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Des voitures « trop silencieuses » ?

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Cette semaine nous avons tout, pour devenir schizophrènes.
D’un côté, l’Office fédéral de l’environnement publie une étude qui estime que plus d’un million de personnes en Suisse sont victimes tous les jours d’un volume sonore qui dépasse les limites légales. En tête des coupables: la route. L’Office de l’environnement rappelle que le bruit nuit à la santé, favorise les maladies telles que l’hypertension, les crises cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète et la dépression, et cause un déficit de sommeil, ce qui engendre un manque d’attention et une diminution des performances. Rien que ça.

Le même Office de l’environnement rappelle que le Conseil fédéral a adopté l’an dernier un plan national de mesures visant à réduire la pollution sonore. Cantons et communes avaient jusqu’à fin mars de cette année pour adapter les émissions sonores de leurs routes aux limites légales, ce qu’ils n’ont pas fait. Du coup, tant l’Association transports en environnement que la Ligue suisse contre le bruit vont remettre des pétitions et déposer des plaintes contre le bruit du trafic.

A ce stade, on se dit: mais rassurez-vous, chères associations, rassure-toi, cher Office de l’environnement, la science nous sauvera! Puisque la science, alliée au progrès technologique et aux ingénieurs, est en train, oh merveille, de peaufiner la voiture du futur, la voiture propre, écologique, non polluante, bonne pour la planète, pour nos poumons, et surtout, silencieuse: la voiture électrique!

C’est là que la schizophrénie s’installe.
Un autre office fédéral, l’Office fédéral des routes, annonce qu’une nouvelle loi entre en vigueur, conforme à une directive européenne, qui stipule que les voitures électriques devront faire du bruit à partir de la mi-2019. Un système générant des bruits de moteur par haut-parleurs externes doit être installé sur toutes les nouvelles voitures électriques.

Cette décision gagne le titre de décision la plus absurde de la semaine, de l’année, de l’Histoire.
Parce que le silence n’est plus de mise, parce que l’être humain s’est trop habitué au bruit,  le silence aurait donc perdu? Nous renoncerions au silence alors même que le bruit nous rend malade et que nous le savons?
Comme toujours, le diable se niche dans les détails.

Pour qui ce système acoustique à rebours du bon sens est-il très important? Qui a fait un maximum de lobbyisme? Qui continue d’en faire en exigeant qu’également les voitures à l’arrêt – si si – ainsi que les vélos électriques, se mettent à faire du bruit?
Les aveugles et malvoyants, via la Fédération suisse des aveugles.
La Suisse est le pays du respect des minorités, d’accord.
Mais là, pas d’accord.

Au lieu de se dire que nous allons éduquer les gens à regarder les voiture arriver, et éduquer les conducteurs à regarder les piétons devant eux, nous allons donc renoncer tous à notre santé, notre bonheur, et à la situation idéale en accentuant un défaut, et donc créer une situation absurde en toute conscience?
Je n’ai trouvé qu’un seul recours pour terminer cette chronique qui me laisse sans voix: Michel Sardou. Pardon. Sardou, à qui en désespoir de cause j’emprunte sa formule: « Amis du genre humain, ils sont devenus fous ».

Isabelle Falconnier La minute peste

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Le palais d’hiver des démunis

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Un homme est assis sur un muret en pierre le long de la route de Frontenex, sur les hauteurs du quartier des Eaux-Vives. Il ne fait rien, il fume cigarette sur cigarette et semble lové dans le vide d’une après-midi qui s’éternise, le col de sa veste relevé jusqu’aux oreilles car la bise est forte et glaçante, ce dimanche à Genève.

En remontant à pied cette artère qui s’éloigne du centre-ville, on passe devant l’entrée de la plus belle salle de spectacle de Genève, celle du Théâtre Am Stram Gram, où l’enfance et la jeunesse ont leurs places réservées à la saison. En poursuivant notre marche sur le même trottoir, on se retrouve, nez à nez, en face d’un arbre deux fois centenaires, un cèdre du Liban planté là en 1820, que l’on contourne pour rejoindre à nouveau cet homme sans âge, venu de nulle part, attendant que s’ouvre son adresse de repli, un abri de protection civile construit sous un terrain de sport en herbe, auquel on accède en empruntant une rampe en béton.

Locataire à l’année de ce lieu qui pratique l’accueil inconditionnel, notre homme chemine à petits pas vers la porte blindée qui vient de s’ouvrir comme chaque soir à la nuit tombante. L’équipe a pris son service, une femme, beaucoup plus jeune que lui, l’attend sur le seuil, lui sert la main en lui demandant comment s’est déroulée sa journée, s’il va bien, s’il a faim.

 Il a faim, car il n’a rien mangé depuis le matin. Un repas chaud l’attend, une douche s’il le souhaite, enfin un lit, toujours le même, le sien, au fond d’un dortoir collectif où il a ses habitudes nocturnes.

Son voisin de couchette est plus bavard. Il aime animer l’espace, raconter sa vie, rire aussi, un sacré tempérament dont les bons mots font oublier le manque de lumière naturelle, la bassesse des plafonds et ce confinement sécuritaire d’une autre époque, conçu par des bâtisseurs de la peur, en prévision d’une guerre qui n’a jamais eu lieu.

Nous voici au cœur du dispositif de l’urgence sociale à Genève, le domicile fixe des grands précaires. Ce lieu a désormais son histoire, c’est le laboratoire vivant des liens humains par temps de crise, le refuge des laissés pour compte, le terrain d’apprentissage permanent de ces travailleurs de l’ombre qui se dépensent sans compter dans l’accompagnement social et les soins communautaires.

Tous figurent dans un document récemment paru qui raconte l’activité de cet abri durant la dernière période estivale. Il fermait l’été, il ne ferme plus, la Croix-Rouge a assuré cette continuité nécessaire avant de passer le témoin à la Ville de Genève qui gère l’adresse chaque hiver.

Un document instructif et passionnant qu’il faudrait distribuer dans les écoles, les banques, les théâtres. Des bénéficiaires s’expriment, dans des lettres poignantes écrites à la main. Citation : « Sans tout ça, sans cet amour que vous donnez, rien ne pourrait fonctionner. Je le dis du fond du cœur, vous êtes mes superhéros. Je pourrais remplir un cahier de 500 pages avec un seul mot, merci. Ma reconnaissance est sans limite pour tous ceux qui travaillent à la PC.»

A la PC, pour protection civile, un acronyme typiquement helvétique. Genève fait collection de ces réduits bétonnés et imprenables. Tout en ayant son Palais – Eynard, il s’appelle – donnant sur le parc des Bastions. Un bâtiment chauffé, occupé la journée mais vide la nuit.

 On se prend alors à rêver. Lorsque demain, par grand froid, les abris afficheront complet, ne pourrait-on, à l’exemple annoncé de l’hôtel de ville de Paris, exploiter notre palais d’hiver à des fins moins protocolaires, en le transformant – pourquoi pas – en accueil de jour et halte de nuit pour les plus démunis ? Le symbole serait fort et nos élus, réputés dépensiers, en seraient eux aussi, n’en doutons pas, les premiers bénéficiaires.

A la semaine prochaine, Dehors, les deux pieds dans la neige.

Thierry Mertenat Dehors

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Le départ de la conseillère aux Etats vaudoise Géraldine Savary

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Le départ annoncé de la conseillère aux Etats vaudoise Géraldine Savary nourrit un malaise

Passé le choc, on s’interroge bien évidemment sur la manière dont cette personnalité de la gauche vaudoise, à laquelle la présidence de la Chambre des cantons était promise, a été évincée. Car il s’agit bien d’un départ précipité, que dis-je, exigé par ses camarades. L’entretien accordé par le Frédérik Paulsen, le patron de Ferring qui a contribué à financer deux campagnes de la sénatrice, en dit long sur la guerre des longs couteaux qui s’est jouée au sein même du Parti socialiste vaudois.

Ce genre d’exécution ne constitue pas une première

Il y a deux ans à peine, la conseillère aux Etats Anne-Catherine Lyon a vécu les mêmes tourments. Elle aurait souhaité se représenter une fois encore au Gouvernement, mais ses camarades, à commencer par les enseignants, lui ont savonné la planche. Les instances du parti lui ont ensuite refusé l’exception, qui lui aurait permis de poursuivre sa carrière, car le nombre de mandats est limité. Dans le même temps, la prolongation a été accordée à son collègue Pierre-Yves Maillard, et à la députée nyonnaise Fabienne Freymond-Cantone.

Comment expliquer cette montée en pression interne au PS ?

J’y vois le résultat d’une évolution peut-être nécessaire, mais aux conséquences parfois désagréables, pour ne pas dire négatives. Il y a une trentaine d’années, la plupart des personnes qui s’engageaient en politique étaient de vrais miliciens, c’est-à-dire qu’elles poursuivaient une activité professionnelle parallèle à leur engagement politique. A l’exception des grandes villes et des gouvernements cantonaux, miliciennes et miliciens étaient rois en démocratie. Ce n’est plus totalement le cas. Aujourd’hui, on peut gagner sa vie avec une activité politique. Le syndic de Lausanne reçoit plus de 300 000 francs par année, et à Yverdon-les-Bains, petite ville de 30 000 habitants, un municipal à 60% perçoit plus de 100 000 francs par année. Du coup, la bataille est devenue très dure dans les partis, car il y a tout simplement des postes de travail bien rétribués à la clé. Et cela à tous les niveaux. C’est dire qu’une éjection par le haut permet à d’autres de progresser dans la hiérarchie. Ce qui choque dans le sort fait à Géraldine Savary, c’est que le PS vaudois s’est toujours piqué d’être celui de la promotion de la femme.

Argent et politique ne font donc pas bon ménage ?

C’est en général vrai. Mais il faut aussi admettre que la complexité croissante de la législation a rendu quasi incompatible politique et travail de milice. Dans ce contexte, la professionnalisation de l’activité, telle qu’on la vit chez nos voisins, paraît inéluctable. Avec tous les dégâts co-latéraux, telles les notes de frais dont on parle beaucoup ces jours. A ce sujet, Christian Amsler, président du conseil d’Etat de Schaffhouse, a déclaré mercredi dernier à Yverdon-les-Bains qu’il ne disposait en tout en pour tout que d’une enveloppe forfaitaire annuelle de 10 000 francs pour ses frais. Et lorsqu’il s’est déplacé dans le Nord vaudois pour défendre sa candidature au Conseil fédéral, il a payé le billet de train de sa poche. Voilà un exemple dont nos élus et collectivités feraient bien de s’inspirer.

Isidore Raposo Le trouble fête

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Les charmes du Haut-Valais

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Si vous skiez, vous connaissez peut-être la station de Saas Fee. Ou, qui sait, vous êtes certainement déjà passé par Brig, une bourgade riante, où le soleil brille toute l’année, tant et si bien que l’on se croirait en Méditerranée, confondant la douce brise matinale avec le Mistral de Marseille.

Ah, les charmes du Haut-Valais…

Bon je plaisante, vous avez compris. Le Haut-Valais c’est un canton curieux. On y parle un dialecte que personne ne capte, pas même les Zurichois. Et il y neige une bonne partie de l’année. En gros le Haut-Valais, c’est un peu comme le vieil oncle qui sent pas bon et que tout le monde oublie tout le temps pour les fêtes.

Mais on a tort de l’oublier, croyez-moi. On a tort ! Parce que le Haut-Valais joue un rôle ESSENTIEL dans un secteur trèees lucratif et qui concerne tout le monde. A savoir, le Football.

Alors là Marie je vous avoue que je ne vois pas où vous voulez en venir…

L’équipe de Brig de ballon rond n’a pas battu le Real Madrid, non non, vous n’avez rien raté. En revanche plusieurs Haut-Valaisans ont joué un grand rôle dans la bonne marche de ces machines à fric que sont les institutions internationales de foot.

Souvenez-vous de Sepp Blatter, qui a présidé la FIFA de 1998 à 2015. Ce bon vieux Sepp a finalement été suspendu à cause des scandales de corruption au sein de la FIFA. Une enquête est toujours en cours à Berne pour « gestion déloyale », notamment au sujet des paiements un peu bizarres qu’il a fait à son grand ami Michel Platini. Deux millions, quand même.

Sepp Blatter vient de Viège, où l’école primaire porte son nom. Là-bas, c’est un véritable héros. Depuis sa maison, où il vit maintenant à plein temps, il tirait les ficelles du marché mondial du foot.

Dernièrement il affirmait à l’ATS qu’il trouvait le temps long, en attendant le verdict sur son affaire. Quelle tristesse !

Mais ces derniers jours, c’est un autre Haut-Valaisan qui était en haut de l’affiche médiatique. Je ne sais pas si vous avez suivi, Philippe, les Football Leaks ?

C’est cette grande enquête sur la corruption, réalisée par un consortium international de journalistes, dont ceux travaillant au sein de la cellule enquête de Tamedia.

En effet, et cette fois c’est le nouveau président de la Fifa, Gianni Infantino, donc le remplaçant de Sepp Blatter, qui est sur le devant de la scène. Vous savez où il est né, Gianni ? Malgré son prénom italien, il est né à Brigue, bien sûr, dans le Haut-Valais ! A quelques encâblures de Sepp Blatter, qui s’ennuie devant la cheminée, un verre de Fendant à la main.

Loin de tirer les leçons du passé, Gianni Infantino a suivi pas à pas les leçons de son maître. A savoir, continuer à traire cette vache à lait qu’est le sport le plus populaire du monde, en ayant des pratiques plus que limites.

Alors pour calmer ses inquiétudes à l’égard des procédures en cours en Suisse, Gianni Infantino avait la solution toute trouvée : il passait un coup de fil à son grand pote Rinaldo Arnold. Celui-ci lui donnait des infos et en échange, il était invité à voir des supers matches avec sa famille, même jusqu’à Mexico.

Et il fait quoi dans la vie, Rinaldo Arnold ? Eh bien il est président du FC Brigue, club qui ne brille pas par ses résultats dans les classements internationaux. Mais il est surtout procureur… du Haut-Valais ! Payé, avec nos sous, ceux des citoyens. Pour faire régner la justice de manière équilibrée et impartiale dans ce canton alpin. Mais à la place, il essayait de savoir si et combien la Fifa allait payer pour toutes les magouilles qu’elle a faites pendant des années. Il a même arrangé des rendez-vous avec le procureur fédéral, Michael Lauber. Qui n’est pas Haut-Valaisan, lui. Bref.

Si j’étais complotiste, je verrais bien Sepp Blatter, Gianni Infantino et Rinaldo Arnold se passer des valises de billet au café « La Taverne » de Brig, lors d’une de ces longues soirées d’hiver, tandis que leur progéniture tape gaiement le ballon sur la pelouse municipale…

Mais bon, tout le monde me dit que j’exagère… Et puis dans le foot ce qui compte, c’est de participer ! Allez, sans rancune !

Marie Maurisse Sans rancune

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Ce sont bien nos droits populaires que nous devons défendre !

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Ce qui se joue avec l’initiative pour l’autodétermination lancée par l’UDC, c’est la démocratie suisse

Nous sommes appelés à nous prononcer le 25 novembre prochain sur notre démocratie directe, c’est-à-dire sur notre démocratie tout court.

La Suisse est le seul pays au monde ou le peuple peut décider lui-même et si besoin contre l’avis de ses gouvernants quelle doit être la teneur de sa constitution.

C’est la fameuse initiative populaire qui permet à 100’000 citoyens de provoquer une votation générale du peuple et des cantons suisses et de soumettre à ces derniers l’adoption d’un article constitutionnel.

Avec le référendum obligatoire ou facultatif, l’initiative populaire fait partie des institutions fondamentales pour ne pas dire sacrées de notre démocratie directe, celle qui prévoit qu’en Suisse, c’est le peuple qui a le dernier mot, c’est le peuple qui est véritablement souverain.

Bien qu’elle soit bellement intitulée « le droit suisse au lieu des juges étrangers », en référence au pacte fondateur de notre Confédération par lequel les Suisses se sont jurés en 1291 de ne reconnaître la juridiction d’aucun juge étranger dans leurs vallées, cette initiative devrait en réalité être intitulée « Pour notre démocratie directe ».

Mais celle-ci n’est pas remise en cause par les opposants à l’initiative…

Bien sûr qu’elle l’est, et pour une raison très simple : en refusant de faire inscrire dans notre Constitution l’exigence que la Suisse et les cantons respectent le droit international mais que celui-ci doit être compatible avec notre Constitution, notre Conseil fédéral et notre Parlement veulent tout simplement qu’une initiative populaire demeure lettre morte si elle contredit le moindre traité international conclu précisément par eux…

Qu’un traité international signé par le Conseil fédéral et ratifié par le Parlement lie la Suisse, tel n’est pas l’objet du débat.

En revanche, que ce même traité ne puisse pas être renégocié si le peuple et les cantons adoptent un article constitutionnel qui lui serait contraire, voilà le véritable coup d’état de nos représentants !

Ceux-ci devraient s’empresser de respecter la volonté populaire et d’y adapter tout traité qu’ils auraient conclu.

Il faut quand même bien se rendre compte que notre Président Alain Berset nous demande d’accepter qu’un vote du peuple et des cantons puisse n’avoir aucun effet, que nos autorités puissent opposer un traité international à la volonté populaire qui se serait pourtant exprimée démocratiquement !

C’est vrai que l’idée qu’un vote du peuple et des cantons puisse rester lettre morte ne semble pas très démocratique…

Peut-on concevoir plus grand mépris de la volonté populaire ? Votez, votez braves gens, votez tant qu’il vous plaira, mais nous nous concluons les traités et peu importe ce que vous votez : nous vous opposerons le « droit supérieur » !

En 2005, les Français et les Hollandais ont massivement rejeté le projet de Constitution européenne ; deux ans plus tard, Sarkozy, en parfait roitelet républicain, réunissait députés et sénateurs en Congrès à Versailles et faisait passer ainsi le traité de Lisbonne qui n’était qu’une resucée de la Constitution européenne.

En Irlande, ce même traité de Lisbonne avait également été rejeté par référendum. Comme il n’était pas possible de le faire ratifier par le Parlement, on a fait revoter les Irlandais jusqu’à ce qu’ils votent bien et finissent par l’accepter !

Il faut que le 25 novembre, nous montrions à notre personnel politique que nous, Suisses, nous sommes jaloux de notre souveraineté et de notre liberté et que nous n’entendons les abandonner à personne.

Ce sont bien nos droits populaires que nous devons défendre et il faut que nos gouvernants qui se prétendent sages et sachants rougissent de nous avoir demandé d’y renoncer !

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Dépassés, les calendriers masculins ?

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Après 2018 il y a … 2019.
Il donc temps de changer de calendrier sur le mur de votre cuisine.

Pendant longtemps, nous avons eu le choix entre des calendriers de petits chats et des calendriers de couchers de soleil sur la Méditerranée. Et puis, pour les amateurs, des calendriers de belles filles lavant les voitures seins nus.

Mais depuis peu, oh bonheur, nous pouvons également nous offrir, pour pas cher, des calendriers déclinant des photographies d’hommes. Pas n’importe quels hommes évidemment : des rugbymen, des footballeurs, des pompiers (français ou australiens), des agriculteurs (suisses ou français), des écossais en kilt, des postiers même, et surtout des hommes beaux, très beaux, musclés, sexy, bien entendu dans le plus simple appareil.

Les femmes, la société en général, tout le monde applaudit : quel progrès exceptionnel, n’est-ce pas? Quelle voie directe vers l’égalité entre hommes et femmes! Enfin les femmes objets ne sont plus seules à être traitées comme des objets! Les voilà rejointes dans cette fonction d’aguicheuses décoratives par l’autre sexe, dit le sexe fort – chouette.

Et il y en même désormais pour tous les goûts, de ces calendriers masculins : pour les femmes qui veulent reluquer de belles plastiques mâles, pour les hommes qui aiment les hommes, et j’ai même repéré un calendrier «Hommes & Chatons» – si si, de mignons petits chats d’un côté, des hommes craquants de l’autre, deux par deux sur chaque page – sans trop savoir à quel public il se destine…

Mais en fait, il faut le dire : tout ceci est une bonne blague.

Bien essayé, les gars, mais vous pouvez aller vous rhabiller. Les calendriers hommes sont parfaitement inutiles, parfaitement dépassés, parfaitement ridicules.
Ils arrivent beaucoup trop tard dans l’histoire de l’humanité, de la libido générale et de l’égalité hommes-femmes.
Ils tombent à plat.

On s’en fiche, ou on s’en moque.
Qui donc l’affiche au mur, dans sa cuisine, ou sa boutique? Personne. Je n’ai jamais vu aucun garagiste, aucun fleuriste, qui l’accroche dans ses bureaux, contrairement aux calendriers Pirelli, ou Aubade, que l’on affiche dans les meilleures boutiques. Le calendrier hommes, on l’achète au mieux pour la copine boutonneuse, histoire de la faire rougir et de bien lui signifier qu’elle est toujours célibataire – un peu comme ces filles qui se paient des chippendales pour se consoler d’un chagrin d’amour…
Pour bien faire, les hommes qui posent pour ces calendriers le font en annonçant reverser le bénéfice des ventes à une bonne cause, enfants malades ou retraite des pompiers nécessiteux.

Personne n’est dupe: ça cache bien l’absence d’intérêt pour l’objet lui-même, s’il doit se donner soit bonne conscience, soit un autre intérêt que lui-même.
Le calendrier hommes, on l’achète comme un gag. Alors que les calendriers femmes, les hommes les achètent pour vraiment se rincer l’œil. Dans ce domaine, il faut l’admettre, jamais les hommes n’arriveront à la cheville des femmes. Il n’y a pas d’égalité qui vaille. Normal, me direz-vous : la science l’a prouvé, les femmes sont a priori peu visuelles et peu sensibles aux images sexy, contrairement aux hommes.

Dans le fond, c’est flatteur pour les femmes que les hommes tentent de les rejoindre dans un domaine qu’elles ont investi, pour de plus ou moins bonnes raisons, avec succès avant les hommes.

Maintenant, il s’agit d’en sortir.
Pour une fois, je suggère, mesdames, qu’on laisse de bon coeur ce terrain entièrement aux mâles. Puisque ça leur fait plaisir.

Isabelle Falconnier La minute peste

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