourne de temps à autre, quand bien même il dispose d’un appartement à Romont, où il vit avec son épouse, et où il paie ses impôts.

Des explications qui ne semblent pas avoir convaincu ses collègues

Ils affirment être régulièrement interpellés par les citoyens qui jugent cette situation inacceptable. Mais on sent qu’il y a dans cette démarche une vraie cabale visant à provoquer la démission du syndic. Il appartient maintenant au contrôle des habitants d’établir dans les faits où le syndic est réellement domicilié. Si c’est à Vuisternens, il serait, au sens de la loi fribourgeoise sur l’exercice des droits politiques, réputé démissionnaire.

Ce type de conflit n’est pas nouveau en Suisse

Il nous rappelle bien évidemment celui avait agité la ville de Nyon, il y tout juste dix ans. Le syndic d’alors, l’avocat Alain-Valéry Poitry, avait déménagé dans la commune voisine de Prangins, tout en conservant son domicile politique dans le chef-lieu, où il continuait à payer ses impôts. Cela au vu et au su de ses collègues. Dans ce cas, c’est le Conseil d’Etat vaudois qui avait ordonné à la Municipalité de destituer son président en s’appuyant sur la Loi sur les communes. Cette injonction a été validée quelques mois plus tard par le Tribunal fédéral, qu’avait saisi l’avocat-syndic.

Il semblerait pourtant que tous les syndics ne respectent pas la loi

A vrai dire, ce genre de situation est plus fréquent qu’il n’y paraît. Elle concerne principalement de petites communes, fort heureuses qu’un syndic milicien accepte une charge de plus en plus complexe et contraignante. J’ai connu un chef de Municipalité qui traversait quotidiennement le lac de Neuchâtel pour rejoindre sa bien-aimée sur la rive fribourgeoise. Cela ne l’empêchait pas d’être réélu avec des scores soviétiques, alors que ses ouailles étaient parfaitement au courant de la situation.

Faut-il adapter la législation ?

C’est une question qu’il est temps de se poser, tant la mobilité professionnelle, familiale et de loisirs est entrée dans nos vies. Il y a plus de trente ans que le Tribunal fédéral, saisi par un couple de fonctionnaires genevois, a cassé l’obligation de domicile dans le canton. Vous n’ignorez pas que bon nombre de maires français, en particulier ceux des grandes villes, sont simplement parachutés et passent le plus clair de leur temps dans la capitale. A l’heure où l’ancien premier ministre français Manuel Valls s’apprête à briguer la mairie de Barcelone, il paraît un peu incongru qu’un syndic vaudois ou fribourgeois ne puisse être domicilié dans la commune voisine. Le Valais, qu’on appelle aussi le Vieux-Pays, a pourtant fait ce pas depuis longtemps.

Isidore Raposo Le trouble fête

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A quand les hommes qui viennent au Parlement avec leur chien ?

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Cet automne on a vu la première ministre néo-zélandaise allaiter son bébé à l’ONU, une ministre canadienne allaiter son bébé au parlement de Montréal et chez nous la conseillère nationale verte Irène Kälin allaiter son bébé dans les couloirs du palais fédéral à Berne.

Depuis quelques semaines, c’est à qui viendra dans son parlement son bébé accroché au sein.
Message: une femme engagée, une politicienne militante, une féministe, c’est aujourd’hui une femme qui se montre avec son bébé accrochée au sein.
Et tant pis pour toutes les politiciennes féministes qui n’ont pas le chance d’avoir à portée de main un bébé en âge d’être accroché à leur sein.
Bonjour le progrès! Je pensais que le progrès appliqué aux femmes, c’était une femme libre de ses mouvements, libre de quitter le domicile pour investir un autre volet de sa vie, un volet professionnel, ou récréatif, sans trainer sa vie domestique comme un boulets toute la sainte journée (- parce que le boulot, ou les loisirs, c’est là où tu peux oublier que tu es aussi une mère, aussi une épouse, et épanouir ta personnalité sans te soucier de biberons, des couches ou de la lessive).

Or ici, avec ces politiciennes – mères et qui le font bien savoir, c’est « Jamais sans mon bébé »!

Au secours, je n’y comprends plus rien!

La féministe en moi, la mère-qui-travaille en moi, tombe littéralement de sa chaise

Quel message passent-elles, ces femmes, leurs seins et leur bébé?
Qu’une vraie femme, c’est une femme avec un bébé!? Alors qu’on vient de passer un siècle à démontrer qu’une femme sans enfant est aussi une vraie femme!?
Qu’une vraie femme, c’est une femme qui vient au travail avec son bébé? Alors qu’on vient de passer 50 ans à organiser la société pour créer des solutions de garde, à faire accepter socialement les crèches, les mamans de jours, les baby-sitters?
Qu’une vraie femme, c’est une femme qui s’occupe elle-même de son enfant? Alors qu’on a inventé un outil fantastique appelé le tire-lait, pour ne plus être esclave des têtées?
Alors qu’on répète sur tous les tons que l’on veut impliquer les hommes dans la vie de famille? Alors qu’on reproche à ces mêmes hommes de ne pas s’impliquer?
Ce sont les jeunes père qu’il faut pousser dans l’arène avec bébé si vraiment on veut faire évoluer la société
Travailler avec bébé, vous appelez ça un progrès? Vous avez déjà essayé?
Equilibrer vie professionnelle et vie privée ne veut pas dire travailler avec son môme.
Ces politiciennes avec bébé au sein se trompent complètement de cible!
Bonjour la vision passéiste de la femme incapable de se passer de son bébé, incapable de déléguer le soin de bébé à son homme ou à une baby sitter! Allez donc après cela vous plaindre de la charge mentale des femmes, si ces femmes revendiquent elles-mêmes de continuer à s’occuper de tout, bébé y compris!

Et pourquoi dans ce cas montrer seulement Bébé?
Il est difficile de concilier, non seulement la vie professionnelle avec bébé, mais aussi la vie professionnelle quand on a un chien, quand on a un ado, quand on a un hobby, quand on a des lessives à faire, quand on a de vieux parents dépendants.

A quand les hommes qui viennent au parlement avec leur chien parce qu’ils n’ont trouvé personne pour le garder?
A quand des hommes ou des femmes qui viennent avec leur mère ou le père Alzheimer, parce que personne ne s’en occupe?
Un bébé, évidemment, c’est plus mignon. C’est inattaquable, un bébé. Devant un bébé on s’incline, on fait des risettes, de guiliguilis…
Bref, on nage en pleine démagogie, et c’est le moment de le dire.

Isabelle Falconnier La minute peste

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