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Culture

« Parasite » sacré meilleur film de l’année

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Le film "Parasite" de Bong Joon Ho a été sacré meilleur film (©KEYSTONE/AP/Chris Pizzello)

Le film « Parasite » du réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho est entré dimanche dans la légende des Oscars. Il est devenu le premier long-métrage en langue étrangère à obtenir le prix du « meilleur film », récompense phare d’Hollywood.

« On dirait qu’un moment très important dans l’histoire est en train de se jouer », s’est exclamée sur scène la productrice du film, Kwak Sin-ae, applaudie par le gratin de l’industrie du cinéma.

« Parasite » a déjoué de façon fracassante les pronostics qui voyaient un couronnement pour « 1917 », du Britannique Sam Mendes. Signe de l’engouement des professionnels, le film a aussi reçu l’Oscar du meilleur scénario original, tandis que Bong Joon-ho a été sacré « meilleur réalisateur ».

Mélange de thriller, de comédie familiale déjantée et de satire sur les inégalités sociales, il a également été primé dans la catégorie du « meilleur film international », auparavant baptisée « meilleur film en langue étrangère ».

Déjà primé à Cannes

« Je suis très heureux d’être le premier lauréat sous cette nouvelle appellation. J’applaudis et je soutiens la nouvelle orientation que ce changement de nom symbolise », a déclaré le réalisateur, qui s’exprimait en coréen via une interprète.

En recevant son Golden Globe le mois dernier, Bong Joon-ho avait lancé avec humour aux professionnels réunis pour l’occasion: « Quand vous aurez surmonté la barrière des deux centimètres de sous-titres, vous découvrirez des films étonnants ».

L’Académie des Oscars, vivement critiquée pour le manque de diversité dans ses choix, a manifestement entendu le réalisateur sud-coréen, qui avait déjà reçu la Palme d’or au festival de Cannes l’an dernier.

Pas de grand soir pour « 1917 »

Donné comme le grand favori de cette 92e édition, « 1917 », film sur l’équipée de deux jeunes soldats dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, construit comme un plan séquence long de deux heures, doit se contenter de trois prix: l’Oscar de la meilleure photographie pour Roger Deakins, et deux autres dans des catégories techniques (son et effets spéciaux).

Vive déception également pour le très respecté Martin Scorsese dont le thriller politico-mafieux produit par Netflix, « The Irishman », repart bredouille malgré dix nominations, parmi lesquelles Al Pacino et Joe Pesci, sans oublier le réalisateur lui-même. Martin Scorsese a tout de même reçu un hommage appuyé et émouvant de Bong Joon-ho, rappelant comment il avait « étudié ses films à l’école ».

Maigre moisson enfin pour Quentin Tarantino, qui jouait pourtant à domicile avec « Once Upon a Time… in Hollywood », ode à son enfance à Los Angeles et au cinéma. Le film repart avec seulement deux Oscars au total, dont un à Brad Pitt en tant que second rôle aux côtés de Leonardi DiCaprio.

Phoenix et Zellweger

Si « Parasite » a créé la surprise, l’Académie a privilégié les grands favoris du côté des comédiens. C’est Joaquin Phoenix qui a été désigné meilleur acteur pour son rôle choc de « Joker » sombrant dans la folie et le meurtre, tandis que Renée Zellweger a reçu comme prévu la statuette dorée dans la catégorie meilleure actrice pour son incarnation de Judy Garland dans « Judy ».

Très ému, Joaquin Phoenix, végétarien et militant écologiste de longue date, a une nouvelle fois consacré une partie de son discours à regretter une « vision du monde égocentrique » qui aboutit à la destruction de l’environnement.

Plus prosaïque mais tout aussi larmoyante, Renée Zellweger a quant à elle dédié sa statuette à Judy Garland qui « n’a jamais reçu cet honneur de son vivant ».

L’Américaine Laura Dern a enfin été primée pour son rôle d’avocate impitoyable dans le divorce tumultueux mis en scène par « Marriage Story », le cadeau rêvé à la veille de son 53e anniversaire.

La diversité en question

Le triomphe de « Parasite » fera peut-être oublier les vives critiques adressées à l’Académie des Oscars pour le manque de diversité ethnique et culturelle dans sa sélection, un reproche récurrent.

La cérémonie s’était ainsi ouverte avec un numéro mené par la chanteuse noire Janelle Monae, iconoclaste assumée qui a souligné les absences criantes du millésime 2020: hormis la Britannique Cynthia Erivo (« Harriet »), tous les acteurs et actrices en lice cette année étaient blancs et aucune femme n’a été retenue chez les réalisateurs.

Pour protester à sa manière, la star oscarisée Natalie Portman avait fait broder sur sa cape le nom d’une demi-douzaine de réalisatrices qui ont selon elle été injustement snobées cette année.

Dans la catégorie du meilleur film d’animation, c’est le quatrième et dernier épisode de « Toy Story », favori des pronostics, qui l’a emporté, s’imposant notamment face au candidat français « J’ai perdu mon corps ».

La cérémonie des Oscars a aussi été l’occasion pour le gratin d’Hollywood l’occasion de saluer la mémoire de Kirk Douglas, un des derniers monstres sacrés de l’âge d’or du cinéma, décédé mercredi à l’âge de 103 ans, et la légende du basket Kobe Bryant, décédée fin janvier avec sa fille et sept autres personnes dans un accident d’hélicoptère près de Los Angeles.

Source: ATS

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Actualité

Des associations se fédèrent pour défendre les artistes genevois

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Plusieurs associations qui représentent des pratiques artistiques différentes se sont rassemblées au sein de la nouvelle Fédération du réseau artistique et culturel de Genève. Leur but: mutualiser leurs forces pour mieux défendre les artistes genevois.

Le milieu artistique genevois s’active pour mieux défendre ses intérêts. Ce jeudi a été présentée la nouvelle Fédération du Réseau Artistique et Culturel (FRACG) à Genève. Présentée ce matin à la presse, elle a été initiée par l’association Action Intermitence et résulte de 3 ans de travail. Les détails de Fabienne Abramovich, coordinatrice de la FRACG.

Fabienne Abramovich coordinatrice de la FRACG

 

Améliorer les retraites

Les enjeux pour la nouvelle fédération sont considérables. Il s’agit non seulement d’exiger un financement adéquat pour la culture mais aussi de défendre les conditions de travail des artistes qui se détériorent. La FRACG veut faire entendre sa voix pour exiger des retraites décentes.

Elle veut aussi être un interlocuteur pour le message culturel du canton toujours en préparation ainsi que pour la répartition des tâches entre communes et canton. Les explications de Fabienne Abramovich.

Fabienne Abramovich coordinatrice de la FRACG

La FRACG ne fera pas doublon avec le Conseil consultatif de la culture (CCC), dont quatre de ses 14 membres représentent les milieux culturels. En effet, les membres du CCC sont liés à l’Etat par une réglementation qui empêche un libre échange avec les acteurs culturels. La FRACG pourrait toutefois être un interlocuteur auprès des représentants du CCC, mais cela reste encore à déterminer.

Cinq associations membres de la FRACG

La FRACG réunit actuellement cinq entités: Action Intermittence, la Fédération genevoise des musiques de création (FGMC) l’Association Romande de la production audiovisuelle (AROPA), le Groupe d’action pour la rémunération des artistes (GARAGE) et les Rencontres professionnelles de danses (RP). D’autres groupements, comme La Culture Lutte et Ressources Urbaines et plusieurs compagnies de théâtre, ont manifesté leur intérêt pour rejoindre la Fédération.

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Arts

Zurich: le live de Van Gogh

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Le show multimedia international « Van Gogh Alive » fait halte à Zurich jusqu’au 9 avril. Ses projections géantes d’oeuvres du peintre néerlandais dans la halle Maag sont accompagnées de musique et de faisceaux lumineux.

L’événement culturel consacré à Vincent van Gogh (1853-1890) est divisé en trois espaces. Les informations liées à la personnalité, à la vie et à l’oeuvre de l’artiste sont présentées dans le secteur de l’entrée. Une salle de dessin permet ensuite de s’initier à l’esquisse en suivant des instructions sur vidéo. Le clou du spectacle attend ensuite les visiteurs dans la halle d’exposition.

A travers la galerie immersive de la société organisatrice australienne Grande Exhibitions, plus de 3000 images sont projetées sur les murs, les piliers et le sol de la halle. Tableaux, gros plans sur des oeuvres et citations du peintre s’enchaînent au rythme de vibrantes symphonies musicales et de faisceaux lumineux.

« Van Gogh Alive » n’est pas une exposition d’art au sens classique du terme. Grande Exhibitions assume le fait que son show n’est pas mis sur pied par des historiens de l’art ou des collaborateurs de la Fondation Vincent Van Gogh. Les émotions fortes qu’il entend dégager visent à rendre l’art accessible à toutes les couches sociales.

Avant Zurich, « Van Gogh Alive » a déjà été présenté dans plus de 140 villes sur tous les continents. En Suisse, les visiteurs ont déjà pu s’y rendre à Lugano, de la mi-novembre à la mi-janvier.

vangogh-alive.ch

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Arts

Un musée bâlois passe à table

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Le musée Tinguely à Bâle présente une exposition collective consacrée au sens gustatif dans l’art. « Amuse-bouche. Le goût de l’art » rassemble des oeuvres d’une quarantaine d’artistes internationaux, du baroque jusqu’à l’époque contemporaine.

L’exposition, visible depuis mardi jusqu’au 17 mai, rompt avec la pratique muséale habituelle qui sollicite avant tout la vue du public. Elle propose une série de rencontres en histoire de l’art et en phénoménologie au tour du sens du goût, a indiqué mardi le musée Tinguely.

Toute une série de visites interactives sont au programme. Les visiteurs peuvent se joindre à des expériences participatives où il est possible de goûter à certains travaux. C’est la troisième exposition du cycle consacré aux cinq sens à travers les arts après « Belle haleine » en 2015 et « Prière de toucher » en 2016.

Sucré, salé, acide, amer et umami

« Amuse-bouche » emmène le visiteur sur un parcours balisé par les saveurs courantes que nous percevons grâce à nos récepteurs gustatifs: sucré, salé, acide, amer et umami. Cette dernière saveur, découverte en 1908 par le Japonais Kikunae Ikeda, peut se définir en français comme « savoureux épicé » et « goûteux ».

Dans l’exposition, on peut voir des représentations allégoriques du sens du goût remontant à l’époque baroque, des oeuvres d’artistes appartenant à l’avant-garde du début du XXe siècle ainsi que des pièces des années 1960 et 1970. Mais « Amuse-bouche » met avant tout l’accent sur des images, des photographies, des sculptures, des vidéos et des installations des trente dernières années.

Parmi les artistes exposés figurent notamment Joseph Beuys, Marcel Duchamp, Meret Oppenheim, Fischli/Weiss, Daniel Spoerri, Andy Warhol, Damien Hirst, Dieter Roth, Cindy Sherman ou encore le Jurassien Rémy Zaugg.

Beurre et saucisses

Des événements sont aussi prévus, comme « les dimanches en famille » qui propose le 22 mars une journée « faire son beurre » en lui donnant une couleur et un goût particuliers. Le 19 avril, le chef étoilé de l’Entlebuch Stefan Wiesner organise dans le parc du musée « une journée saucisse » appelée « Saucisse-sorcier-Klamauk-feu », une performance avec un programme gastronomique en hommage à Jean Tinguely.

Le 21 mars, le musée organise une nouvelle édition de la « Fête du printemps » présentée pour la première fois en 1969 par Meret Oppenheim. Le chocolatier Fabian Rimann, l’analyste sensoriel Patrick Zbinden et l’actrice Sibylle Mumenthaler guideront les visiteurs dans l’univers « gustatif fondant » de Meret Oppenheim.

« Goûter des oeuvres »

Certains jours, il est possible de « goûter des oeuvres », comme les plantes comestibles du projet « Hortus Deliciarum », une installation performative de l’artiste portugaise Marisa Benjamim, ou les essences végétales du projet « Tastescape » de la Suissesse Claudia Vogel.

Parmi les dégustations d’oeuvres figurent aussi les pains d’épice de « Goosebump », une oeuvre monumentale de l’artiste australienne Elizabeth Willing. Les visiteurs sont aussi appelés à boire du jus de choucroute de l’installation « Brine and Punishment » du collectif d’artistes « Slavs and Tatars » dans le cadre d’une étude sur la langue et l’interprétation du mot « fermentation » et de l’expression « tourner au vinaigre ».

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Actualité

Le père de l’Acid House est décédé

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Son nom est peu connu du grand public, Andrew Weatherall, producteur et DJ britannique, est décédé lundi à l’âge de 56 ans d’une embolie pulmonaire. Il était un précurseur de la musique électro acid house anglaise, une tendance musicale symbolique des années 80-90.

Le synthétiseur-séquenceur Roland TB-303, instrument de base de l’Acid House

« Nous sommes navrés de vous annoncer qu’Andrew Weatherall, le célèbre DJ et musicien, est décédé tôt ce matin à l’hôpital londonien de Whipps Cross », a indiqué son agent dans un communiqué. Alors qu’il était hospitalisé pour une embolie pulmonaire, « un caillot de sang a atteint son coeur », a-t-il précisé, soulignant que « sa mort a été rapide et paisible ».

Andrew Weatherall était l’une des principales figures du mouvement électro acid house à la fin des années 1980. Célèbre pour ses remix des morceaux « World in motion » de New Order, « Soon » de My Bloody Valentine ou encore « Hallelujah » de Happy Mondays, il avait aussi fondé son propre groupe de techno expérimentale, Sabres of Paradise.

Mais celui qui a contribué à documenter la culture rave via le fanzine Boys Own était surtout connu pour avoir produit l’album « Screamadelica », de Primal Scream. Andrew Weatherall avait créé en 2013 le festival Convenanza, mêlant rock et électro, qui se déroule chaque année à Carcassonne, en France et dont la huitième édition, prévue pour septembre, affiche déjà complet.

 

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Musique

Atteint d’une pneumonie, Elton John interrompt un concert

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Le chanteur lors de l'interruption de son concert [Twitter @eltonofficial]

Elton John a interrompu brusquement un concert en Nouvelle-Zélande et s’est excusé au bord des larmes auprès de ses fans. La superstar britannique de 72 ans a expliqué qu’il souffrait d’une pneumonie, en plein milieu d’une tournée mondiale.

L’artiste peinait à chanter dimanche soir assis devant son piano lors de ce concert au stade Mount Smart d’Auckland. Après avoir été examiné par un médecin à l’aide d’un stéthoscope, il a chanté encore deux chansons avant de s’arrêter en plein milieu du concert: « Je ne peux pas chanter, je viens de perdre ma voix », a-t-il dit au public d’une voix rauque.

« Il faut que j’y aille, je suis vraiment désolé », a-t-il lâché, ému. Des séquences vidéo montrent Elton John vêtu d’un costume bleu poudre et portant ses lunettes surdimensionnées, debout au piano et haussant les épaules devant la foule, dans un geste d’impuissance.

Elton John s’excusant auprès des fans présents:

Il a ensuite quitté la scène la tête baissée, aidé par les membres de son équipe, alors que la foule l’acclamait. « On m’a diagnostiqué une pneumonie atypique plus tôt dans la journée, mais j’étais déterminé à vous donner le meilleur spectacle possible », a-t-il ensuite écrit sur son compte Twitter.

« Très généreux »

Cette pneumonie provoquerait de légères infections du système respiratoire. La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a dit qu’elle avait rencontré le chanteur avant son concert dimanche et qu' »on pouvait voir qu’il ne se sentait pas bien ».

« Etant donné qu’il a ce qu’on appelle une pneumonie atypique, le fait qu’il ait passé environ deux heures sur scène pour produire une telle performance était incroyable et très généreux », a déclaré J.Ardern à des journalistes, louant l’engagement du chanteur vis-à-vis de son public

Centaines de concerts

Elton John est en Nouvelle-Zélande dans le cadre de sa tournée mondiale « Farewell Yellow Brick Road », qui a débuté en 2018 et doit se terminer à la fin de cette année à Londres. Avec des centaines de concerts à travers le monde, cette tournée est considérée comme la dernière chance de voir le chanteur avant qu’il ne prenne sa retraite.

Elton John doit se produire à Auckland mardi et jeudi avant de se rendre en Australie pour sept autres concerts. Le promoteur des étapes australienne et néo-zélandaise de la tournée, Chugg Entertainment, a déclaré que la star se reposait et que les événements allaient se poursuivre comme prévu.

« Les médecins sont confiants qu’il va se rétablir », a déclaré une porte-parole.

ats/sey

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