Rejoignez-nous

Blog

Interview : Capharnaüm, film primé à Cannes, sort en salles

Publié

,

le

Ce mercredi sort dans les salles romandes le film Capharnaüm, troisième long-métrage de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki. Primé à Cannes, le film traite de nombreux sujets de société, qui touchent notamment le Liban, mais pas seulement. Rencontre.

Maltraitance des enfants, mariages forcés, crise des réfugiés, Capharnaüm est un film à fort vecteur politique. Vainqueur du Prix du Jury à Cannes en mai dernier, le long-métrage se concentre sur la vie de Zain, douze ans au plus, qui décide un jour d’attaquer ses parents devant la justice pour l’avoir mis au monde.

De ce synopsis découle un véritable récit de vie, entre la pauvreté de ces familles et les différentes crises qui touchent le pays. Pour renforcer l’aspect crédible de son oeuvre, Nadine Labaki a tenu à engager des « non acteurs » pour son métrage. Les acteurs sont, au même titre que les personnages, des réfugiés et des sans-papier.

Retrouvez ici notre interview complet avec Nadine Labaki pour son film Capharnaüm :

Nadine Labaki

Le film sera projeté en salles dès le 17 octobre

Actualité

« Une Intime Conviction », quand la justice devient thriller

Publié

le

Cette semaine sort en salles un thriller judiciaire français. Largement adapté de l’affaire Viguier, il se penche sur la justice et la nécessité du doute. Le réalisateur du long-métrage est l’invité de Benjamin Smadja et Robin Jaunin.

Début 2000, une femme disparaît. C’est alors que des soupçons grandissent à l’encontre de son mari, Jacques Viguier. Le premier procès, en avril 2009, abouti à l’acquittement de ce dernier. S’ensuit alors un second procès, en appel, en mars 2010, où la décision est confirmée. C’est ce second procès qui est illustré dans le très bon thriller judiciaire « Une Intime Conviction », dans les salles romandes depuis le 13 février.

Nora (Marina Foïs) est le seul personnage fictif du long-métrage, et est persuadée de l’innocence de Jacques Viguier. Elle tente de convaincre le célèbre Maître Eric Dupond Moretti (Olivier Gourmet) de reprendre le dossier. Mais sa quête de vérité risque de virer à l’obsession.

Le réalisateur du long-métrage, Antoine Raimbault, est l’invité de Benjamin Smadja et de Robin Jaunin. Entretien complet à retrouver ici :

Antoine Raimbault

Découvrez la bande annonce du film :

Continuer la lecture

Blog

Un mensonge couronné de succès

Publié

le

Hier soir, au delà de la question pour ou contre Pierre Maudet, il s’est passé quelque chose. Quelque chose de grave: le mensonge l’a emporté. On ne reviendra pas ici sur la présomption d’innocence. A laquelle le conseiller d’État a droit. Comme tout citoyen. La justice fera son travail.

Mais la question posée au PLR était la suivante: Accordez-vous votre confiance à Pierre Maudet? Sur quoi repose la confiance, si ce n’est sur le fait d’être convaincu que l’autre ne ment pas?

Or, s’il y a une chose avérée dans tout cette affaire, c’est que Pierre Maudet a menti. Et, il n’a pas simplement “caché une partie de la vérité” comme il l’a reconnu du bout des lèvres, mais bel et bien menti. A la presse, à la justice, à son parti et last but not least à la population. Et pas un petit mensonge. Non, non. Un mensonge bâti sur la durée et avec l’aide de complices.

Le pardon est bien entendu possible. On peut entendre l’argumentaire de Pierre Maudet lui même consistant à dire, en substance: “J’ai commis une erreur. Je l’ai compris et je ne recommencerai plus.”

En revanche, ce qui n’est pas entendable, ce qui n’est pas admissible, c’est cet argument sorti tout droit de la bouche de politiciens: “Tout le monde ment”. Pire encore est l’affirmation que pas un conseiller d’État ne ferait exception à cette règle.

Une phrase qui a fait bondir à juste titre l’ancienne conseillère d’État Martine Brunschwig Graf. “Je ne peux pas laisser dire ça”, a-t-elle lancé hier soir. Et c’est vrai, on ne peut pas. Surtout à l’heure où la confiance de la population envers les politiciens est déjà mise à mal.

Personne n’est dupe: le mensonge existe. Dans la vie comme en politique. Mais de là à le cautionner! A le saluer! A l’ériger en règle! Qui plus est, une promesse électorale non tenue ou un fait non divulgué pour une question de respect de la vie privée ou de sûreté de l’Etat n’a rien à voir avec un mensonge construit sur plusieurs années dans une volonté délibérée de dissimuler des agissements, si ce n’est pénalement répréhensibles, tout du moins problématiques. Quel message donne-t-on à la jeune génération? Aux futurs politiciens?

Vous, je ne sais pas, mais moi, j’apprends à mon fils à ne pas mentir. Hier, cette règle d’éducation, sans doute l’une des plus universelles, a pris du plomb dans l’aile.

@marie_prieur

Continuer la lecture

Blog

« Nique la presse »

Publié

le

« Nique la presse! » Trois mots qui résonnent comme un signal d’alarme. Ce slogan, c’est celui des gilets jaunes rassemblés devant le siège de l’Agence France Presse à Paris samedi dernier. Des insultes, des sifflets et même des coups… On ne compte plus les attaques à l’encontre des médias. De tout temps, le messager en a pris pour son grade. Rien de neuf.

Mais, les critiques profitent désormais des nouveaux canaux de diffusion pour se propager. Et ce sentiment de liberté, voire d’impunité, alimente une virulence sans borne. Il y a peu, Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise, appelait à “pourrir” France info et Médiapart. Et, on ne parle même pas de la relation houleuse qu’entretient Donald Trump avec les journalistes.

On est loin d’atteindre de tels excès ici. Toutefois, Genève n’est pas épargnée par cette vindicte anti-médias. Sur les réseaux sociaux essentiellement, les critiques vont bon train. Les partisans de Pierre Maudet, mécontents de voir les mensonges (si si, il a menti. Même lui l’a admis) de leur champion faire les gros titres, hurlent à la cabale médiatique. Et la presse toute entière ou presque est mise au pilori.

En 2018, sont venues s’ajouter d’autres menaces. Après l’Hebdo, le Matin a disparu. Sacrifié sur l’autel de la rentabilité. Les piquets de grève n’y ont rien fait. L’ombre de No Billag a assombri le ciel du service public. Et l’ATS a aussi dû lutter pour sa survie. Dans un tel climat, exercer son métier avec la passion et l’investissement nécessaire devient une gageure.

Loin de moi l’idée de prétendre que les journalistes font toujours tout juste. Encore moins que leur objectivité est irréprochable. Pour la bonne et simple raison que les journalistes sont humains et donc par définition subjectifs.

Mais, ils répondent à des règles, à une charte de déontologie, à une aspiration même. Celle de tendre le micro aux faibles comme aux puissants, d’apporter aux auditeurs et aux lecteurs les clés de compréhension du monde, d’aider le citoyen à se forger une opinion et non uniquement de flatter le consommateur.

Je suis journaliste et me nourris de cette intime conviction que ce métier est indispensable, crucial pour la démocratie. Une conviction qui ne cesse de grandir à chaque attaque à l’encontre des médias. Un sentiment probablement partagé par nombre de confrères et consœurs.

@marie_prieur

Continuer la lecture

Blog

Maudet – Barazzone, même topo?

Publié

le

Sur les cendres encores chaudes du PDC Guillaume Barazzone, les commentaires des pro-Maudet vont bon train. Rien à voir entre ces deux affaires, clament-ils. Logique! Car, celui qui compare ne peut s’empêcher de considérer que le conseiller d’Etat PLR doit démissionner.

Et bien, je suis d’accord avec eux: il n’y a rien à voir ou presque entre ces deux affaires. Mais au jeu des comparaisons, le gagnant n’est pas celui qu’on croit… Voilà pourquoi:
Concernant les voyages à Abu Dhabi, la justice tranchera. Relevons simplement que Pierre Maudet est prévenu d’acceptation d’un avantage. Tandis que Guillaume Barazzone est, à ce stade, appelé à donner de plus amples renseignements au ministère public. Par ailleurs, l’affaire Maudet s’avère tentaculaire. A Abu Dhabi s’ajoutent l’histoire des avantages accordés au bar de l’Escobar, les interrogations sur le financement du sondage à plus de 30 000 francs portant sur la côte de popularité du magistrat PLR, les liens obscurs avec le groupe Manotel et désormais le volet fiscal. De son côté, Guillaume Barazzone a fait exploser son forfait de téléphone et payé de l’alcool fort à des heures indues avec sa carte bancaire professionnelle.

Quid du remboursement des cadeaux ou frais indûment perçus? Côté Maudet, le coût du voyage à Abu Dhabi du conseiller d’Etat accompagné de sa famille et de son chef de cabinet se chiffre à plusieurs dizaines de milliers de francs. En contrepartie de ce cadeau, Pierre Maudet a fait un don de 4000 francs aux Églises. De quoi s’acheter une bonne conscience tout au plus. Suite aux révélations de l’audit concernant ses frais professionnels excessifs en 2017, le PDC Guillaume Barazzone a repris sa calculatrice. Et a remboursé près de 52 000 francs. Jugeant notamment que les frais effectués entre 1h et 6h du matin étaient probablement plus privés que professionnels.

Qu’en est-il du mea culpa? D’un côté, le conseiller d’Etat, interrogé par la presse au printemps 2016, ment sur son voyage. Un mensonge qui va perdurer durant deux longues années. Et que Pierre Maudet n’a fini par admettre que du bout des lèvres début septembre 2018. Au “J’ai caché une partie de la vérité” de Pierre Maudet répond le “Dans ce dossier, je n’ai pas fait tout juste. J’ai commis des imprudences, des erreurs involontaires” de Guillaume Barazzone. Une déclaration prononcée une heure après les révélations de l’audit de la cour des comptes.
Les explications du magistrat PDC qui confond ses cartes de crédit et oublie d’acheter des packs de données sont certes maladroites. Mais valent-elles un mensonge construit et répété sur deux années? J’en doute.

Last but not least. Quand l’un s’accroche à son mandat au risque de fragiliser les institutions, l’image de Genève et au mépris de l’effet dévastateur sur son parti, l’autre prend ses responsabilités et fait son paquetage.
Que les choses soient claires: Guillaume Barazzone a fauté. Sans doute plus par légèreté et imprudence que par avarice ou calcul. Mais, pour l’heure, c’est surtout lui qui paie au prix fort la comparaison entre les deux affaires.

@marie_prieur

Continuer la lecture

Blog

Pierre Maudet est tranquille, le PLR dort.

Publié

le

Le PLR genevois dort. Il dort tellement paisiblement que les ronflements se font entendre jusqu’au dernier étage de la cathédrale Saint-Pierre. Mais pourquoi un tel sommeil a frappé ceux, qui d’habitude, n’ont pas peur de sortir du bois ? Quand diable le PLR prendra ses responsabilités et demandera au Conseiller d’Etat Pierre Maudet de démissionner ? La République et Canton de Genève n’est-elle pas malade après le mensonge tentaculaire de celui que l’on surnommait l’as de la politique? Tant de questions que le PLR ne considère pas, du moins, pas publiquement.

L’heure est grave. Mercredi, le Ministère public n’a pas chômé et Radio Lac, la Tribune de Genève et Le Temps non plus. Pierre Maudet a dû écourter sa participation à la séance hebdomadaire du gouvernement pour à nouveau être entendu par la justice toujours sur le même sujet et ses dérivés. A savoir : son voyage controversé à Abu Dhabi il y a trois ans. Cette petite escapade, privée, puis finalement publique, fait un total de cinq prévenus devant le parquet. Nos consœurs de la presse écrite ont également dévoilé que dorénavant, les amis libanais, l’ex-chef de cabinet et un haut fonctionnaire sont désormais  prévenus.

Vous avez l’impression d’être dans une série américaine ? Non, nous sommes, malheureusement, dans la réalité genevoise. Mais cette réalité pourrait trouver une solution efficace. Elle demande juste un peu, mais vraiment un peu, de courage aux membres du parti libéral-radical. Si je ne m’abuse, l’égalité des chances est une valeur que le PLR défend, mais ici tous les ingrédients démontrent le contraire. Pierre Maudet a bénéficié, au nom de son talent oratoire, de fonds secrets pour se placer comme président du gouvernement. Pas très fair-play tout ça. Surtout que dans ce parti, des talents, il y en a, mais ils ne bénéficient pas des mêmes moyens. Bonne ambiance.

Cher PLR, votre silence sur l’affaire Maudet est assourdissant. Votre silence vous dessert. Votre silence fait que la Suisse entière se moque de nous. Votre silence cautionne le fait que l’un de vos conseillers d’Etat se permette d’aller en douce serrer des mains à un Grand-Prix de Formule 1 tout frais payé sans en informer le Département des affaires étrangères. En gros, pour le PLR, la fin justifie les moyens.

@GhufranBron

Continuer la lecture